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Les années de fronde 1995

1995 – Les années de fronde.

 

L’année 1995 débuta par un mois de janvier de repos-reprise à 70km, suivi d’un mois de février à 200km : rien de vraiment nouveau, des 6 x 1000m en 3’35, des 2 x 5km en 20mn, des footings à 12km/h a fc 140/145.

Un mois de mars timide avec un 11km en 42mn,un 15km en 57mn et un 10km en 35’37 pour un total de 178km.

Un avril de prépa pour les relais à venir, une course de 16,5km en 58’37 (3’30/km) et beaucoup de fractionné : des 10 x 400m, des 3 x 2000m et 2 x 3000m, des Pantel 3 x (1000 + 400) pour un total de 250km.

Le joli mois de Mai et ses deux relais incontournables : les crêtes de Maubec et les relais de St Antonin avec deux places de 3eme.

Jean François a arrêté la course à pied pour retaper une ferme, Laurent blessé, Patrick aussi, je me sens un peu orphelin moi que l’on appelle déjà l’ancien … mais Birac a des ressources et répond toujours présent même pour courir pour une barquette de fraises, récompense commune des Crêtes pour les 90 équipes, union éphémère de 450 mains qui se cherchent et se trouvent dans un ballet digital imprévu, en une fraction de seconde pour donner tout son sens profond à la course en relais, où celui qui a tout donné ce qu’il avait dans les tripes rencontre celui qui attend son heure sur l’autel du sacrifice pour offrir à son tour sa part de sueur à l’œuvre commune.

La course en relais est comme une chanson de gestes, une symphonie, parfois un requiem où tous ses petits gestes anodins, ses regards qui se cherchent sont comme des petites notes savamment orchestrées.

Au milieu de toute cette poésie, un homme est venu imposer sa tyrannie en décidant que les coureurs lui appartenaient plus ou moins,

Un présidaillon de club FFA qui ne voulait pas comprendre que les coureurs étaient libres de courir les cross dans un club et la saison sur route dans une association où la première chose que l’on ne te demande pas c’est « tu vaux combien sur 10.000 ».

Un président qui avait oublié que pendant des années sa mère fédératrice avait tout fait pour interdire les courses sur route qui détournaient la jeunesse des pistes d’athlétisme, avant de se prostituer et de finir par en être le maquereau en les récupérant à son profit en y apposant son label sur toutes les grandes courses comme on estampille une pièce bovine .

Comme tu nous a bien pourries les années qui suivirent Mr Jalbert à te faire mousser dans les médias avec ton relais 4 x 100m champion de France B alors que certains de tes coureurs peu fortunés partaient en stop pour défendre les couleurs de ton club, fallait pas s’étonner si après les avoir pris en stop ils finissaient pour la plupart au C.A Birac.

Tu pouvais bien leur payer les inscriptions sur des petites courses de village, comme si on pouvait acheter les gens, en rayant C.A Birac sur les feuilles d’inscription et mettre U.S Montauban à la place, tu avais déclaré que plus un Biracais ne gagnerait une course dans le département. Tu avais tes partisans, ton chien de Gardes, et les plus Fort, mais ces deux là pour rien au monde on les auraient voulu chez nous …. Faut dire Monsieur, que chez ces gens là, ça ne se fait pas Monsieur, on mange pas de ce pain là ….

Bokassa de l’athlé, pendant que tu flambais les subventions du club et l’argent public dans des stages d’athlé en outre mer avec ton relais national, que tu faisais venir des Cubains à Montauban qui repartirent avec une magnifique ardoise, ton peuple crevait la dalle sur les petites routes du département.

Cette année là on t’a pas vu à Maubec, au relais des Crêtes, courir pour une barquette de fraises, par contre tu étais bien là à St Antonin, relais beaucoup plus médiatique avec ton équipe de mercenaires alors que tu refusais des coureurs de ton propre club, reléguaient en équipe 2. Elle avait fière allure ton équipe USM qui gagna le relais cette année en pulvérisant le record de l’épreuve de plus de 3 minutes, à 35 secondes devant les Toulousains et qui nous expédia 3eme à plus de 18 minutes.

Quelle belle équipe : 2 auto-stoppeurs, un tri athlète apatride qui 15 jours plus tôt avait gratté à notre porte avant de se faire récuperer par tes sergents recruteurs, la star du département de l’époque qui d’ailleurs ne sortait que très rarement du département car à vaincre sans péril on triomphe quand même, là c’était limite on était à 20 km de l’Aveyron, et une nouvelle recrue de niveau inter-régional, sortie du chapeau comme par magie ……..

Le mois de Juin fut plus calme, que les lignes précédentes.....sur le plan des compétitions.218km en 20 sorties.

Juillet, un 5km en 16’20 (3’18 au kilo) une de mes meilleures sensations de course surtout sur du court où je m’aventurais que très rarement. Un petit week-end à la montagne avec l’asso pour participer à la course St Lary-Pla d’adet, 12km et 800m de dénivellé+.

Aout – Tranquille, 5 courses dont un relais au pays de l’ail

Septembre, le retour des choses sérieuses : le Fau, 6km en 20’49 (20’21 l’an passé), Birac (18,6km en 1h06) et Albias (16km en 55’36)

Octobre, retour au Bearn pour le retour de la vengeance. L’infirmerie de l’asso est pleine, les organismes ont soufferts mais nous nous devons d’y revenir, alors on bricole un peu et on monte une équipe à l’arrache, même Patrick est revenu.

1ere journée tout avait bien commencé visiblement, Patrick signe le 3eme temps et moi itou, j’ai pas retrouvé le compte rendu de cette course dans mes archives. Je me souviens que l’histoire s’est gâtée dans le dernier relais en soirée du premier jour, où notre relayeur victime d’un coup de froid puis d’un dérangement gastrique fut contraint par deux fois de s’arrêter pour satisfaire un besoin pressant, non pas dans le premier champ de maïs venu comme il est de coutume dans ce genre d’épreuve, mais pour des questions de petit confort personnel carrément chez l’habitant.

Ce fut le début de la débâcle, la Bérézina, la campagne de Russie et la dégringolade au classement général, nous finirons ce relais qui ne restera pas dans toutes les annales à la 10eme place avec une grosse, grosse déception.

Fin du mois d’octobre avec 275 km qui devait servir à la préparation de mon tout premier Marathon, programmé le 12 Novembre à Figeac, chez mon pote Laurent qui pour l’occasion me suivra en vélo et assurera mes ravitaillements en boisson MAXIM : objectif entre 2h40 et 2h45 avec un temps de passage au semi aux environs de 1h21 pour une valeur de 1h18 à l’époque.

 

Pour mon premier Marathon, j’avais bien décidé de bien faire les choses, j’avais acheté le hors série de VO2 spécial Marathon, plan pour 2h45 en 5 séances par semaine. Un peu de VMA courte, un peu de longue des 2000, puis 3000 puis 4000 ….. et j’avais surtout axé mon entraînement comme le préconisait le plan, par la suppression des sorties trop longues et fatigantes et surtout inutiles en dessous de 3 heures, sortie longue remplacée par 21km le samedi sous forme de 4 x 3km puis 3 x 4km allure semi, le tout enrobé dans de l’endurance, suivi le dimanche par une sortie de 21km en endurance assez active toutefois.

Sur le plan de la diététique, tous les entrainements exigeants avec boisson Maxim, en récupération STIMOL et ACM 20 et une cure de BETASELEN anti radicaux libre, pas dopé mais presque ….. non je rigole, vous pouvez vérifier.

 

Ce marathon, donc j’allais le préparer le mieux que je pouvais.

Physiquement j’étais bien, je venais de faire un 6km en 3’28 et un 18km en 3’36 au kilo.

Semaine 1/8 : 54km, 1 compet (16km) 3 sorties de 12km avec des 6 x 1000 sur piste de 3’38 à 3’30 (2 séances) + 1 sortie route avec 2 x 3km à 4’10.

Semaine 2/8 : 19km (eh oui, il m’arrive de faire des trous)

Semaine 3/8 : 75km dont le relais du Béarn sur 2 jours (un 19km et un 14km), 5 sorties au total.

Semaine 4/8 : 44km, 1 competition (20km) et 3 sorties.

Semaine 5/8 : 77km, 1 compétition (22km) allure marathon, tranquille quoi ….

Semaine 6/8 : 46km, 1 compétition (20km en 1h13)

Semaine 7/8 : 69km, 4 sorties (2 x 5 x 400m en 1’20) + (3 x 6km de 4’40 à 4’10) + (3 x 4km de 4’ à 3’45) et (3 x 6km de 4’40 à 4’20), veuillez simplifier l’équation suivante, en trouvant le dénominateur commun ……)

Semaine 8/8 : mardi : 11km en 56mn et vendredi : 6km en 30mn ……….

Et maintenant, nous y voilà enfin …………. Que dire de ce premier marathon ? je ne parlerai pas de dépucelage, j’avais déjà passer l’age, mais plutôt de baptême, non pas baptême de feu car au contraire pour être arrosé, ce fut arrosé …. Non pas le repas d’avant ni d’après course, mais la course elle même. Comment dire, c’est comme s’il n’avait pas plu à Figeac de toute l’année et que spécialement ce jour là le Bon Dieu se lâché les sphincters ou la vessie que sais je.

Le 9eme Marathon de Figeac en 1995, c’était 650 participants, record de participation, sur un aller et retour le long de la vallée du Célé, parcours champêtre et bucolique…..

Ce fut 21km vent de face avec un passage en 1h22’20 au semi soit 3’55 au kilo, au lieu de 3’50 initialement prévu.

Mais que dire du retour ………. 21km sous des trombes d’eau ………. Pauvre Laurent, mon suiveur en vélo, courageux Laurent, trempé, hermétique au froid, pas vraiment équipé pour un tel déluge, s’en voulant presque de m’avoir embarqué dans cette galère et réciproquement. Laurent, mon ami , mon frère, me remontant sans cesse le moral, sentant que cela devenait de plus en dur au fil des kilomètres, alors que les muscles gorgés d’eau commençaient à se tétaniser et que nous n’arrêtions pas de ramasser les cercueils des concurrents hypothermiques et hyploglycémiques, englués comme des cormorans de l’Amoco Cadiz dans les flaques, que dis je, les ruisseaux qui avaient remplacés les rues de Figeac. Une ultime côte de 300m, raide, très raide comme nos mollets, où je trouve l’énergie, moi dans ma lancée, eux dans leur inertie, de doubler deux ultimes concurrents ……… puis le final, comme je les aime, sur l’anneau olympique du stade pourtant vide, comme les rues de la ville, comme nos corps meurtris, gorgés d’eau ….. la grosse couverture épaisse que les organisateurs nous pose sur les épaules en nous félicitant et en nous remerciant comme s’ils se sentaient un peu coupable du mauvais temps ………. Les encouragements de la famille, les muscles qui se relâchent, les nerfs qui craquent aussi un petit peu et quelques larmes, un mélange de souffrance, de joie, mais surtout pas de déception car j’étais heureux d’avoir fini ce premier marathon tant l’issue en était incertaine, je revois encore dans la brume, Bernard Berthault, un candidat au podium en 2h35, vers le 35e km, sous un pas de porte qui ne donnait même pas l’illusion de l’abriter, transit, gelé, le regard hagard ………

C’était mon premier Marathon, je venais de poser enfin à 30 ans, un jalon sur cette distance mythique : 2h46, j’avais couru le deuxième semi en 1h23’40 soit 3’58 au kilo dans des conditions apocalyptiques.

L’épreuve s’est gagnée en 2h33, 3 coureurs en dessous des 2h35, c’était un bon niveau régional………..

Aujourd’hui, avec le recul, notamment après ma déception du Marathon de Toulouse 2008, je suis persuadé que le fait de courir un 5km à 18km/h, un 10km à 17, un semi à 16 km/h donne l’autorisation d’espérer faire un marathon à 15,3 km/h soit 2h45.

La formule magique : SEMI X 2 + 6% garde toute sa valeur, car en ce qui me concerne 2 X 1h18 + 9mn = 2h.45 ………

De plus, lorsque vous arrivez sur un marathon avec 2000km dans les jambes et plus de 25 compétitions toutes courues entre 16 et 18km/h, qui plus est avec la fraîcheur de vos 30 ans, 7 ans d’Athlé en cross et demi-fond dans votre jeunesse + 7 ans de pratique en C.A.P, si vous avez la chance d’être épargné par les blessures qui peuvent à tout moment vous mettre hors circuit momentanément ou définitivement, alors le Graal est à portée de mains ………

La préparation d’un marathon est un événement unique dans la saison d’un sportif quelque soit son niveau. On peut se planter sur un 10km ou une semi, on sait qu’il y en aura d’autres dans la saison, on récupère, 3 mois plus tard on remet ça.

Le marathon à mon niveau, je voulais n’en faire qu’un par an, mais le faire pour le chrono, pas un grand marathon, je n’avais pas les moyens, et puis courir à Paris sans vraiment profiter de l’ambiance, j’aurai eu l’impression de gâcher quelque chose ……… une impression personnelle.

J'ai recouru le dimanche suivant, 12km en 57mn, je n'avais plus mal aux jambes depuis le mercredi, je pense que c'était le signe d'une bonne préparation, que j'étais dans les bons chronos à l'entrainement, et dans le bon tempo lors du Marathon.

La semaine suivante, repos jusqu'au samedi où j'ai fait une petite séance de 10 x 200m en 36  r:36 et le dimanche 13km à 12km/h,

A S+3 – 54km – VMA courte + endurance + 1 relais

A S+4 – 52km – VMA courte + côtes + seuil

A S+5 – 65km – 5 séances – 2 VMA courte + 2 footings + 1 relais

A S+6 – (Noêl) – 49km – 3 séances – footing + vma + endurance longue 23km,

A S+7 – 67km – 4 séances – endurance + côte, le 31 décembre, dernier jour de l'année, dans un état de fraicheur qui aujourd'hui encore me laisse perplexe à la redécouverte de mes carnets d'entrainement,

Bilan 1995 : 2500km – 178 séances – 185h et 28 compétitions ,,,, c'est beau d'avoir 30 ans, pardon d'avoir eu 30 ans,

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