Créer un site internet

Episode 8 - 1992-1994

 

Naheulboy – Episode N°8 – 1992 - 1994

 

1992 commença par deux 20km en 15 jours (1h16’21 et 1h16’38) un 16,8 en 1h02’27 ou je battais des gars que je n’avais jamais battu jusqu’à présent. Laurent qui avait commencé bien après nous, pointait à seulement 2mn derrière nous, c’était l’époque des saines rivalités … notre premier Relais de Maubec avec le vétéran Pierrot RODRIGUEZ comme 5eme homme, une 3eme place au général à quelques secondes des deuxièmes et derrière les grosses cylindrés de Sport détente Toulouse, qui nous valu les honneurs de la presse, nous la petite association qui présentions 6 équipes de 5 coureurs.

Un 25km au mois de Mai en 1h34’55 à 5 secondes du 1er, il manquait 200m à cette course au métronome que j’étais pour remporter un succès bien mérité.

Un 10km en 35’15, 4e à 17km/h à 2mn du premier, le département avait atteint un niveau qu’il avait rarement eu, il y avait le nombre et la qualité pour notre petit département.

Un deuxième test de VO2 en juin, à 67ml/mn/kg et un seuil anaérobie de 16km/k avec une pente à 3%, c’était légèrement mieux que la fois d’avant.

Les couses se succédaient à un rythme effréné, je pulvérisais mon record sur le semi de Toulouse en 1h18’10 et 44e.

Je pense que c’est à cette époque que j’aurais du monter sur Marathon, j’avais la fraîcheur, il me manquait le volume mais je l’aurais travaillé. J’avais la science, je lisais beaucoup, j’avais abandonné Jogging International pour VO2 Mag et Sport et Sciences que je recommande aux lecteurs de CLM …. J’étais trop dans la spirale des podiums faciles, et Toulouse n’avait pas encore son grand Marathon, nous étions une bande de copains, nous avions 28 ans et il nous tardait qu’une chose, c’était le dimanche allait nous fritter sur un 10, un 15 ou un 20 selon ce qu’il y avait au menu de la cantine.

Septembre s’acheva sur un 16km en 55’35 soit 3’28 au kilo à 17km/h, j’hallucinais.

Comme chaque année mon pèlerinage à Castelferrus où j’explosais mon record de 1mn30 en 39’48 et seulement 11e (décidément elle était relevée cette petite course …..)

Bilan de 1992 : 20 courses dont 6 semis, 300km de compétitions, je crois qu’aujourd’hui je ne tiendrais pas le rythme.

 

1993 – l’année de folie …….

 

Un petit cross en Janvier pour pas perdre le rythme et pour digérer le réveillon, la dinde et la bûche ….

Un 17km et 2 semi au mois de mars.

Le traditionnel relais de Maubec et toujours une 3e place avec le noyau Laurent, Jean François, coup dur pour Patrick, blessé qui sera remplacé par Eric CREBOIS et le 5e homme de l’époque Kathir Oucine. La bataille est rude au sein de l’asso pour rester en équipe 1, ça ressemble un peu à des sélections à la Kenyanes ….. c’est super motivant, on commence déjà à m’appeler l’ancien ….. à 28 ans mince, c’est que le début ……

Le relais de St Antonin avec une 2e place de Bonheur ternie par l’absence de Patrick, 10 minutes derrière les intouchables Sport Détente Toulouse.

Laurent est devenu un cador dans le département, il tourne tout entre 17 et 18km/h, il s’entraîne dur aussi, il a déménagé à St Céré pour raisons professionnelles, il fait beaucoup de bougnes comme il dit.

Juin et la corrida nocturne de Toulouse, 12,8km en 46’29 et une surprenante 8e place sur 3000 où je monte sur le podium avec mon petit Benoît , 5 ans qui est devenu la mascotte de l’association ….. un de mes meilleurs souvenirs, place du capitole …..

Fin Juin – les 24h de POMAS, un relais de 8 coureurs sur un circuit de 5,6km avec un final en côte ….. pendant 12h à couteaux tirés, à se fritter avec le 4e régiment de la Légion étrangère de Castelnaudary, avant de perdre pied et finir 2eme dans ce relais qui restera un de nos plus beaux souvenirs : une course toutes les 3heures, 8 relais chacun entre 20mn et 24mn pour le dernier relais, épuisé, carbonisé sous un soleil de plomb …… que du bonheur ……

Juillet – Retour à Lavaur pour la nocturne : 16km en 55mn …..et 50e pour tout dire ……

Un mois d’Août, où je souffre le martyr à cause du dos, obligé d’abandonner à deux courses.

Septembre : kiné + abdos ………. C’est reparti ….. j’enchaîne 4 courses dont un 10km en 33’58 mais j’ai des doutes sur la distance ….. fin septembre, un 16km, toujours le même en 54’50 soit 3’25 au kilo.

Le traditionnel pèlerinage à Castelferrus, où je fais une minute de plus que mon record (faut pas se leurrer, je pense que j’ai atteint un certain pallier et faudra bosser beaucoup plus pour progresser.)

Bilan 1993 : 26 courses, 420km de compétitions, et 5 relais …………..

 

1994 – l’apothéose ……….

 

Deux semi en mars pour se mettre en bouche …….un 18,5 en 1h06’25 en Avril avant le 1er grand rendez vous de la saison :

Le relais de Maubec, ou en l’absence des toulousains de Sport détente, la victoire ne doit, ne peut nous échapper ….. toujours une centaine d’équipes, le noyau des 4 mousquetaires et reformé, notre D’Artagnan cette année s’appelle Patrice NOUGAREYDE ……. Après un départ prudent, nous procédons à ce qui va devenir notre marque de fabrique, une remontée au fil des relais . L’équipe est homogène et l’amitié déplace des montagnes, jamais nous ne nous sommes sentis aussi bien ensemble ….. le C.A Birac à mobilisé 8 équipes, elle en placera 2 dans les 10 premières, 4 dans les 20 premières ….

Les relais sont devenus au fil des années notre priorité, ce sport que l’on dit individuel, nous en avons fait un vrai sport d’équipe ou convivialité rime avec combativité et beaucoup de recruteurs dans les milieux professionnels devraient en tenir compte (on m’a reproché plusieurs fois de faire un sport individuel lors d’entretiens d’embauche).

 

3 semaines plus tard, le jeudi de l’ascension, c’est le rendez vous immanquable des relais de St Antonin ….. ces années là, les relais connaissent leur heure de gloire et c’est 125 équipes de toute la région qui sont venues en découdre dans ce magnifique petit village de St Antonin, aux confins des gorges de l’Aveyron.

Auréolés de notre victoire aux crêtes de Lomagne, tout le monde nous attend au virage, surtout que Sport Détente Toulouse, appelé Blagnac S.C cette année, n’a pas fait l’impasse et qu’une rivalité pas forcement saine à germé entre nos deux équipes. Nous n’avons jamais aimé les équipes de mercenaires au C.A.BIRAC, ces équipes constitués pour la gagne avec des athlètes de divers horizons, jamais les même d’un relais sur l’autre …. Laurent, tempérament un peu tumultueux les a nargué récemment sur plusieurs courses, j’ai même cru une fois qu’ils allaient en venir aux mains ……… nous la petite association, fidèles à nous même, essayant toujours de préserver ce noyau de copains et d’amis, cette année nous sommes complets et nous sommes au sommet de notre art, on a pris un nom stupide comme d’habitude : les gais lurons Biracais …….. une idée de Robert, évidement ……..

Coup dur dès le premier relais, notre nouvelle recrue pointe à la fin du relais à la 19e place à 4’30 de Blagnac, et notre équipe 2 avec Pierrot Rodriguez, récupéré à la dernière minute pour renforcer l’équipe, termine 3e de l’étape à 1mn des premiers ………. 3 minutes qui vont nous coûter très chers …….

2e étape, Laurent signe le 4e temps et reprends 10 secondes à Blagnac SC , il jubile ……… c’est pas gagné, mais c’est pas encore perdu ……..

3e étape, Jean François s’élance et reprend 2mn à Blagnac, 2e temps de son relais ……nous passons de la 7eme à la 2e place, avec deux équipes aux fesses….. on est à cran, on ose encore y croire.

4e étape, mon étape, j’avais tellement la pression que le stress me déclencha à l’échauffement des crampes au mollet gauche. Panique à 5mn du départ, j’envisageais de me faire remplacer par un membre d’une autre de nos équipes. J’ai couru toute l’étape le trouillomètre à 0 avec un mollet qui me titillait et ne demandait qu’à se crisper définitivement. Je reperds, une minute sur Blagnac, à 16,6km/h, 8e temps j’étais à fond ….. mais j’ai les boules car l’équipe perd une place, nous sommes troisième ……..

5e étape, malgré le 2e temps de Patrick, nous reprenons 2 petites secondes à Blagnac (3e temps)

Au général, 3e à 15 secondes de l’entente Union-Fronton et à 3’11 des premiers ………. Que de regrets, surtout quand nous avons appris que notre partenaire avait fait un semi marathon, 4 jours avant, sans rien dire à personne alors qu’il valait les 59mn du 1er relayeur ….

Cette troisième place inespérée, nous l’avons quand même appréciée à sa juste valeur, avec un peu d’amertume quand même.

 

J’ai repris un peu le vélo, le dimanche matin je me fais des petites sorties de 60km en 2h et en semaine je fractionne toujours autant sur ma petite piste Montéchoise qui n’a rien de synthétique, juste une vieille piste des années 70 en je ne sais trop quoi, c’est pas du sable, c’est pas de la terre, c’est pas de la cendrée …. C’est souple et ça fait pas mal. Je m’aligne des 10 x 400 en 1’15/1’20 selon les sensations et des 5 x 1000 en 3 ‘25/3’30.

Pour ceux qui serait rebuté par le fractionné, j’ai toujours estimé que ce n’était pas plus contraignant et beaucoup plus bénéfique, qu’une sortie d’1h, où l’on pense être en endurance, alors que l’on est depuis belle lurette en résistance.

Si vous prenez 20mn d’échauffement + quelques étirements, que vous faites vos 5 x 1000 en 4 ou 5mn peut importe, l’important c’est de courir un peu plus rapide que votre allure sur 10km, + 3mn de recup entre et un footing léger de 15mn pour finir ; cela vous fait une sortie de 12km en 1h20 environ dont 5km à un registre que vous n’atteignez jamais en compétition et 7km d’endurance …. C’est tout bénef.

 

Juin – Laurent qui vient d’être l’heureux papa de la petite Chloé (ma filleule) , débarque de St Céré sans prevenir pour me souffler sous le nez un magnifique trophée style Roland Garros, sur un 5km que j’enquille en 16’52 et qu’il gagnera en 16’39 ….ggrrrrr…..

Juin encore, retour à la corrida de Toulouse et 35e sur 3000 sur 12km en 3’35/km.

Petite excursion à Espelette pour ma 1ere course de petite montagne, un 18km en 1h29 avec 750m de dénivelé où je n’ai fait que marcher dans la partie ascendante ; suivi le lendemain par une petite baignade à l’océan avec une dizaine de membres de l’asso, femmes et enfants compris ça va de soi.

 

Août, 2 semaines de pur bonheur à St Lary Soulan, à 1000 m d’altitude, à faire des sorties de presque 2heures au petit matin, 5 jours sur sept. La montée du Pla-d’Adet, 11km à 8% de moyenne, 900m de denivellé en 1h02 et le col d’Aspin, 12km à 7% en 1h07 ……… j’y serai bien resté toute l’année.

Fin Août, après avoir fait le plein de globules rouge, avec Laurent et Patrick nous remportons la 1ere édition des relais de l’ail à Cadours à 17km/h de moyenne où le trophée était une superbe tresse de ce condiment qui vous donne une haleine de cheval mais qui fit l’immense joie de nos cuisinières de concubines …. (quand tu vois la côte de l’ail sur le cours du marché ……)

Septembre, toujours dopé à l’air pur de nos vacances, (je te dis pas tout l’air que j’ai pu leur piquer dans mes poumons en deux semaines), mon meilleur chrono au 6km du Fau en 20’21, soit 3’23 au kilo et 17,7km/h ….. et des adversaires que je n’avais jamais terrassé.

Septembre avec son lot de courses, j’alterne le court et le long un W.E sur deux …. Notamment un 8km en 26’23 et un 18,6km en 1h06 à 3’36 …… (je sais que ça va gonfler edhistoire que je me résume ainsi, en mn/kg et km/h mais ceci est le garde fou de ma mémoire et à défaut d’anecdotes croustillantes qui viendront s’y rajouter au fil des mois et des relectures ……… veuillez agréer mon cher Maître, mes respectueuses désolations..)

 

Mais ………. L’objectif secret de la saison pour le C.A.BIRAC, celui pour lequel 50 Kenyans blancs se préparaient, s’affûtaient, se torturaient la VO2, la VMA afin d’obtenir l’un des 8 sésames …. Cet objectif du mois d’Octobre, où l’asso décida de s’exporter loin de ses frontières, dans des terres inconnues et grimpantes, au pays du Bayrou pour le 4e Tour du Béarn, 40 équipes de 8 relayeurs sur 2 jours, 320km et 16 étapes dont certaines de nuit, 2 cols légendaires l’Aubisque et Marie -Blanque ….. le grand Sud ouest et quelques équipes espagnoles ………

Dans ce vivier de champions qu’est le C.A Birac, petite asso je le répète, blasé de l’athlétisme et de ses contraintes, la seule difficulté consiste à s’arrêter à 8 … le grand absent sera Laurent, rupture du string d’Achille (non, pas Talon), trop généreux dans l’effort aux entraînements, il l’aura payé cash ….. Il y a Patrick, Jean François, Patrice (le traître de St Antonin en quète de rachat…., mais bon 2e à Espelette, on est pas rancunier et on l’a pas licencié pour faute grave, et puis on l’aime bien …), il y aussi Bruno, Abdel, André et Michel …….. il en manque un ……… ah non , c’est moi, mais pour ne rien vous cacher je suis le maillon faible mais j’ai mérité mes galons et puis je suis toujours dopé a l’ O² de St Lary…….

Nous partons dans l’inconnu, nous ne connaissons aucun de nos adversaires, le super favori c’est le C.U.P comme cup en anglais, tu parles d’un signe du destin, ceux la c’est les fils de Dieu, dans leur fief, y en a que pour eux : le Club Universitaire de Pau …..(ferait mieux de travailler à la fac ceux là au lieu de courir …..), sponsorisé qui plus est par Electricité-Brossette, les batteries donc chargées comme des mules, tous en Club Athlétisme, des pistards, des demi-fondeurs, le gratin Pallois.

Nous le sponsor : Alves frères Gmbh …. Ltd et Company , le maçon du coin, copain de Robert, le président de l’asso, possesseur d ‘un fourgon pour assurer la maintenance des coureurs ….. car se lancer dans ce type de relais demande une organisation sans faille, tant au niveau du dépôt des coureurs mais surtout au niveau de la récupération matérielle et physique de l’athlète, la gestion de l’alimentation, et celle de l’hydratation (ne pas boire une bière, 10mn avant le départ par exemple).

Nous avons comme de coutume, un nom terriblement sportif et ridicule : LES JOYEUX BIRACAIS . (ça c’est du Robert),

Et cerise sur le gâteau, comme la plupart des équipes, nous avons un suiveur en vélo (précieux support moral), Stéphane, pour les étapes stratégiques, car 320km ça fait quand même beaucoup pour un seul homme qui prend le vélo une fois par an.

D’inconnus au départ nous terminons stars à l’arrivée, ayant mis le speaker dans notre poche, qui nous avait à la bonne après que Robert l’eut soudoyé en lui payant l’apéro lors du 1er bivouac du soir …

Faisant même douter les meilleurs, leur tenant la dragée haute dans les 2 cols, sans grimpeur chevronné et attitré venant tous de la vallée de la Garonne ; nous étions second, à 1 mn 20 des premiers au départ de la dernière étape, après une course de remontée au suspense haletant comme nous en avions l’habitude, dans un état d’esprit indescriptible 14 ans après, comme disait Ed, il est des joies comme des douleurs qui ne peuvent se décrire qu’au moment présent, non pas que le corps est oublié mais les mots pour le décrire précisément n’existent pas, ou ne serais ce qu’une heure après, ne seraient pas les bons…..

Dans quel état d’esprit nous étions, nous, mais surtout les autres, dans leur fief, en train de se faire voler la vedette par 8 inconnus, sans palmarès conséquent que leur homogénéité (tous dans les 5 premiers) .

Le dernier relais nous fut fatal, mais qu’importe ces 4 minutes de retard à l’arrivée au bout de 2 jours de pur bonheur sportif partagé par une bande de copains, fidèles a leur maillot blanc et vert.

L’article dans le journal du coin ne fut qu’un tissu de mauvaise foi, de parti pris et de chauvinisme local caractérisé où l’on occulta totalement les prouesses de notre équipe au détriment des exploits individuels des autres équipes locales (nous n’avions pas gagné une seule étape …………… et alors …… on peut aussi triompher dans la défaite ………. Mais qui parle de défaite ?

Qui a perdu ? celui qui a fait douter l’autre ou celui qui s’est ch…….dessus ……….. comme dirait Baccri……… ça m’énerve !….)

Le retour au pays se solda le W.E d’après par une grande fête avec toute l’asso comme dans Astérix, car au C.A Birac tout se termine par un banquet à la gloire des Héros.

1994 se termina comme d’habitude en novembre après 20 courses et 260 km de compétitions

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×