Pourquoi je cours....

AVANT PROPOS :

 

Cette chronique, sans prétention, n’a qu’un seul but, servir de coffre-fort à ma mémoire, au cas où je devrais un jour être atteint de la maladie d’Alzheimer.

 

Je la dédie plus particulièrement à edhistoire (chronique d’un tout petit rêve) et Chrysalide (courirlemonde.org), dont la lecture de leurs chroniques respectives m’a hérissé les poils d ‘émotions et a éveillé en moi ce profond désir, enfoui au plus profond de mon être, de retranscrire ma liaison amoureuse avec cette passion que nous partageons tous sur ce site : la course à pied.

Pour un ancien « littéraire » que je fus, échoué par erreur en filière A dans le secondaire, la lecture de leurs récits respectifs m’a démontré que s’il n’y avait que 26 lettres dans l’alphabet tout dépendait de l’usage que l’on savait en faire, et que si même un immense fossé culturel nous séparait eux et moi, nous étions en fait plus proche que nous le pensions.

S’il devait y avoir un Goncourt de la littérature sportive je le décernerai sans hésiter ex aequo à ces deux là, tant le fond et la forme sont d’une beauté remarquable.

 

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J’ai 43 ans ………. Ce n’est pas forcement un constat d’échec, mais j’ai 43 ans, mes muscles ont 43 ans, mes tendons surtout ont 43 ans (surtout au niveau de l’insertion du tendon d’Achille).

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j’ai toujours couru ……………

Tout petit, dans l’appartement Cadurcien de 30 m², je devais courir dans le couloir de 10 mètres de long qui devait me paraître faire au moins 100 mètres, mais de cette époque là je n’ai hélas guère de souvenirs, ce ne sont que des suppositions …..

 

Mes premiers souvenirs pédestres remontent plutôt à 1973, à l’age de huit ans, où ma mère nous débarqua mon frère et moi dans la cité d’HLM de Terre Rouge, à cette époque où les cités étaient encore illuminées par des lampadaires plus que par des feux de voitures ………..

Ah !!!! Terre Rouge ………. C’était ma Provence à moi, j’étais comme le petit Marcel, a courir dans les vallons et les collines, a chasser d’invisibles indiens, ou d’hypothétiques méchants ………. C’était le début de « la une est à vous «  le samedi après midi et nos héros de l’époque étaient Joss Randall, James West et Gary Cooper ………….

Quand je revois les quelques photos de cette époque, je n’étais pas bien gras, je devais peser moins de 30 kg tout au plus, (31 kg à 12 ans), mes jambes ressemblaient plus à des baguettes qu’a des membres propulseurs, mais qu’est ce que je galopais …………… déjà ………

Ainsi passèrent les années de 1972 à 1976, du CE1 au CM2, les mercredis et les vacances scolaires au centre aéré de Auzolle à St Pierre Lafeuille, ma colline à moi mais 100 fois plus grande, combien de fois j’ai failli louper le bus du retour car j’avais toujours le chic de m’échapper du groupe « nature et cabanes », pour partir à l’exploration de ces nouvelles contrées sauvages, immenses et encore vierges de mes petites foulées intrépides.

A cette époque j’ignorais tout de l’Athlétisme, je pense d’ailleurs que je ne connaissait même pas l’existence de ce mot qui m’aurait valu au moins une double faute en orthographe ; la gymnastique scolaire jusqu’au CM2 consistait à jouer au ballon prisonnier dans une petite cour de récré où à deux mètres de là d’autres classes continuaient à compter en base deux, trois ou quatre selon l’humeur et la tendance du moment.

Un camarade qui s’appelait Eric Chabot, avait bien tenté de m’initier à ce sport dans lequel je suis sûr qu’il est devenu excellent, le football, mais devant mon incapacité à aligner trois dribbles de suite (sans faire tomber le ballon évidement), le pauvre garçon avait du renoncer assez rapidement, même si je me souviens qu’une fois il m’avait remis un diplôme de sa confection en guise d’encouragement pour avoir peut être réussi deux dribbles consécutifs ou une passe dans les pieds . Avec le recul je me dis que j’aurai peut être pu jouer au P.S.G …………

La natation était ma bête noire, car partant du principe où tout corps de 120cm plongé dans 140cm d’eau était appelé à se noyer inexorablement, les tentatives scolaires pour m’apprendre à crawler, brasser, papillonner ou dorser, voire même sauter et encore mieux plonger furent voués à l’échec. Plusieurs fois avant le départ du bus pour la piscine il fallait me faire sortir des toilettes dans lesquelles je m’étais enfermé non pas par nécessité fécales mais plutôt par sécurité.

Le vélo, instrument d’envie et de convoitise, n’était pas encore à la portée de bourse de ma maman qui se saignait les veines pour nous élever dignement mon frère et moi, je dus me contenter d’apprendre sur le mini-vélo des filles de la cité vers l’age de 11ans,

Ce fut pour moi une révélation, un nouvel espace de liberté, il m’arrivait même certains dimanche « d’emprunter » un vélo dans une cave (car à cette époque on avait pas forcement besoin de fermer les caves à clés même dans une cité d’HLM) et de m’échapper par la grand’ route vers le Chef lieu du Lot, la capitale : Cahors, où une fois d’ailleurs ma route croisa fortuitement celle de mes parents, mais là je crois qu’on s éloigne du sujet ……..

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Commentaires (2)

Mohea HUSSON
  • 1. Mohea HUSSON | 08/12/2020
J'aime te lire et imaginer le petit garçon que tu fus
mongr20
  • mongr20 | 08/12/2020
merci Mohea ...

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