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Mon Hymne à la Corse et son GR20 (Spécial dédicace à Kiki et au team Amaury 2k16)

Sur l'air de : "A mon frère revenant d'Italie" interprété par Georges Brassens

 

Alors mon frère, tu te souviens,  

De ce pays dont on revient,

Comme dans un rêve ;

De ce GR, numéro vingt,

Qui coule en nous comme ce vin,

Comme  la sève.

 

Ce fil d’Ariane rocailleux,

Qu’il ne faut pas perdre des yeux,

Parait troublant ;

Rend le périple périlleux,

Si tu t’écartes en ces lieux,

Du rouge et blanc.

 

Te souviens-tu , Calenzanna ,

Ce long chemin qui nous mena,

Tes fils et Gilles ;

Dans la chaleur, vers les hauteurs,

Vers ce refuge salvateur,

Loin de la ville.

 

Mais on ne m’avait pas menti,

De la fontaine d’Ortiventi,

On voit Calvi ;

Et Au col de Bazzichellu,

Tous les récits que j’avais lus,

Hier, prenaient vie.

 

Tu les a vu tous ces refuges,

Nichés au milieu du déluge,

Dans la rocaille,

Il en fallut de la sueur,

Et parfois surmonter sa peur,

Sa foi, sans faille.

 

Te souviens-tu des bergeries,

Où l’on a bu, où l’on a ri,

La bonne bière ;

Et quelques heures auparavant,

Là-haut balayé par le vent,

C’était des pierres.

 

Et ces refuges comme des césures,

Eux qui rythmaient notre aventure,

Comme une prose ;

Comme une cassure en bout de rime,

Lorsque l’étape atteint les cimes,

Comme une pause.

 

Carrozzu, Onda (ou )Manganu,

Comme des mirages bienvenus,

Inaccessibles ;

Comme des petits écrins magiques,

Et Parfois même un peu rustiques,

Ou bien horribles.

 

Tu les a vu ces monts venteux,

Tous ces cirques majestueux,

Aux noms si rudes,

Ces Bocca, ce Monte Cinto,

Qui nous ont  fait monter si haut,

En altitude.

 

Et de ces arbres squelettiques,

Comme des monstres faméliques,

Comme de glace,

Blanchis, desséchés par le temps,

Penchés, déformés par le vent,

Figés sur place.

 

Tu t’es baigné dans le Golu,

Le Viru et Manganellu,

Moi j’ai pas pû ;

La passerelle de Tola,

Et dans le Punta Pinzuta,

Là-bas non plus.

 

Te souviens-tu de ces sourires,

Echangés parfois sans rien dire,

Comme des mercis,

Et de tes rires parfois moqueurs,

Devant mes excès de lenteur,

Mon inertie.

 

Tu l’as vu quoi qu’on en dise,

Cette terreur qui paralyse,

Ma peur du vide,

Tu m’as tenu parfois la main,

Et Tu m’as ouvert le chemin,

T’étais mon guide.

 

Certains matins la peur au ventre,

Je me disais, pourvu qu’on rentre,

Tous sain et sauf,

Si ton étoile ici s’éteint,

Tu peux prier sois en certain,

Ton Saint Christophe.

 

Sur ces passages millimétrés,

Où nul écart n’est toléré,

Parfois tu songes,

Que si la mort pour ton malheur,

Décide que pour toi c’est l’heure,

Alors tu plonges.

 

Ainsi gambadait mes pensées,

Les premiers jours de l’odyssée,

Je m’y revoie ;

Prenant sur moi, dans ces moments,

 Il était là pour  dire comment,

Ouvrait la voie.

 

Tu te souviens de Constantin

De Romain et de Sébastien,

Et d’Aristide,

 Antoine, Aurélien, et Chloé,

Guillaume, Christian, Amaury et,

Aussi Mathilde.

 

On partageait ce GR20,

Avec eux on a bu ce vin,

Qui nous enivre ;

Ils sont chacun comme une feuille,

Comme une page qu’on effeuille,

Dans le grand livre.

 

Tu te souviens de ce cadeau,

Onda,  refuge de Jean-Do,

Cette tablée ;

On était seize, ça fait beaucoup,

Autour des lasagnes au broccui,(brocciou)

Tous rassemblés.

 

Le vin et la bière abonda,

Sûr, au refuge de Onda,

Curieux détail ;

 Toutes parquées, dans un enclos,

Les tentes c’était rigolo,

Comme du bétail.

 

Le cœur gros a Vizzavona,

Un groupe nous abandonna ;

Pour Amaury,

Antoine et Guillaume aussi,

Le chemin s’arrêtait ici,

C’était écrit.

 

Il a fallu nous séparer,

De Constantin et de Chloé,

C’est dur parfois,

Au restaurant près de la gare,

On a fêté tous ces départs,

Comme il se doit.

 

Comment pourrais-je censurer,

 Ces lieux que je ne peux citer,

Faute de temps,

Tous ces instants ressuscités,

Que ma mémoire vient susurrer,

A mes tympans.

 

Alors tant pis pour Carrozzu,

Pour le refuge de Manganu,

Di  Paliri,

Et Les bergeries de Ballone,

Où l’omelette était bien bonne,

Et a Prati.

 

Le GR20,  c’est comme un Graal,

Comme une quête ancestrale,

Tu as ta réponse ;

Il  suffit pas de le rêver,

Peu d’élus sont à l’arrivée,

Beaucoup renonce.

 

Pour tout ça je te dis merci,

A la Corse : arrivederci,

Kiki, mon frère ;

Car c’est vraiment un beau cadeau,

Que tu m’as fait, cette rando,

Et j’en suis fier.

 

« Ami ne t’en vas plus si loin,

D’un peu d’aide, j’ai grand besoin,

Quoi qu’il m’advienne,

Je ne sais où va mon chemin,

Mais je marche mieux quand ma main,

Serre la tienne » (Alfred de Musset)

 

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