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Avant-Propos

Dans quelques mois je vais affronter le GR20, en corse, non pas pour le défier lui,  car on dit qu’il est le plus dur d’Europe (50% d’abandon), mais pour me défier moi-même, pour lutter contre mes vieux démons,  pour défier ma peur du vide, ma peur de descendre dans des cailloux, instable, ma peur de descendre tout court, que ce soit en vélo ou en Trail ….

 L’effort en lui-même ne me fait pas peur, c’est l’inconnu qui me fait peur :

L’appréhension du terrain, ma tendinite, l’accumulation de 9 à 12 jours de marche avec un sac à dos de 12 à 15kg, la cohésion du groupe devant la différence de niveaux …. Tout le reste est sans importance car je sais qu’à 51 ans je n’aurais peut-être plus l’occasion de revenir en corse, ou du moins de vivre une telle aventure, car sans Christophe je ne me serai, je n’aurai jamais pu me lancer là-dedans, tout seul.

Pas pour défier le GR20, car en montagne il faut être humble, la moindre erreur d’inattention, le moindre faux pas et c’est la fin de l’aventure,( un peu comme le soldat qui meurt le 1er jour en montant dans le train, « mort pour la France »)….  en fait je crois que ma plus grande peur c’est de ne pas pouvoir aller au bout, pour une seconde d’inattention, un cailloux instable qui roule sous le pied,  et tout bascule, comme en 2012 ou en descendant d’un lac de pêche en Ariège à 1900m d’altitude la cheville était partie une première fois sans gravité au bout de 30mn de descente et une deuxième fois, plus grave à une petite heure de la voiture, obligé de finir avec un bâton, délesté de mon sac à dos par mes compagnons de voyage……

Faire le GR20, pour fuir les vacances faciles, la plage, les boutiques, la plage, la voiture, la plage,  les bouchons du mois d’aout  et encore la plage….. Car faire bronzette m’ennuie, arpenter les marchés et les boutiques de souvenirs m’ennuie …..

Se lever quand le jour dort encore, entendre les tentes s’éveiller une à une, préparer ses affaires méticuleusement, prendre son petit déjeuner en réalisant toute l’importance que revêt celui-ci, un peu comme si c’était le dernier, car lorsque écloront les premiers rayons de soleil, une bonne heure de marche se sera déjà écoulé, et lorsque la morsure du soleil commencera à se faire sentir les forces se seront déjà amenuisées, et les yeux fixés au sol caillouteux nous marcherons, silencieux, en aspirant dans le Camel bak de l’eau chaude  en rêvant à la bière que nous savourerons en arrivant et au frugal repas que nous partagerons en se disant, celle-là, c’est fait ….

Et une fois le calme revenu, la fin de l’étape,  sentir vivre chacun de ses muscles, chacune de ses articulations, se délester du sac à dos, enlever les chaussures, s’étendre dans l’herbe et les pieds dans l’eau, les yeux fermés, se rappeler les bons moments, et les mauvais aussi qu’on aura surmonté puisqu’on est arrivé au refuge …. Avec des gestes ralentis par la fatigue, installer le bivouac en s’aidant mutuellement, faire un brin de toilette, un brin de lessive, prendre le temps de partager un moment avec les gens qui nous accueillent et ceux qui nous entourent, découvrir des trésors cachés, si près et pourtant invisible si l’on ne prend pas le temps, un peu,  de s’éloigner de l’itinéraire balisé  …. Et après un repas plus complet qu’à midi, partir se coucher en sachant qu’on va mal dormir, car c’est pas confortable, car il y aura du bruit, des animaux attirés par l’odeur de la nourriture, parce qu’on aura trop mal aux muscles, parce qu’on sait que l’étape de demain elle est encore plus dure, et qu’en plus il faudra la doubler avec une autre, alors on va se faire et refaire le film dans la tête une bonne partie de la nuit et le lendemain à 5 ou 6h, encore fatigué,  il faudra se lever pour une nouvelle journée, un nouveau défi ….

Je voudrai faire le GR20, car coureur, bouffeur de bitume depuis 1988,baffoué, blessé par une tendinite au talon depuis 2006, j’aurai aimé faire du Trail,(je suis né 20 ans trop tôt, à l’époque il n’y avait que des courses sur route) , et je sais bien que je ne ferai jamais la Diagonale des fous, ni le grand Raid des Pyrénées, ni même le Montcalm, les Templiers, et quand bien même  je pourrais  faire certaines de ces épreuves, en me glissant dans les derniers, en jouant avec les barrières horaires, je ne le ferai pas car ce n’est pas l’image que je me fais de ce sport que l’on appelle le Trail.

Alors ce GR20 de 170km, avec ces 12000 m de D+ et D-, ce sera mon GRP à moi, je n’embêterai aucun bénévole, je le ferai sans dossard,  j’aurai juste mon sac à dos de 12 à 15kg, on le fera pas en 32h comme Peretti, ni en 33h comme Killian, mais on va essayer de faire les 16 étapes en 9 ou 12 jours, il faudra en doubler certaines, on a pas le choix, car 13 jours c’est court, on improvisera selon l’état de fraicheur du groupe, il faudra certains jours marcher 4 ou 5h, et d’autres 10 ou 11h …..

Je ne me considère pas comme un super montagnard, mais j’aime la marche, j’aime bien grimper, j’ai le gout de l’effort, et je pense être suffisamment sportif pour encaisser l’enchainement d’efforts que représente ce type d’épreuve, même si l’inconnue reste la tendinite. Je ne cours que sur du plat, je n’ai pratiqué que quelques randonnées de quelques heures avec 1000m de dénivelé, le reste c’est l’inconnu …… je sais que dans le groupe, il y en a un qui va en chier plus que Christophe et moi, mais il nous permettra de ne pas nous cramer car il faudra se mettre à son niveau, jusqu’à un certain point,  car le temps nous est compté.

 Quand je lis des C.R de GR20, j’ai des frissons à l’idée de ce qui nous attend, j’ai aussi des craintes, des doutes et des incertitudes, mais si je vais au bout, même si on ne le fait pas en mode trail en 40h, en rando-course en 5 jours, je sais que pendant ces 12 jours j’aurai défié pas mal de mes démons, affronté beaucoup de mes craintes et je pense que cela restera comme la plus belle et la plus exigeante expérience physique  que j’aurai vécu à ce jour.

Comment je me suis retrouvé à faire le GR20

 

 

Comment je me suis retrouvé à faire le GR20 ?

 

 

 

Jeudi 4 Août 2016, 10h du matin, Pointe des éboulis (2650m), je marche dans ces putains de cailloux, je fais un pas en avant et j'ai l'impression de faire trois pas en arrière tant les cailloux roulent sous mes chaussures et je me demande ce que je fais là, alors que la plage n'est pas loin, qu'est ce qui a bien pu se passer pour que je me retrouve là avec mon pote, « mon frère », Kiki, Qu'est ce que j'ai fait de mal ?,,,,,,

 

Petit retour en arrière, Août 2015, Valcebollère, Puigmal d'Err (2910m) :

 

kiki : « l'an prochain, on fait le GR20 en Corse »

moi : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

kiki : j'ai fait la partie Nord l'an dernier avec 2 potes, l'an prochain, on fait le GR20 !!

 

il a balançait çà comme on dirait « je vais chercher le pain » ou comme mon pote Pascal me dit depuis 20 ans, si je gagne au Loto, j'emmène tout le monde faire le Marathon de New-York ,,,, le truc qu'on sait qui arrivera jamais ,,,, et puis moi le GR20, j'en avais entendu parler, la Corse, le cirque de la solitude, des morts, des blessés, mais bon je connaissais pas le dossier encore, alors j'ai fait :

« oui, oui, on verra ,,,, c'est loin encore ,,,,,, » , la Corse, pas le sommet du Puigmal, car on y était déjà ,,,,, avec Kiki, les randos c'était sympa, on suivait pas de chemins, on marchait à l'azimut, alors quand les topos annonçaient 6h, nous en mode trail et ultra-léger on mettait un peu plus de 3h et encore moi avec mon Haglund et ma tendinite d'insertion au talon je faisait gaffe, je marchais bien, je trottinais quand je pouvais et j’appréhendais surtout les descentes ,,,,,,

Mais avec Kiki, rien n'était simple, un petit footing de 1h se transformait vite en sortie de 3h, et une rando papa-maman de 6h était pliée en 3h ,,,,,, mais à quel prix ,,,,,, à l'azimut, du hors piste, des voies sans issues au milieu de nulle part, au milieu des rhododendrons ou face à face avec un ruisseau ,,,,, mais bon, 40 ans de course à pied, ça aide un peu ,,,, à Valcebollère, Marie-Jo et son mari, un couple de randonneur à la retraite nous appelait : « les fous » ,,,,, on savait pas profiter du spectacle ,,,,,,,,,,,,, nannnnn ! Qu'il disait Kiki, à 3 ou 6km/h on voit les mêmes choses,,,,,,

Alors en 15 jours à Valcebollère, on s'est fait 5 randos entre 16 et 27km et 1000m de denivellé, en mode light, sans sac à dos, rien qu'un Camel-back, une poche à eau, quelques compotes et barres énergétiques au cas où il faille sauter un repas et passer la nuit dehors ,,,,,,

voilà pour mon expérience de la randonnée ,,,,,,

 

Ah si j'oubliais, un truc super rassurant, en 2010, mon autre « frère », Laurent qui pour mon anniversaire (encore une idée à la con) m'a invité à l'accompagner à la pêche (je suis pas pêcheur, et je vais pas à l'église non plus), à l'étang d'Arain, dans l'Ariège à 1965m d'altitude, comme l'année de ma naissance c'est pour çà que je m'en rappelle ,,,,,, à part le fait qu'on soit parti (à la pêche) sans les cannes (c'est ballot), on s'en est rendu compte au bout de 30km, demi tour,perte de temps ,,,,, perte de temps à St girons pour imprimer une carte de pêche temporaire ,,,,, bref on arrive au refuge juste pour la tombée de la nuit, refuge blindé de monde, c'est l'heure de manger, on sait pas où faire sécher les affaires ,,,,, bref, un bon souvenir des refuges ,,,,,,,

Finalement, je l'avais accompagné tout simplement car en fait j'adore marcher, pourvu que le paysage soit jolie, pourvu qu'il y ait des montagnes, que ça monte un peu, même s'il faut parfois mettre les mains car c'est quand même la montagne un petit peu ,,,,,

bref une montée en fin d'après midi, dans un petit brouillard, la nuit tombante, 3h de marche, chargé comme des mules car les pêcheurs (surtout les 3 autres spécialistes qui nous accompagnaient) ça emmène beaucoup de matos (faut pas les emmener en Corse ,,,,), moi qui aime bien voyager kit main libre, de temps en temps je me retrouvais à porter les affaires d'une chochotte qui avait eu les bras plus gros que le cerveau et les jambes qui une fois décrochées de leur vélo (c'était un cycliste en première catégorie) devenaient aussi inutiles que les 3 épuisettes qu'il avait prise avec lui.(ils ont presque rien chopé en plus)

Le week-end ce passe, les pêcheurs pêchent, le randonneur ,,,, s'ennuie, alors se promène, fais des photos, surtout que côté météo on a été gâté, du grand soleil ,,,,,,

Le dimanche, au moment de repartir, je me dis que je vais faire en redescendant, les photos que j'ai pas pu faire à l'aller ,,,,,, donc tu marches, tu sors l'appareil, tu t'arrêtes : clic clic, tu ranges l'appareil, les autres devant, ils ont fini de pêcher alors ils pensent qu'à rentrer alors ils attendent pas, toi, clic clic, là c'est beau, là c'est joli, re clic clic et les autres ils cavalent, même le cycliste il préfère les descentes que les montées car il est déjà loin devant ,,,,,

et là, première demie heure de descente, c'est le drame ,,,,,, tu veux rattraper, alors tu trottines, tout en rangeant ton petit appareil (photo), et là tu l'as pas vu le cailloux sournois, la cheville qui part, la décharge électrique que tu ramasses ,,,,, je crie, je m'assoit, les autres n'ont pas le choix que de faire demi tour ,,,,, visiblement plus de peur que de mal, ça tire un peu mais ça devrait aller ,,,,,

 

1er avertissement : en montagne, en rando, tu fais une seule chose à la fois !!!!!

 

L'appareil photo restera dans son étui jusqu'à la fin de la marche ,,,,,,, mais bon, c'était pas ma journée car à une demie heure de la voiture, sur un chemin en apparence sans difficultés, je pose le pied sur un cailloux plat, légèrement instable, et là ,,,,, re 220v, terrassé, par terre, impossible de me relever et de prendre appui ,,,,, on enlève la chaussure (des Décathlons, toutes neuves, montantes, achetées pour l'occasion ,,,,,,), mais bon on a pas emmené de scanner avec nous, et on peut pas faire

de radios non plus (on a fait des choix au départ) ,,,, on attend un peu, je remets les chaussures, on me déleste de mon sac à dos (du coup, le boulet c'est moi), je récupère un bâton pour me soulager et je finirai le retour de cette manière, heureusement qu'on était pas loin de la voiture ,,,,,,

 

Voilà pour mon expérience de la randonnée ,,,,,, ah si j'oubliais à 15 ans j'avais fait une colonie de vacances dans l'Ariège et on avait fait le Crabère (2629m) et le pic de Maubermé (2880m), uniquement les enfants volontaires, et ça m'avait beaucoup plu surtout qu'à l'époque je faisais du cross-country et du demi fond donc j'avais la caisse ,,,,,,

 

Voilà pour mon expérience de la randonnée ,,,,,, ah si , je l'avais oublié celle là, en 2014, tout seul, St Lary – Col de Portet (2215m)– Lac de l'Oule , 29km environ, 5h40 et 1626m de d+ en rando-light ,,,,,,,

Voilà, sinon rien d'extraordinaire, alors quand Kiki à dit, l'an prochain on va en Corse avec les filles et on se fait le GR20, j'ai dit « oui, oui » mais en fait je n'y croyais pas trop.

 

Par contre quand au mois de Janvier il a fallu s'occuper de prendre les billets pour Corsica-Ferries, je me suis dit que là on allait pas y échapper et qu'il fallait que j'étudie un peu le dossier car j'aime pas trop partir à l'aventure, surtout avec Kiki ,,,,

Avant - propos au GR20 - Etat d'esprit du gars avant de commencer ......

AccueilDans quelques mois je vais affronter le GR20, en corse, non pas pour le défier lui,  car on dit qu’il est le plus dur d’Europe (50% d’abandon), mais pour me défier moi-même, pour lutter contre mes vieux démons,  pour défier ma peur du vide, ma peur de descendre dans des cailloux, instable, ma peur de descendre tout court, que ce soit en vélo ou en Trail ….

 L’effort en lui-même ne me fait pas peur, c’est l’inconnu qui me fait peur :

L’appréhension du terrain, ma tendinite, l’accumulation de 9 à 12 jours de marche avec un sac à dos de 12 à 15kg, la cohésion du groupe devant la différence de niveaux …. Tout le reste est sans importance car je sais qu’à 51 ans je n’aurais peut-être plus l’occasion de revenir en corse, ou du moins de vivre une telle aventure, car sans Christophe je ne me serai, je n’aurai jamais pu me lancer là-dedans, tout seul.

Pas pour défier le GR20, car en montagne il faut être humble, la moindre erreur d’inattention, le moindre faux pas et c’est la fin de l’aventure,( un peu comme le soldat qui meurt le 1er jour en montant dans le train, « mort pour la France »)….  en fait je crois que ma plus grande peur c’est de ne pas pouvoir aller au bout, pour une seconde d’inattention, un cailloux instable qui roule sous le pied,  et tout bascule, comme en 2012 ou en descendant d’un lac de pêche en Ariège à 1900m d’altitude la cheville était partie une première fois sans gravité au bout de 30mn de descente et une deuxième fois, plus grave à une petite heure de la voiture, obligé de finir avec un bâton, délesté de mon sac à dos par mes compagnons de voyage……

Faire le GR20, pour fuir les vacances faciles, la plage, les boutiques, la plage, la voiture, la plage,  les bouchons du mois d’aout  et encore la plage….. Car faire bronzette m’ennuie, arpenter les marchés et les boutiques de souvenirs m’ennuie …..

Se lever quand le jour dort encore, entendre les tentes s’éveiller une à une, préparer ses affaires méticuleusement, prendre son petit déjeuner en réalisant toute l’importance que revêt celui-ci, un peu comme si c’était le dernier, car lorsque écloront les premiers rayons de soleil, une bonne heure de marche se sera déjà écoulé, et lorsque la morsure du soleil commencera à se faire sentir les forces se seront déjà amenuisées, et les yeux fixés au sol caillouteux nous marcherons, silencieux, en aspirant dans le Camel bak de l’eau chaude  en rêvant à la bière que nous savourerons en arrivant et au frugal repas que nous partagerons en se disant, celle-là, c’est fait ….

Et une fois le calme revenu, la fin de l’étape,  sentir vivre chacun de ses muscles, chacune de ses articulations, se délester du sac à dos, enlever les chaussures, s’étendre dans l’herbe et les pieds dans l’eau, les yeux fermés, se rappeler les bons moments, et les mauvais aussi qu’on aura surmonté puisqu’on est arrivé au refuge …. Avec des gestes ralentis par la fatigue, installer le bivouac en s’aidant mutuellement, faire un brin de toilette, un brin de lessive, prendre le temps de partager un moment avec les gens qui nous accueillent et ceux qui nous entourent, découvrir des trésors cachés, si près et pourtant invisible si l’on ne prend pas le temps, un peu,  de s’éloigner de l’itinéraire balisé  …. Et après un repas plus complet qu’à midi, partir se coucher en sachant qu’on va mal dormir, car c’est pas confortable, car il y aura du bruit, des animaux attirés par l’odeur de la nourriture, parce qu’on aura trop mal aux muscles, parce qu’on sait que l’étape de demain elle est encore plus dure, et qu’en plus il faudra la doubler avec une autre, alors on va se faire et refaire le film dans la tête une bonne partie de la nuit et le lendemain à 5 ou 6h, encore fatigué,  il faudra se lever pour une nouvelle journée, un nouveau défi ….

Je voudrai faire le GR20, car coureur, bouffeur de bitume depuis 1988,baffoué, blessé par une tendinite au talon depuis 2006, j’aurai aimé faire du Trail,(je suis né 20 ans trop tôt, à l’époque il n’y avait que des courses sur route) , et je sais bien que je ne ferai jamais la Diagonale des fous, ni le grand Raid des Pyrénées, ni même le Montcalm, les Templiers, et quand bien même  je pourrais  faire certaines de ces épreuves, en me glissant dans les derniers, en jouant avec les barrières horaires, je ne le ferai pas car ce n’est pas l’image que je me fais de ce sport que l’on appelle le Trail.

Alors ce GR20 de 170km, avec ces 12000 m de D+ et D-, ce sera mon GRP à moi, je n’embêterai aucun bénévole, je le ferai sans dossard,  j’aurai juste mon sac à dos de 12 à 15kg, on le fera pas en 32h comme Peretti, ni en 33h comme Killian, mais on va essayer de faire les 16 étapes en 9 ou 12 jours, il faudra en doubler certaines, on a pas le choix, car 13 jours c’est court, on improvisera selon l’état de fraicheur du groupe, il faudra certains jours marcher 4 ou 5h, et d’autres 10 ou 11h …..

Je ne me considère pas comme un super montagnard, mais j’aime la marche, j’aime bien grimper, j’ai le gout de l’effort, et je pense être suffisamment sportif pour encaisser l’enchainement d’efforts que représente ce type d’épreuve, même si l’inconnue reste la tendinite. Je ne cours que sur du plat, je n’ai pratiqué que quelques randonnées de quelques heures avec 1000m de dénivelé, le reste c’est l’inconnu …… je sais que dans le groupe, il y en a un qui va en chier plus que Christophe et moi, mais il nous permettra de ne pas nous cramer car il faudra se mettre à son niveau, jusqu’à un certain point,  car le temps nous est compté.

 Quand je lis des C.R de GR20, j’ai des frissons à l’idée de ce qui nous attend, j’ai aussi des craintes, des doutes et des incertitudes, mais si je vais au bout, même si on ne le fait pas en mode trail en 40h, en rando-course en 5 jours, je sais que pendant ces 12 jours j’aurai défié pas mal de mes démons, affronté beaucoup de mes craintes et je pense que cela restera comme la plus belle et la plus exigeante expérience physique  que j’aurai vécu à ce jour.