Les années Lycée

 

Episode 5

 

Les années lycée (1980-1983)

 

 

 

De ces années là, j’ai moins de souvenirs sportifs, à l’age où « s’amuser tout seul ne suffit pas » comme disait Brassens, je connus moi aussi « la prime amourette », les crises d’adolescence, les poussées acnéiques et tout ce qui s’en suit ….

C’est à cet époque que la plupart renonce à l’athlétisme et découvrent les plaisirs artificiels de la vie : le tabac, l’alcool, les sorties en boite de nuit (pour ma part, si certaines ont fait fortune ce n’est pas grâce à moi) et les premières filles ou du moins les premiers émois (et vous ?). Les pelotons de coureurs s’étriquent et ressemblent à une armée vers la fin du combat …..

De mon côté, orphelin de club, je rejoignais Ludwig et Ben Moussa au sein de l’U.S.Montauban Athlétisme, sans pour autant comme au patinage artistique, chambouler la hiérarchie. Je vivotais sur mes acquis, m’entraînais plus ou moins seul, car habitant toujours Caussade je ne pouvais assister aux entraînements nocturnes et collectifs du Club.

Je me servait de la moindre séance de sport, du moindre cross scolaire et FFA pour entretenir mon capital santé, mais de ces années là, toujours aucune trace.

 

Après une seconde plutôt calme et laborieuse, tout comme à la hauteur, la barre trembla mais ne tomba pas et je me qualifiais (non sans mal) pour le second tour de mes études, continuais à briller aux départementaux, un peu moins aux régionaux et encore moins aux inter-régionaux, car si les rangs s’éclaircissaient, la qualité, elle, était de plus en plus au rendez vous ….. les mulets étant partis, il restait encore les pur-sang qu’étaient pas tous arabes.

 

La première fut pour moi l’imbécile apprentissage de la cigarette et le début de ma crise d’adolescence. J’étais devenu avec le dénommé Doudoux, le rédacteur en chef, d’un journal lycéen nommé Mitochondrie, vendu sous le manteau, qui se voulait l’  « organe d’échange de la respiration cellulaire » dans cet établissement (plus ou moins carcéral) qu’était le lycée Michelet, qui pendant la seconde guerre mondiale avait, paraît il, servi de Q.G à la milice de Tarn et Garonne (y a des signes qui ne trompent pas, certains y étaient encore).

Bref, ainsi se passa la fin de ma première, la barre trembla encore mais ne tomba toujours pas, les études dès lors m’ étaient devenues vraiment secondaires, il me tardait déjà l’année prochaine pour sortir le N°3 de notre petit bébé.

 

La terminale fut un bis- répétita de la fin de ma première, je feintais de plus en plus les cours, je fumais de plus en plus, le Q.G du journal se trouvait au Boul’Mich, le café du coin du bahut, où je passais les heures d’étude des autres et les miennes qui étaient plus nombreuses, à faire des éditos, des articles, des mises en page car à l’époque tout se faisait à la main. Nous tirions à 1000 exemplaires, avions des dessinateurs dignes de Fluide-Glacial, l’humour caustique d’un Hara-Kiri,

Je n’ai pas eu le bac, Doudoux et d’autres ont redoublés, moi j’ai jeté l’éponge, j’avais déjà fait mes trois jours quelques semaines avant le bac, le 29 mai 1983, le jour de mon anniversaire, je partais à l’armée le 1er août , faire les un an que je devais à la nation mais comme disait Piaf : « non, rien de rien, non, je ne regrette rien »

 

La course à pied dans tout çà. J’assistais aux cours d’EPS, je ne sais plus si je m’entraînais, je continuais à faire les cross et la piste en UNSS et FFA, je brillais encore aux départementaux, un peu moins aux régionaux et encore moins aux inter-régionaux où nous nous qualifions par équipe. Je participais aux championnat de France Cross mais en UFOLEP (beaucoup moins relevé).

 

Je fis mon premier Marathon, en Avril 1983 à Montauban, je n’avais pas encore 18 ans et j’avais falsifié ma date de naissance. Car le marathon dans ces années là était encore magique, il s’y dégageait un engouement inexplicable, on y croisait des footeux, des rugbymen, la masse populaire et celui de Montauban connu ses heures de gloire …. Il fallait faire le Marathon.

Sans préparation spécifique que mes cross de Junior et mes 2000m ou 3000m piste, je ne sais plus, mais avec mes baskets à 2 balles de l’époque, des jolies Palladium, mon short en espèce de coton rêche, je me suis frisé les moustaches sur 10km, commencé à souffrir au semi, avoir des crampes bien avant le 30e et fini en marchant en plus de 4 heures avec en prime une super engueulade à l’arrivée par mes dirigeants de club et organisateurs.

Ce fut mes débuts aussi en course sur route et mes premières coupes dans ma catégorie sur les petites distances. Mes parents m’emmenaient le dimanche après midi dans le Lot, on allait voir Mamie à Grezels,

J’ai participé à des petites courses de village où je gagnais toujours, j’appliquais encore le principe de mes débuts : rattraper celui de devant, sans se faire doubler par celui de derrière. Je courais par plaisir, certes, mais seul me plaisait la compétition, je n’avait pas de chrono, je ne notais rien, alors je courais contre les autres :

Partir vite, finir vite même si c’était gagné depuis longtemps. Je n’avais encore aucune notion d’Endurance, seuil et VMA, tel le bourrin de base : je traçais.

 

3 faits importants marquèrent également cette époque :

1979 : le groupe CLASH sortait le double « London Calling »

1981 : le même groupe CLASH sortait le triple album « Sandinista »

1982 : toujours le même CLASH sortait « Combat Rock », j’étais un inconditionnel, dans la foulée j’achetais les deux premiers, ce fut ma période « punk », je passais le samedi soir à prendre des cuites, que je vomissais le lendemain sur les terrains de cross. C’était pas très esthétique, mais c’était très Rock’n’roll.

 

Le service Militaire ( Août 1983 – Décembre 1984)

 

Incorporé au 17e R.I de Vincennes, je me suis retrouvé à la 2e C.C (compagnie de Combat),

J’ai fait dans le bois de Vincennes, des marche-commando en treillis-rangers-famas, moi qui croyait qu’on n’y pouvait faire que des joggings.

Nous avons fait des pompes, autour d’une voiture embuée et avec de bonnes suspensions, où un couple peut être illégitime, mais certes aussi très romantique, s’adonnait à la brouette katangaise et autres subtilités Kamasutrales et qui cessa in peto toute activité en nous entendant plus qu’ils ne nous vîmes ….. il y a des jours je pense où 20 minutes ça doit vous paraître bien long.

J’ai appris aussi à aller chercher des permissions en grimpant à la corde alors qu’il y avait plus simple .

J’ai vu notre enfoiré de sergent-chef noir et noir aussi, plus raciste contre les arabes que n’importe quel Le peniste de base, sauter dos à la fenêtre sur le rebord de celle çi, du troisième étage de notre dortoir, alors qu’on nous tondait comme des juifs avant de partir en camps et on était nombreux, j’en suis sûr , à prier pour qu’il s’écrase comme une m………….

Je fumais comme un pompier, un paquet par jour de Gauloises troupe que l’armée nous donnait et nous vendait pour un prix dérisoire, pour faire de nous des hommes et malgré cela :

j’ai participé à des tests Cooper dont je n’ai hélas aucun résultat, j’aurais paraît il avoisiné le record du régiment, 3 cross régimentaires où je finis 2 fois 3eme (j’avais boycotté le 3eme, en le faisant en footing, pour divergence avec mon lieutenant sur le système éducatif en milieu militaire) et 1er appelé (derrière des engagés du service des sports) – J’aurais aimé participer à des cross inter-régiment, et des épreuves parisiennes (des trucs moins militaires ), mais nous étions souvent en camps à préparer le stage commando qui devait couronner notre carrière militaire et les choses en restèrent là. Je peaufinais ma préparation sportive au grès des marches commandos, des marches de nuit, des parcours du combattant en treillis-rangers et lorsque débarrassé de ces deux enclumes en cuir je chaussais mes palladiums à 10 balles que nous offrait l’armée, je me sentais léger et aérien et rien ne m’arrêtait.

Moi aussi mon cher Edhistoire j’ai découvert la Courneuve, mais cela n’avait rien d’aussi bucolique que le récit que tu en fais puisqu’il s’agissait de crapahuter et de jouer les Stalones dans les douves du Fort de Villiers.

Là j’ai appris à ramper sur des tyroliennes simples et doubles, mais là au moins il n’y avait pas de boue, à sauter et à glisser le long de poteaux appelés « asperge », on nous a enseigné les vertus des mines anti-personnelles, celles que l’on oublie dans les petits pays Africains et qui font des cul-de-jatte à foison.

J’ai appris aussi comment saigner un Arabe à l’arme blanche car le communiste c’était plus à la mode ….

J’ai appris à boire de la bière, car ça rendait la voix grave et que pour chanter la Madelon c’était plus jolie que nos voix de pucelles…..

Je suis parti aussi à Bitche à la frontière Allemande en Novembre, et j’ai vu Verdun et l’ossuaire de Douaumont qui m’a conforté de ce que je pensais de ces deux guerres mondiales où des innocents par millions sont allés mourir pour défendre les intérêts des nantis.

 

J’ai quitté l’armée au bout de 6 mois, car j’étais un précurseur et que le futur gouvernement l’avait justement promis, réformé P4 (comme plus de la moitié de la section) , officiellement pour cause d’inadaptation en milieu social , officieusement parce que je pense qu’il y a d’autres façons de faire marcher les gens que de les traiter de la façon dont on nous traitait. Je me suis enfermé dans ma coquille et j’ai attendu qu’on veuille bien me libérer. Mr Lacaze, grand Général 3 ou 4 étoiles de chez Lustucru, de l’époque s’est déplacé à Vincennes pour savoir ce qui se passait à la 2nde CC, mais je n’en sais pas plus, ça relève du secret défense sans doute.

Ce fut la fin de mon service militaire, en ce Décembre 1984, où je clôturais sept années d’athlétisme, la fin de ma première période sportive, et le début d’une grande parenthèse qui allait durer 4 ans.

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