Episode 7 - 1988-1992

EPISODE 7 – 1988 – 1992

 

 

Et maintenant, comment résumer ces 20 années passées à courir ……

Sous forme mathématiques : 50km semaine x 52 semaines x 20 ans soit 50.000 km.

Sous forme exploit solitaire : Un Paris Moscou par an ………

Sous forme logistique : 25 ou 30 paires de chaussures, des centaines de tee shirt de course ….,des centaines de Magazine, de Jogging International, Sport et Vie, VO2 mag, Running mag…….

 

Sous la forme table de multiplications à réciter (en tournant sur la piste en faisant des 1000m), la table de 3’30 au kilo soit 21 secondes au 100m et 42 au 200, 1’03 au 300 ……Idem pour la table des 400 en 19 secondes au 100m, 38 au 200 ….. C’est mon côté rassurant, je vous expliquerai plus loin. ….

Sous forme grammaticale, conjuguant le verbe courir sous tous les temps ……… qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente ….. et sous toutes les formes :

au présent,

au futur les courses que nous ferons : Behobia-San Sebastian (sûrement), Marseille Cassis (peut être), Millau (certainement un jour)

au passé : les au moins 500 compétitions que nous avons du faire et refaire plusieurs fois même : une fois avant, pendant et cinquante fois après.

et puis à l’impossible : les courses que nous ferons jamais ………. New York, Berlin, Londres, …la diagonale des fous ……

 

 

Comment résumer, sans ne rien oublier, sans oublier personne ……

 

 

Au tout début, avec un simple chrono à main, partir faire 20 bornes et se réciter les temps de passage : 14’30 à la ferme j’ai du faire 3km, 27’40 au croisement : environ 6km,… j’ai accéléré un peu,… tiens, des bornes kilométriques, je vais voir en combien je suis au kilo…… et tout en courant additionner des temps, les retenir pendant parfois 1h50 et arrivé à la maison retranscrire tout cela sur le petit carnet ……. C’est mon côté rassurant, je vous expliquerai plus loin. …. Et plus tard encore, cardio fréquence mètre au poing, se souvenir 25mn à FC 130/140, 20 mn à 140/150….. c’est excellent pour la mémoire, j’ai toujours aimé les chiffres, les pourcentages (surtout de VMA et de FCM), et depuis tout petit aussi, le calcul mental.

Estimer des circuits à la louche et s ’apercevoir, vingt plus tard avec un GPS qu’a 200 mètres près on s’était pas trompé.

Certains disent que le meilleur GPS c’est nous même, que le meilleur cardio ce sont nos sensations, mais bon, certains ont besoin d’être rassuré et moi j’en fait partie.

Incapable de faire des 3000, des 2000m, des 1000m et même des 400m ailleurs que sur une piste ou avec un repère tous les 100 mètres, impuissant à courir à l’entraînement allure Marathon et pourtant capable de maintenir l’allure pendant 42 km avec une bonne décharge d’adrénaline …… il faudra un jour que quelqu’un m’explique ça scientifiquement (Edhistoire peut être) . j’en ai mangé des tours de piste et j’aimais ça tout autant que mes sorties en Foret de Montech, mes aller-retour sur le Canal du Midi et mes divers circuits sur les petites routes Tarn et Garonnaises……

 

Le petit Benoît est né en Février 1988, un vendredi et le dimanche pas de bol, y’avait un cross heureusement c’était à domicile et qui plus est pas loin de la maternité où était resté la maman (péridurale + césarienne …. Je sais c’est immoral de ma part) …..

1988 – mon premier 10km piste en 38’55, mon premier 20 bornes à l’époque en 1h20 tout rond, 4mn au kilo .

mon premier carnet d’entraînement, mes premiers tableaux tracés avec Dbase (connaissait pas encore Bill Gates et son Windows) sur mon Amstrad PC1512 avec la vieille imprimante qui crépite …………… tableaux où je disséquais, analysais mes allures en % VMA et km/h……

1988 – Ma première course à relais, les Crêtes de Lomagne à Maubec (82) à l’époque plus de 100 équipes, c’était encore la belle époque même si j’ai su plus tard que j’avais loupé le meilleur, les années de fronde avec la F.F.A, les distances un peu folle, les années Spiridon ……….

1988 – ma première corrida nocturne dans les rues de Montauban, un 16km en 1h01’44 (j’ai quand même des doutes sur la distance ; pour certains organisateurs :  « à 300 m prêt ça doit être ça » ……. Pauvre commun des mortels, sais tu seulement qu’à 18km/h il faut déjà une minute …………………

la première année complète, j’ai fait 16 compétitions, que des petites courses de village comme on dit, mais bon la machine était repartie et c’était bon. J’ai refait un an plus tard ma première course : Castelferrus, 11km en 41’26, j’avais tombé 4’24 sur le même circuit ……. Ça revenait, tout doucement, ça revenait ……

 

 

 

 

Dans le courant de l’année 1988 nous avons déménagé pour Montech après un bref séjour à Labastide St Pierre.

J’ai changé d’horaires de travail, je suis à présent à la journée, magasiner toujours dans la même boite de plasturgie.

J’ai troqué mon vieux chrono à main pour une montre chrono, certes elle ne fait pas les temps intermédiaires mais je peux courir plus relâché (c’est important le relâchement du corps), je continue toujours à additionner les temps dans ma tête en courrant .

Mes premières Reebok sont remplacés par une paire de Nike, je ne sais toujours pas si je suis pronateur, supinateur ou universel …….

Je cours 3 à 4 fois par semaine pour environ 40 à 50 km par semaine, j’ai déjà du essayer 10 plans d’entraînement, un par n° de Jogging en fait.

J’ai arrêté l’athlé et l’USM, les horaires tardifs de l’entraînement trop incompatibles avec ma nouvelle vie familiale.

J’aime beaucoup Montech, je peux courir dans la forêt domaniale où l’on peut souvent apercevoir des biches et s’en approcher à pratiquement vingt mètres ; au bord du canal du midi, j’ai aussi un circuit plus long, vallonné vers Bourret ou Cordes Tolosannes avec de belles côtes ………et puis il y a une vraie piste, à l’ancienne, de celle qui font pas des tendinites à répétition, un mélange de sable, de terre …. Je sais pas, mais c’est souple et ça fait 400m à la corde, mais comme la corde est rognée par l’herbe, en fait ça fait peut être 410 ou 420 mètres ……c’est tout bénef.

Plusieurs fois j’ai du passer pour un bargeot, à tourner comme un bourrin, une fois vite, une fois moins vite, des fois en marchant …… les petits vieux de la maison de retraite à côté devait se dire derrière leurs fenêtres : té ! aqui lou tabanar qué viro, que viro …… tan que viro fai lo tourn ……. Ça leur faisait de l’animation

 

Je me dis souvent que j’aurais aimé vivre à Paris, pouvoir faire toutes ces grandes courses : Paris-Versailles, 20km de Paris et bien sûr le Marathon même si à cette époque la distance m’effraie un peu ……… parfois aussi il me plait de m’imaginer à la montagne, dans les Pyrénées et de grimper des cols ou courir dans de grands espaces blancs ….. c’est beau la vallée de la Garonne, mais faut dire ce qui est : c’est un peu chiant ……

Je cours toujours pour le plaisir mais c’est toujours l’esprit compétition qui m’attire, car en fait même si on court toujours après quelqu’un tant qu’on est pas premier, c’est de plus en plus le chrono qui me motive, plus que la place.

J’accumule les podiums sur de petites courses mais j’ai toujours préféré mes 30e ou 50e place à Toulouse sur 1000 participants (ça va faire rire les Parisiens)……… 1000 coureurs par chez nous, c’est énorme), que des podiums illusoires sur des courses de villages.

Ivresse du débutant, les coupes (ces nids à poussière) s’entassent au fil des années dans la salle à manger, fierté juvénile, on est tous un peu mytho quelque part, je suis bien loin de m’imaginer qu’au fur et à mesure elle finiront dans des cartons, (sauf les plus belles et les plus symboliques) et 20 ans plus tard, complètement piquées, comme le France, s’échoueront lamentablement dans une décharge municipale.

Comment expliquer cet attachement à ce morceau de carotte, symbole de tant d’heures passées à suer, fractionner, si ce n’est l’orgueil et la vanité, ou bien le souvenir profondément enfouie des médailles que l’on nous passait autour du cou à l’arrivée des cross……… j’ai toujours regretté l’absence de vrais podiums à l’arrivée des courses, le bon vieux podium en bois , avec ses trois belles marches, symbole pour moi de l’olympisme dans toute sa splendeur, tout comme l’arrivée des grandes courses dans un stade, sur une piste d’athlé, pour un dernier tour de piste, un dernier tour d’honneur pour faire partager au public, nos joies, nos souffrances, nos rires et nos larmes …..

Je suis Seniors, catégorie reine, brassage de 20 années où seuls les meilleurs ont survécus au naufrage de leur enfance et leur adolescence. J’ai 23 ans, je suis jeune, je n’imagine même pas que dans 17 ans je serai vétéran, je ne sais même pas si j’y arriverai tant ce sport comme la vie d’ailleurs, est un peu comme une loterie ….et d’ailleurs je n’y pense pas.

Je n’ai pas arrêté la cigarette, c’est devenu habituel, pendant presque 20 ans toujours le même rituel :

1 à 8h en allant bosser, 1 à 10h à la pause café, 1 à midi avant de manger, 1 autre après mangé.1 à 15h à la pause café, 1 à 17h en partant du boulot, même avant d’aller courir les jours d’entraînement. 1 après mangé (la plus mauvaise les jours d’entraînement) et 1 dernière, le soir avant de me coucher……. Environ 8 par jour, je suis loin de edhistoire, avec ses 20 par jour …….un peu plus les W.E et encore plus lors des soirées arrosées …… je ne sentais aucune gêne, seul l’abus est dangereux, je restais raisonnable. …. Pas comme l’ami Gainsbourg dont je suis devenu un inconditionnel.

 

1989, les souvenirs me reviennent par bribes, comme des flash back, je ressors mes archives, garde fou de ma mémoire, entassées pèle mêle, c’est mon côté bordelo-nostalgique , (autant mes entraînements, mes carnets sont d’une rigueur à faire pâlir un fonctionnaire de la stasi, autant niveau rangement je dois reconnaître que Brigitte, mon épouse, à raison ………), des centaines de coupures de presse où mon nom ressurgit parmi des fantômes pour certains oubliés, des feux follets, des comètes de l’athlé qui marquèrent quelques années avant de s’éteindre et disparaître à jamais. Et d’autres qui sont toujours là, que j’ai connu Seniors quand je n’étais que Benjamin ou Minime, que j’ai retrouvé V1 et qui sont à présent V3 ….. des purs qui venaient de l’athlé et du cross, ces Robert Penny, Oscar et Ginette Bertazzo, Pascal Chellal, Jo Bousquet et tant d’autres ……….

Quand on aime, la course en trop ça n’existe pas, la plus belle on ne l’a pas encore faite, l’ambition passe mais tant que reste la passion et la santé (surtout la santé ……..) …..

J’ai rejoint un petit club à La Ville-Dieu du Temple, une structure très conviviale, moins individualiste que l’USM. Il n’y a pas d’entraînements collectifs, pas de contraintes, on se retrouve aux compétitions ….. après une saison de 6 cross qui s’achève aux Régionaux d’Argeles Gazost (102e …….) commence une nouvelle saison sur route, qui verra son apogée au mois de septembre avec un premier semi en 1h21’51 (pas officiel) et le 20km de Toulouse (officiel) en 1h19’20 et 75e sur 2500 participants (à l’époque y’avait encore du monde à Toulouse). Je me suis essayé aussi au cyclathlon, mes sorties de 80km à près de 30km/h me laissait entrevoir de bons résultats, mais n’ayant jamais vraiment travaillé l’enchaînement des deux disciplines j’ai toujours eu du mal à finir sans crampes les 50km en vélo. J’ai fini la saison 1989 avec 22 courses au compteur

 

1990 …. A cette époque je me souviens pouvoir m’entraîner qu’une semaine sur deux car ma compagne travaillait en équipe, une semaine le matin, l’autre le soir jusqu’à 21h, je récupérais le petit Benoît à 17h et pas question de le laisser seul. J’attendais donc le Dimanche avec impatience et pouvoir enchaîner sur une semaine à 40/50 km. Il en fut ainsi au fil des années …. Profitant des moindres vacances scolaires, des opportunités professionnelle de ma femme de pouvoir faire le matin (elle préférait), m’entraînant parfois entre midi et deux quand j’étais vraiment motivé, ou le soir quand les jours rallongeaient.

La saison 1990 débuta au mois de Mars (j’ai arrêté les cross, pour faire une vraie coupure) par le 10km de Blagnac (36’57), un 3000 piste en 10’29’54 en Avril, les deux grandes courses à relais de l’époque du département : Les crêtes de Lomagne (8e par équipe) et St Antonin. Un mois de juin avec 6 courses dont une épreuve de vélo, courue avec un vélo de m….. alors que j’aurai pu faire un truc, tant j’étais facile dans le groupe tellement habitué à rouler seul (course organisée par des cyclistes, pour des cyclistes : 28 km tu parles d’une épreuve …. En 41mn avec saut de chaîne et problème de dérailleur à 10km de l’arrivée dans l’ultime bosse de la journée )

Je fais régulièrement autour de 36mn sur 10km, toujours mon pèlerinage à Toulouse au mois de Septembre : 20km en 1h15’40, je pulvérise mon record de 3mn40 !!!!!!!!! je me mets une minute dans la tête, un kilomètre !!! …… énorme .

Je commence le mois d’octobre par un 17,6km en 1h04’40 pour finir par un 20km (non officiel) en 1h15’17 (vallonné).

C’est aussi l’année de mon premier test de VO2 à la clinique du sport de l’union à Toulouse, où tel un rat de laboratoire on me fit évoluer pendant une vingtaine de minutes sur un tapis roulant avec un masque de type Tchernobyl sur le mourre et une espèce de perfusion plantée dans le bras pour soit disant analyser mon taux de lactates. Ce jour là j’ai appris que j’avais une cylindrée 69 cm cube, que mon seuil anaérobie était de 14km/h avec une pente à 5%, c’était drôlement utile car par chez moi j’avais du mal à trouver un circuit de 14km avec une pente à 5%, mais bon, on m’a expliqué que c’était pas mal, et qu’il fallait que je travaille autour de 165 puls.

Les courses s’enchaînent toute seule, 27 cette saison ….. courir est un plaisir, je suis environ à 2500 km par an, le hasard des rencontres est en train de préparer l’avenir mais je ne le sais pas encore.

 

1991 ….. c’est le début de mes lombalgies à répétition, j’ai L4 et L5 qui font des leurs. Je peux passer plusieurs mois sans être embêté et puis ça revient …. Je fais un peu de kiné …. Des abdos ….. c’est dur les premiers kilomètres et puis après ça passe.

Le pire c’est en compétition où je suis obligé de laisser filer et attendre que la douleur s’estompe …. Frustrant des fois.

J’ai commencé ma saison en mars comme d’hab par un 10km en 36’15, un 17,5 en 1h06, la routine quoi ….. un petit relais au mois de mai, quelques courses en juin, un autre biathlon avec des crampes, en juillet, ma première grande nocturne à Lavaur un 16km en 54’30, je sais pas s’il y avait la distance mais je me souviens avoir tourné comme un avion : le genre de course ou tu te dis « bon sang, qu’est ce que j’étais bien aujourd’hui, tu pousses la machine et tu sens que ça répond …. » une petite excursion à Bayonne au mois d’Août (16,5 km en 1h00’43) . Retour au mois de septembre qui s’annonce chargé comme chaque année. Septembre, pour moi c’est le début des choses sérieuses, c’est l époque ou je me sens le mieux, en pleine puissance :

On attaque par un 5,6 km en 23’49 (je sais plus du combien ça fait, mais c’est pas vilain), un 15km en 55mn, un 10 en 37’05(circonstances atténuantes votre honneur, le circuit était pas facile), mon premier vrai Semi Marathon, 21,1 km à Toulouse en 1h22’23, moins bien que l’an dernier sur 20km …. Moins de fraîcheur aussi, circuit moins roulant, peut être les deux sûrement…. Et pour finir un 16km en 58’30 heureusement que tous les mois de l’année ne compte pas 5 dimanches comme celui là. J’ai amélioré mon record sur la course de mes débuts à Castelferrus en 41’02, mais il a du se passer un truc car je m’aperçois que je finis 18e. Total de l’année : 23 courses en 8 mois, 260 km de compétitions …………

 

1992 ….. j’ai repris mon indépendance, suite au naufrage du club pour cause de « parents qui prennent la grosse tête parce que leur fils c’est le meilleur, et que yaka et yakavé …… »

J’entends de plus en plus parler d’une association qu’on rejoint un à un tous mes camarades de La Ville dieu : le C.A BIRAC.

Son président Robert et sa femme Josiane PRIETO sont très actifs au sein du département, et l’ambiance y est familiale et conviviale et puis des amitiés profondes ont commencé à se nouer avec Patrick LECOQ, Laurent BORIES et Jean François LESCURE ……… nous prenons plaisir à courir ensemble, à nous voir en dehors de la course à pied, à manger chez l’un chez l’autre, même si nous ne parlons que de ……………….. course à pied. Nos compagnes nous suivent et nous encouragent ….. plus tard Patrick sera le parrain de la 1ere fille de Laurent, et moi le parrain de sa deuxième fille ……… et puis 1992 c’est le début d’une nouvelle ère ……….. celle des COURSES A RELAIS et du C.A BIRAC ……… celle d’un noyau de 4 copains, homogène, (toujours à la recherche d’un 5e), en lutte contre les équipes de « mercenaires » dans les Relais de la région.

Il me faudrait des centaines de pages, des heures et des heures penché sur mon clavier pour vous raconter ici, les milliers de souvenirs enfouis au plus profond de mon cœur et de ma mémoire, un jour peut être écrirais je mes mémoires ……

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