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Mes Randonnées

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Retour en Marathonie

                                      Retour en Marathonie ……

 

Un récit, pensé, écrit et réalisé par Gérard Trémollières …..

Préface : j’écris en préparation de mon Alzheimer, afin de me rappeler de tout ce que j’ai pu faire avant de devenir un légume …..

 

 

Sous prétexte qu’au siècle dernier, il y a 23 ans, c’est-à-dire dans une autre vie à l’échelle de la course à pied, vous avez mis 2h41 sur Marathon et que vous annoncez un quart de siècle plus tard, à 54 ans,  après 10 années de tendinites récalcitrantes, une opération d’un Haglund avec incision à l’arrière du talon, décrochage des tendons, rabotage du sur-os qui irritait le tendon, insertion d’une vis pour raccrocher le tout ….. 8 mois d’interruption totale de course à pied, 4 mois de reprise progressive …. Vous annoncez que vous préparez un marathon en 3h20 soit 4’40 au kilo et 12,8 km/h,  les gens bienveillants qui vous connaissent ont tendance à considérer que vous la jouez petit bras (ou du moins petits mollets) et que c’est « sans problèmes » « facile vu ton niveau » (quel niveau ??) …..

Mais bon, au bout d’un an de Janvier 2018 à Janvier 2019 pour renouer avec la compétition avec quelques trails courts (maxi 26km) : Argeles, Reyniès, Ardus, St Antonin,Mauvezin, Montricoux, St Sardos …. Un 10km de Montauban (fin Aout) a presque 15 km/h en 40’14, un semi Marathon au mois de Mars en 1h32 soit 4’20 au km (13,8km/h) ….. il fallait bien se lancer un défi et se trouver un objectif pour renouer avec la distance reine de la course à pied : le Mare à Thon …..

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Montauban : trop casse-pattes et un mauvais souvenir d’abandon                                                                       Paris, Madrid, Barcelonne : trop cher, trop loin.

Alors tant pis : ALBI, jamais fait, pas trop loin, niveau régional, un circuit avec des avis partagés (roulant, pas trop roulant, casse-patte ….. ça peut pas être pire que Montauban) et puis qu’on soit 500 ou 150 000, l’important c’est de couvrir la distance en un temps donné ….. et finalement à ALBI, on arrive sur la piste du Stadium, comme aux jeux olympiques et pour moi qui suis un enfant de l’athlé , je suis comme Frodon, le Hobbit : l’anneau(olympique) c’est sacré et magique.

Le postulat était le suivant :

Allure 10km = 4’/km = 15km/h

Allure 21km = 4’20/km = 13,8km/h

Allure 42km = 4’40/km = 12,8km/h soit 3h16h54 / 3h20

L’objectif était double : passer sous les 3h20 en maintenant le 4’40 (le fameux CAC40)  le plus longtemps possible et battre ainsi le record de 2016 de Sébastien qui était de 2h19’.

Le plan d’entrainement  se composait de 4 séances hebdomadaires,  3 semaines en progression et une semaine allégée, le tout sur 13 semaines de fin Janvier à fin Avril (28/04/2019)

Volume des semaines entre 60 et 80km soit environ 800 bornes en 3 mois.

Mardi : VMA courte à moyenne, allure 10km à allure Semi de 7 x 600m à 4 x 2000m

Jeudi : 1h en endurance (entre 10 et 11km/h)

Samedi : les gros blocs allure Marathon + allure Semi

Dimanche : la sortie longue à 11km/h -  maxi 2h40 pour 28km

Voilà pour la partie technique du dossier Albi 2019 ; je sais c’est chiant tous ces chiffres mais bon il faut quand même savoir un peu où on met les pieds avant d’enfiler les chaussures.

Après la partie Mathématiques on va aborder la partie Littérature.

Il a fait relativement doux pendant ces trois mois de Février, Mars et Avril qu’a duré la préparation. L’hiver avait renoncé à déposer son blanc manteau et les arbres commençaient à mettre leurs premiers bourgeons signes d’un printemps précoce……

Celle-ci de préparation, avait commencé pas forcement sous les meilleurs auspices (ou hospices) puisque peut avant le début de la préparation j’avais programmé un petit break de 3 semaines, suite à une année de reprise post-opératoire quand bien même assez chargé, (voir plus haut), où les quelques trails (pas assez bien préparés sur le plan dénivelé) m’avait littéralement flingué au niveau des cuisses, et c’est avec une paire d’enclumes à chaque jambe (c’est juste une image …..) que je partais souvent à l’entrainement. Je profitais de ces 3 semaines sans courir à faire un peu de marche avec ma Brigitte et au bout de la 3eme sortie : douleur sournoise, puis persistante, handicapante sur le bord de la voute plantaire du pied gauche ….. Vent de panique car devait succéder à ces 3 semaines de repos, un cycle  de 3 semaines avec reprise progressive de travail de VMA.

Consultation ostéopathe, repos et tentative de reprise progressive, le mélange des trois a fait que la douleur est partie comme elle était venue sans avoir besoin d’aller à Lourdes….. Comme quoi la marche à pied, ce n’est pas forcement bon pour la santé.

 

Pour ce retour au Marathon depuis 2008 (3h16’03 : objectif 3h, partage (verbe partir) en sucette au 30e et  snipper embusqué au 35e km, une balle dans chaque jambe …….) mon partenaire d’entrainement serait Sébastien Bandu, un record en 3h19 de 2016 et motivé comme pas deux pour suivre un plan de warrior officiellement 3h20 et officieusement 3h17 (allures Marathon(*) travaillées 4’40/km)

NDLR : (*) toujours mettre une majuscule à Marathon.

Pour Seb, de 8 ans mon cadet, je suis, comment dirais-je pour pas faire trop prétentieux : un dieu de l’Olympe, une Légende, une science exacte, une référence en Athlétisme ….. tout ça parce qu’à une époque où courir était moins compliqué que maintenant à cause de la diversité (trails et route) et la multitude de distances et de formats de courses, j’ai eu la chance de faire 2h41 au Marathon (à 31 ans) à une époque où mon entrainement consistait  à préparer des courses sur route essentiellement de 10km à 21km et plus tard au bout de 7 ans, tentative sur Marathon en 1995 en 2h46 sous le vent et la pluie pendant 42km dans des conditions Dantesque. (Après avoir accumulé du bagage et gonflé la cylindré du moteur, la fameuse VO2 du coureur ; pour info Gebresslassie avant d’être recordman du monde sur Marathon a commencé par faire du cross et à ensuite pulvérisé tout ce qui pouvait être pulvérisable du 5000m au semi ….)

Globalement, après 7 ans d’athlétisme et de Cross-Country,  de la 6eme (1977) à la Terminale (1983) et de Course sur route de 1988 à 2008, pendant 20 ans mon entrainement consistait la plupart du temps à squatter la piste du stade de rugby de Montech (jusqu’à ce que la mairie ait l’idée géniale d’y batir un terrain de tennis couvert) et d’y  faire entre 40 et 50km par semaine, répartie en 3 sorties :

Le mardi des 400m (en 1’20)ou des 1000m (3’30) sur piste

Le vendredi des 3000m (piste ou route)

Et le dimanche sortie plus ou moins longue selon les objectifs préparés.

Ce n’est pas plus compliqué que ça la course à pied, et en respectant une progressivité dans la vitesse et la durée de l’effort cela m’avait permis de boucler régulièrement les 10km entre 35’50 et 37mn, les semi en 1h18 et mon premier Marathon (1995) en 2h46 (sous le vent et la pluie), le second l’année d’après en 2h41 et un 3eme en 2h47 l’année suivante (surement moins bien préparé que 1996)

 

 

 

Donc pour Seb j’étais son maître Yoda et lui Luke Skywalker , son Paî-Meî et lui Uma Thurman (en moins sexy). Sauf que pour moi 1996 c’était déjà loin, j’avais déjà basculé du côté obscur de la farce avec un marathon « raté » en 2008 (3h16) et deux abandons sur le marathon de Montauban entre 2008 et 2019 (période des tendinites) …. Je n’étais, comme le disait Brel que l’ombre de mon ombre, un has-been et 25 ans plus tard je me considérais plutôt comme un néophyte, qu’une  sommité de la course à pied …. Ça, de la théorie j’en avais plein les logiciels et les plans d’entrainement mais de la pratique sur Marathon et longue distances j’étais loin du palmarès de Seb qui avait déjà cumulé plusieurs Marathons, 100km, 24h, 48h, 6jours, trail de 80 ou 100km ….. Donc s’il y en avait un des deux qui n’était pas serein sur l’aboutissement de ces 3 mois de prépa c’était bien moi, même si Seb rongé par le doute n’arrêtait pas de consulter l’Oracle (je fais aussi office d’Oracle à mes moments perdus) pour savoir si le jour J on allait « avoir les jambes légères » ……

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 durant toute la préparation on les a pas eus souvent les jambes légères …. On a commencé le mardi par des 7 x 600m pour finir en fin de prépa par des 4x2000m …. On a senti au fil des semaines qu’on faisait sauter des verrous, chaque séance était dure et nous faisait appréhender celle de la semaine suivante et pourtant au fil du plan, progressivité et récupération a permis à notre corps de s’adapter à l’effort (et aussi grâce à la potion magique : ¾ d’Hepar, 1/4 raisin, citron, bicarbonate de soude) ……

Pas facile la séance du mardi quand vous n’avez eu que le dimanche après-midi et le lundi pour digérer le bloc samedi-dimanche (de 33 à 52km) surtout à des allures que vous n’êtes plus habitué à travailler (5000m/10.000m), il a fallu souvent tricher un petit peu et se contenter de l’allure 10km même si Sébastien avait lui par contre la capacité de travailler à 3’50/km voire même en dessous ce qui devrait peut-être lui permettre (s’il ne se disperse pas trop) de tenter un plan en 3h15 la prochaine fois ……

La séance du jeudi (maxi 1h10), même si elle était la plus facile sur le papier était en fait celle où les sensations étaient les plus désagréables. Tout comme les footings d’échauffement, courir à 10 ou 11km/h nous était très pénible, car contre nature (par contre en fin de séance cette allure nous convenait parfaitement : on l’appelait d’ailleurs ‘l’allure Millau » celle qu’il faudrait tenir pendant plus de 10heures).

Le vendredi, repos

Le Samedi, la grosse séance musclée …. Les sensations du matin sont beaucoup mieux que courir à 18h après le boulot … nous nous sommes vraiment fait plaisir sur ces sorties-là. De 14 à 26km, on a commencé par des 5x1400m allure semi+, ensuite on a enchainé des blocs de plus en plus longs d’allure42km (trop facile !!+allure21km (moins facile) +allure10km (horrible). Le tout en conditions de course, vers 9h, avec ravitaillement liquide (camel-back) et les premières chaleurs d’avril.

Et le dimanche, la petite sortie longue de 19 jusqu’à 28km et 2h40 à 11km/h …. La première demie heure tu as les jambes qui te rappelle aux souvenirs de la veille et la dernière demie heure que « c’est bon, on a dépassé le marathon en deux jours » et entre les deux tu es dans un moment d’euphorie où courir est un vrai plaisir.

Globalement on n’a pas énormément bornés (comparé à d’autres pour un résultat similaire voire moindre) car sur février on est à 60km par semaine ; sur mars entre 60 et 70km et Avril deux grosses semaines à 80km.Par contre on a fait beaucoup de qualité à allure 42km, Semi et 10km.

Un mois avant au Semi de Montauban, on a été super facile sur les 10 premiers kilomètres, moins facile sur les 10 suivants (le gravier du jardin des plantes, le Tescou, le long du Tarn et la remontée sur le Pont Vieux) on a pris 10 pulsations de plus …. Ce jour-là, sur un terrain et profil comme Montauban on n’aurait pas doublé la distance à 4’40 au kilo et on se consolait en se rassurant qu’à Albi ce serait plus roulant (ce qui est vrai mais pas vraiment …..)

Eh oui Seb, je sais pas si ce dimanche 28 avril on aurait les jambes légère ou pas, mais une semaine avant l’objectif je n’étais pas vraiment confiant, j’avais des sensations de m…… peut-être à cause des footings à 11km/h. les 4x500m du jeudi allure marathon pour se rassurer (que j’ai fait tout seul) je les ai couru trop vite (eh oui t’étais pas là Seb), du coup le samedi j’ai rien fait sinon récupérer le dossard à pied (2 x 2,5km en marchant).

Et maintenant, place à la course !!!!!

Dimanche 28 avril, 7h du matin, j’ai des frissons …..

Debout !! Petit déjeuner « gâteau sport » façon Aubineau avec que des bonnes choses dedans pour un cout de revient dérisoire …. 1 bol de café et une banane.

7h45 – H-1, direction la ligne de départ (2,5km), on a dormi dans un petit studio sympa près de la cathédrale Ste Cécile :

La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est le siège de l'archidiocèse d'Albi, dans le département du Tarn en France. Elle est construite sur un piton rocheux qui domine le Tarn. Deux siècles auront été nécessaires pour son édification, de 1282 à 1480. Et une heure aura suffi à l’Homme  pour détruire Notre Dame de Paris.

L'édifice surprend (si si vraiment) par le contraste entre son allure extérieure austère de forteresse militaire et la richesse picturale et sculpturale de son intérieur. Monument sans égal, elle affirme sa puissance à travers un style typique du Sud-Ouest de la France, le gothique méridional. Son style, unique, est renforcé par sa décoration intérieure. (Source Wikipédia)

Fin de l’interlude …..

En chemin je tombe (sans me faire mal) sur Patrick Sanchez (mon « poulain », je lui ai fourni un plan en 2h50 et il finira 10 ème en 2h46 et record personnel battu …. Un potentiel pour faire moins de 2h40 ….. 1h17 au semi et moins de 36 sur 10km sans vraiment le préparer) …..

Tout le grand boulevard qui servira de rampe de lancement au Marathon est interdit à la circulation, ce matin, les Princes de la ville c’est nous. La fourrière enlève les derniers véhicules qui ont commis l’imprudence de stationner …. Ceux-là ils ne vont pas beaucoup aimer la course à pied ……..

8h passée, je cherche Seb et John qui doit faire le semi …. Je ne trouve personne.  Je file à la consigne, il fait un soleil radieux même si le fond de l’air est un peu frais, j’espère qu’il ne fera pas trop chaud ….. Je me mets en short et en maillot manche courte. Sur le moment je regrette de pas avoir pris le débardeur Errea (pub gratuite, je ne touche rien ….) car j’ai la conviction à ce moment précis qu’il va faire chaud, l’avenir me donnera tort, on aura passé la matinée à jouer à cachecache avec le soleil et les nombreuses parties ombragées.

8h15, toujours personne, je trottine sur le grand boulevard  en faisant des allers-retours cherchant Seb parmi les coureurs qui arrivent de plus en plus nombreux. Les jambes vont bien, je n’ai pas la sensation de grosses cuisses comme lors des footings d’échauffement à l’entrainement, surement l’adrénaline qui commence à faire son petit effet et j’espère en secréter assez pour tenir pendant 3h20 ….

J’aperçois enfin Sébastien et son fils Adrien ….. il a l’air confiant, les jambes vont bien ….. C’est l’heure de vérité qui approche …. On finit de s’échauffer, quelques accélérations sur 50m,  je m’isole un peu car j’aime pas trop parler avant une course comme celle-ci, trop d’enjeu pour moi qui reste sur deux abandons, c’est la première fois depuis 2008 que je termine une prépa Marathon complète.

8h30 …. On se place sur la ligne de départ : au cul des kenyans, juste derrière le sas Elite …. John nous a rejoint, il restera avec nous jusqu’au 13e km après il fera demi-tour comme ceux qui font le semi …. Son objectif faire mieux que Montauban où il avait fait 1h41 en nous suivant jusqu’au 16e km (allure 1h38’30) …. Finalement il battra son record de 2 minutes : nouveau RP : 1h39’25

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8h45 ………. C’est parti ….. Petite boucle en ville, il faut rester concentré : trottoirs, plots, pavés …… autant de pièges à éviter. KM3 on passe devant la cathédrale, la foule est en délire (une trentaine de personne tout au plus) ….. Brigitte est là et nous prend en photo. On quitte le centre-ville pour se diriger vers les zones commerciales, les allées sont plus larges …. On passe les 2 petites descentes du 5e et du 7e, ces deux-là au retour elles feront mal, ce n’est pas beaucoup, c’est 200m chaque fois …..

10e km en 46’45, c’est St Juery et enfin la campagne qui commence, la route est souvent ombragée ….. Le ballon des 3h15 nous a enfin doublés, ça faisait un moment qu’on entendait  la meute se rapprocher pour sonner notre Hallali alors qu’il aurait dû être devant nous depuis le début  ….. Un gars bizarre arrête pas de faire le yoyo avec nous, il court tout en pianotant le nez collé à son portable, un coup devant nous, un coup derrière, ça durera jusqu’au semi, après on ne le reverra plus. Au 13e km on abandonne John à son (triste) sort, on lui fait promettre de ne pas pleurer, il est grand maintenant ….  La course peut enfin commencer, on est entre hommes, entre Marathoniens …. Vers le 16e c’est le 1er tunnel pratiquement 1km ….. Ça fait drôle …. Presque angoissant ….. Le 2eme au 18e km est plus court (350m) …… Au 19e on traverse Fabas, comme par chez nous, il y a une trentaine de personnes qui nous encourage vivement ça fait toujours chaud au cœur….. On passe au semi en 1h38’42, à la 84e place. Je sors ma petite calculette, petite multiplication par 2 temps qu’on est encore lucide : 3h17’24 mais il faudra maintenir l’allure coute que coute si on veut faire le gros contrat on n’a pas droit ne serais ce qu’à la petite baisse de régime : petite équation, il reste 21km et 3 petites côtes de 200m ….c’est chaud bouillant, qui prend les paris ???? Même à l’époque des 2h41 j’avais laissé une petite minute dans le deuxième semi et pourtant je faisais que remonter des places  ….c’est là qu’on va voir si le plan d’entrainement il était bon.

 

Jusqu’au semi on était bien, on les a tous passé entre 4’37 et 4 ’44, sauf les tunnels où l’on ralentissait sans s’en rendre compte (4’58, 4’48 et 4’50), on a compris aussi qu’au 35e, au 37e et 40e km il faudrait serrer les dents pour remonter les descentes de l’aller. Le vent que l’on ne sentait pas franchement favorable à l’aller, au moment du demi-tour au 22e km, ça nous a fait comme si quelqu’un venait d’ouvrir la porte pour faire un courant d’air ….. On a compris qu’au retour on l’aurait plutôt de face ….. Mais bon on a rien lâché et même si les muscles commençaient à devenir durs au fil des kilomètres on a maintenu le cap et l’allure, on  a ramassé 25 cercueils sur le deuxième semi, ça évite de sombrer dans l’ennui et c’est toujours motivant.

On s’est encouragé mutuellement, Seb a eu un petit coup de mou vers le 25e mais ça n’a pas duré, le contre coup du demi-tour peut être où il avait accéléré sans s’en rendre compte (4’31).  Les 3 petits tapets du 35e (4’48), 38e (4’39) et 40e km (4’50), c’est pas méchant mais chaque fois c’est +8m de dénivelé sur 250m, si t’es cramé ça finit par t’exploser les guiboles ; mais là non plus on n’a pas lâché le morceau, on a raccourci la foulée, on a augmenté la cadence et c’est passé ….. Au ravitaillement du 36e, petit vent de panique à la table des ravitos personnel, la bouteille du dossard 182 avait disparue, je m’arrête, je cherche …. Rien ….. Quelqu’un avait dû se planter (mon œil oui, il m’a tiré ma potion magique) ….  Du coup je passe à côté, au ravito officiel, je m’envoie un Perrier ou je ne sais quoi de salé et un coca et je repars à la poursuite de Seb  qui ne m’a pas attendu (10 secondes de perdues sur ce kilo d’après Garmin) ….. Si je compare nos kilos du 36e au 39e kilo :

Le 36e (celui du ravito maudit) lui : 4’36 moi : 4’47

Le 37e, lui : 4’38 moi 4’34 ; le 38e lui : 4’48 moi : 4’39 et le 39e lui : 4’39 moi : 4’37 soit un trou de 15 secondes à boucher sur 3km …. C’est là que tu te dis, le plan il n’était pas si mauvais que ça …… dans ces moment-là tu repenses aux 10 mn allure semi (4’20) que tu te tapais après 2 x25mn allure Marathon (récup 1mn) …..

 

Le 42e kilomètre sur le grand boulevard on l’a torché en 4’34 mais dans la douleur, on est  arrivé sur le grand stade, il restait 300m à faire, j’ai dit à Seb de pas m’attendre mais il était aussi carbonisé que moi, on voulait allonger mais les jambes voulaient plus, elles avaient fait le travail comme un bon équipier, on a demandé alors au cerveau de prendre le relais. À 150m de l’arrivée j’ai vu le chrono 3h16 et des brouettes j’ai encore essayé de remotiver Seb pour passer sous les 3h17 mais je voyais bien qu’il restait toujours 2 secondes devant moi ….. Quand je revois la vidéo de l’arrivée on est plus grimaçant que souriant ….. On avait rempli le grand contrat : 3h17’16 pour Seb, record battu de 2 minutes, c’est pas beaucoup mais les minutes sont chères sur Marathon…. On s’est même payé le luxe d’un négative split de …. 5 secondes !!!!!

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Vers le 12e kilomètre quand le ballon des 3h15 nous a doublé (alors qu’il aurait dû être devant nous depuis le début), la connerie m’avait effleuré de vouloir le suivre mais quand je l’ai vu s’éloigner (assez vite) pour rattraper son retard, je suis vite rentré dans le rang, le chrono oscillait toujours entre 4’40/4’41 de moyenne générale ….. S’il y avait du temps à grappiller ce serait après les 3 bosses …. Sur un circuit sans vent et plat je pense qu’on aurait pu finir  pas mal de kilo en 4’30 …. Mais bon, avec des Si …….

Sur le plan cardio, il y a 3 zones distinctes :

Du 1er au 16e FC133 à 143

Du 16e au 35e FC143/153 (le stress des tunnels peut être, puis le demi-tour dans le vent)

Et du 35e à l’arrivée : FC153/161 ; les 3 bosses (FC158/159) et le final (1200m en 4’34 de moyenne, FC161)

 

 

 

« Voilà, c’est fini, Ne sois jamais amer, reste toujours sincère T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu….. » (J.L Aubert).

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 Tout à une fin (sauf le saucisson qui en a deux). On nous a passé la médaille d’or autour du cou, on s’est congratulé mutuellement, j’ai pas battu mon record de 2008 mais c’était vraiment pas l’objectif ; on m’aurait dit dès le départ 3h17, je signais de suite …. J’ai fait 800 bornes en 3 mois avec un mec sympa, je suis allé au bout de la prépa …. La semaine où j’avais les crèves, ça tombait pour le semi de Caussade (5eme semaine de prépa). On avait prévu de le faire allure Marathon, du coup on l’a fait en mode sortie longue (rallongée à 2h)  à 11km/h. Le mardi j’ai fait les 5 x 1000m allure 10km au lieu de 5km et à 9h j’étais au lit… j’ai fait sauter le footing du jeudi comme ça j’ai eu mercredi, jeudi et vendredi pour bien me reposer ….. Je me suis soigné avec des solutions salées nasale et quelques Doliprane et je sais que chaque fois j’en ai pour 10 jours, c’est le tarif minimum …. Je sais aussi qu’il faut plus que je touche aux Rhinadvyl, Ibuprofène et compagnie qui m’avait déclenchée comme des déchirures dans le mollet par deux fois dans le passé (si quelqu’un a une explication à me donner)

Maintenant place au repos tout le mois de mai, une sortie le dimanche matin (en un mois j’aurai fait à peine une semaine basse de la prépa Marathon) et après on refera un cycle de reprise en juin avec un rappel BCG/VMA car l’objectif principal de la saison 2019 reste les 100km de Millau au mois de septembre.

La première étape de la fusée c’était de mener à son terme une prépa Marathon pendant 3 mois. Passer de 3 à 4 séances hebdomadaire et jusqu’à 80km certaines semaines. La deuxième étape c’était de boucler le Marathon en 3h20 pour caresser l’espoir (ou effleurer) d’entreprendre (j’ai pas dit réussir) une prépa Millau objectif 10h pendant 3 mois, à partir de Juillet sur 5 sorties hebdomadaires ……

Mais au fait …………… pourquoi Millau ? La réponse se trouve ici…….100 km de Millau

                                     

                                      ------- Mai 2019 ----


 [GT1]

100 km de Millau

Pourquoi MILLAU (porque mio ?)

Par Gérard TREMOLLIERES

100 km de MILLAU : Défi sportif ou simple épreuve chronométrée ?

 

 

 

Lorsque j’ai suivi en vélo, mon ami Patrick Lecoq en 2014,(35e en 9h39), c’était la première fois que je mettais les roues et le nez et pas encore les pieds dans les 100km de Millau et dans ce qu’on appelle communément le « grand fond », (une version pédestre du Grand Bleu en quelque sorte mais sur du bitume, car pour ce qui est de toucher le fond, il parait que Millau c’est pas mal (les 100 bornes j’entends par là, j’ai rien contre Millau, je n’ai pas l’intention de me mettre la population Milanaise (lol), Millavoise à dos, j’adore Millau, d’ailleurs ça ne tiendrait qu’à moi, j’habiterais Millau)  : Bref, le grand fond : les longues distances, le fond de soi-même, toucher le fond (être en totale déperdition), les abysses de la souffrance ….).

En 2014 et ce depuis 2007, j’étais victime de tendinites (fallait bien payer l’addition un jour) à répétition (qui s’avérèrent être en fait un Haglund) et je basculais souvent en cours de saison de la course à pied vers le vélo et « vice et versa » (Indochine, version les Inconnus), ce qui fait qu’entre le mois de Mars et le mois de septembre j’avais cumulé pas mal de sorties en VTT sur route, (avec les bon gros pneus) de 50km, 60km, 80km et même 100km et aussi avec mon pote Stéphane un St Médard en Jales-Lacanau-Biarritz soit 200km en 1jour et demi. Donc suivre un gars, qui plus est sympa (puisque c’est un ami) pendant 100 bornes à 10 km/h ça devait pas poser de problèmes à mes petites fesses délicates, même avec un Btwin de gonzesse à cause d’un panier récalcitrant, inadaptable sur mon Orbéa (il faut bien s’adapter, à défaut de l’adapter(le panier)).

Patrick habitait Toulon à l’époque, il se chargerait d’organiser son propre entrainement, je m’occuperais de l’intendance et je commençais rapidement à chercher des pistes pour le ravitaillement.

Il avait fait le Marathon de Marseille au mois de mars en 3h13, et plus tard, quand j’ai commencé à étudier le dossier, je suis tombé sur le Théorème de Jesépaki, qui dit :

MILLAU = Marathon X 3 (à condition de faire la bonne prépa, pardi, sinon ce serait trop facile, banane ….) il le (con) fit d’oie (dans le nez), en 9H39 : (3h13 x 3 pour les cancres) …. Si c’est pas a kind of magic de Millau çà …….

Moi de mon côté, je mets tout en œuvre pour que mon séjour à ses basques soit du plus agréable : je m’assure que mon vélo soit des plus silencieux, genre éviter les couic-couic à chaque tour de pédales :

Nbre de tour de pédalier / Km x 2 jambes = 975.6098 x2 = 1951,21 par km, soit pour 100km : 195 122 couic couic !!!! (Théorème de Gilou, FSA) de quoi rendre dingue le Dalai (Serge) Lama ou le plus stoïque des stoïciens (Zénon ou Sénèque au choix), Patrick sait de quoi je parle : (CF Pascal – Marathon Figeac – 1996). Je potasse en long et en large des comptes rendu et des forums sur Millau, et je tombe inexorablement entre autres sur les famous CR d’Hervé (Louanges à toi, seigneur Jésus …. Non, on avait dit pas la religion …..) je synthétise tout ça dans le cerveau qui me sert de shaker (ou l’inverse) et je lui propose l’option ravito suivante :

1L par heure (il fera chaud encore cette année-là) soit 10 bidons pour OBJECTIF : 10H

5 bidons de coca cola coupé 50/50 avec de l’eau et 5 bidons de : CALOREEN de Nestlé, beaucoup moins cher et tout aussi efficace que les boissons énergétiques que l’on trouve dans le commerce ….. Quelques senzus piqués à DBZ lors de la dernière baston, quelques barres, et quelques gels …. Pour le solide ce sera selon l’envie sur le parcours c’est pas ce qui manque et même du très bon et du très calorique, quand je vous dis que cette région a du bon …. (Tiens, penser un jour à le faire à la marche en 20h en rando-gastronomique vers la 70aine ….

 

A l’allure de Patrick, vous êtes dans la catégorie de coureur où à partir du 42e rugissant vous vous retrouvez seul, face à vous-même à vous demander forcement à un moment donné ce que vous faites là un samedi soir, au lieu de regarder Michel Drucker à la TV, alors qu’il y a des sports plus faciles (le full contact, la boxe thaï ….) et des épreuves moins longues (le 50m en salle). J’ai vécu avec lui l’euphorie (c’est bon l’œuf au riz) du départ, lorsqu’au 7e km quand les cyclistes sont autorisés à suivre leur coureur, j’ai vu le mien arriver beaucoup plus tôt que prévu sur le tableau de marche que l’on s’était plus ou moins fixé (10km/h) ; grosse engueulade, il s’énerve, moi aussi, on se bat, je lui pètes les 2 guibolles et du coup il abandonne …. Non c’est pas vrai ; je me dis dans mon for intérieur « ouah chaud bouillant le Trikou …. » après, maintenant avec le recul que je peux avoir sur cette épreuve (c’est-à-dire aucun), avec tous les récits et témoignages que j’ai pu lire, on peut pas faire Millau à allure régulière, et même si on vaut 10h on sait pertinemment qu’on ne pourra pas être toujours à 6’ au kilo dans les portions montantes, surtout au retour de St Affrique. Donc à un moment donné il faudra être à 11km/h, (voire plus) c’est ce qui s’est passé sur le premier Marathon passé en 3h28 !!! (Ah oui, quand même, soit plus de 12km/h).

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Il commençait à faire chaud dans les tee-shirts, dans le Millau quand on est ressorti de la susnommée pour attaquer la première grosse bosse, celle du viaduc, Patrick buvait régulièrement (10 litres au 100 pour rappel), je le laissais courir à son rythme, je l’encourageais de temps en temps (plus vite fainéant), avec Patrick pas besoin de trop long discours …. Ça change tout dedans, ça change tout autour ….. (une chanson sur laquelle je travaille). On a passé St Geoges de Luzençon, je n’ai pas de souvenirs particuliers du faux plat qui nous amenait vers St Rome de Cernon. On a attaqué la côte de Tiergues, Patrick avale de la pente comme une actrice de films de c…

« Non, stp, ne fais pas ça, c’est pas beau …. »

Il avale de la pente comme une actrice de films de Audiard ou de Frédéric Dard ingurgiterait de beaux dialogues.

« C’est mieux. »…..

Patrick déroulait sa gamme (do ré mi facile, assidu) il connaissait l’épreuve il l’avait faite plusieurs fois dans les années 90 en : 8h30, C’était juste un come-back 25 ans après…. Une saison 2 en quelque sorte…..

Là où les choses se sont un peu gâtées (3 fois rien, vous inquiétez pas), c’est dans la descente sur St Affrique (km 66) lorsqu’un cri me sorti de ma léthargie (putain, merde Patrick, je dormais ….)

. Crampes dans les 2 mollets, impossible de courir, obligé de marcher DANS LES DESCENTES. L’Ami me dit qu’il ne pourra pas avancer plus vite que ça, soit l’équivalent d’une personne tellement lente qu’elle avancerait moins vite que l’espace-temps dans lequel nous sommes. En d’autres termes, si nous avancions à ce rythme, nous remonterions dans le passé et là ça ne nous arrangeait pas vraiment. Quand la pente se fait plus douce (6%) Patrick alterne petit trot et marche …. Je le regarde, il me regarde, on se fait pouêt-pouêt, je le questionne du regard ….  « On verra à St Affrique » me dit-il d’un air pas-thétique mais presque

Je m’en doutais, mais là c’est concret!

Ça fait vraiment chier !, mais vraiment, vraiment chier. !!

C’est un peu comme si tu savais la mort inéluctable d’un de tes personnages préférés de ta série favorite, que tu l’attendais, la redoutais, avec un soupçon d’espoir malgré tout et qu’elle arrivait. T’es amer, dégoûté.

Et bah moi, je suis pareil. Comment te dire? Je dois juste accepter cette fatalité. La dernière fois c’était dans Prison Break quand Michael Scofield on croit qu’il est mort …. Ou dans Tintin au Tibet juste avant que Milou il le retrouve ….. pas Scofield, Tintin.

Ok.

Purée, quelle journée! Quelle fin de journée! (il n’était pas loin de 17h)

 

La décision n’appartient qu’à lui … on arrive malgré tout à St Affrique en 6h30 soit les 30km (2h44) en 5’28/km (11km/h) je le perds de vue le temps que je retrouve Brigitte (mon épouse), Sandrine (sa sienne), refaire le plein en bidons à la voiture pour le retour et me ravitailler en même temps ….. J’ai dû perdre une petite dizaine de minutes, pendant ce temps aucune nouvelle de Patrick : s’était-il arrêté pour se faire masser dans la salle ? Était-il parti au stade faire une série de 5 x 1000m ? Avait-il abandonné sentant que la douleur n’aurait fait qu’amplifier ? Je ne le savais ni. C’est dans l’incertitude la plus totale que j’affrontais le raidard de la rue du lion d’or à la poursuite de mon coureur livré à lui-même dans la campagne Affricaine (elle est pas mal celle-là) ….. et que je l’ai trouvé longue cette côte de 7km, où les coureurs se croisent en s’encourageant (d’un regard pour les plus cuits) en se tapant dans les mains (pour les plus vaillants), égrenant un à un les coureurs disséminés tout le long de la pente, cherchant au loin la silhouette familière de mon ami, seul sous sa casquette et le soleil avec sa douleur et plus les secondes passaient et plus je me disais que c’était fouttu, que j’avais dû le louper, ou pire, qu’en fait il avait abandonné, et qu’il était en train de se morfondre dans la salle des fêtes de St Affrique….. Ou bien, pour me rassurer je pensais que si éventuellement il était devant c’est qu’il allait mieux ….. On ne peut pas s’imaginer le temps qu’il faut pour rattraper en vélo, un gars parti 10mn avant vous, qui court à 9km/h surtout dans une côte, moi je devais être à peine à 12km/h dans la côte de Tiergues …. Je devais récupérer environ 2mn à chaque km, soit pour 10mn à rattraper environ 5km, plus la distance qu’il continue à parcourir ….

 

 

Mais tout à coup ! C’est mon Ami. Il est là!

Il s’est motivé, soudainement.

Discrètement, il s’est pris deux ou trois rails de motivation.

Non! Son mental en sécrète naturellement et abondamment, tu peux me croire.

Ce type aurait pu se motiver à se taper contre des Vélociraptors dans Jurassic park à la place d’attendre le T-Rex.

Nous nous regardons (c’est une image), marchons l’un vers l’autre (sauf que moi en fait je pédale) mais pas lui qui continue (à courir) dans son sens, il court pas à l’envers pour pas voir que ça monte ; Il n’y a pas de musique tendre genre shabada bada, mais une douceur palpable, comme des retrouvailles après des années d’absence ou après un événement marquant. Il est là vivant, mal en point, mais là et vivant!

« Ouf! » Tout le monde crie en cœur…

Je dois avoir récupéré mon Patrick, pratiquement en haut de la côte, avant le ravitaillement du 78e km, je pense que des deux je devais être le plus content, rassuré que j’étais par l’ascension qu’il venait de faire (par contre il a dû avoir soif dans la côte car en 2014 il faisait encore chaud à 17h30)….. visiblement les côtes ce n’était pas le problème, il suffisait d’assurer dans les descentes …. Les 30 derniers km furent parcourus en 3h10 soit 6’20/km et 9,47km/h ….. à ce moment-là même tes ongles de pied te semblent lourds ; Patrick avait très bien négocié son 100km mais on avait eu chaud dans tous les sens du terme. Ce matin, il avait enfilé son costume de gagnant, made in motivation, cousu en mental, doublure anti-abandon…. Et ses Pegasus avaient des ailes comme le cheval de la mythologie …..

Jean-Jacques Goldman disait qu’il y a des douleurs qui ne pleurent qu’à l’intérieur, je pense qu’il y a aussi des bonheurs qui n’explosent qu’à l’intérieur

 

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Ça m’avait bien plu cette journée au soleil (d’ailleurs c’était l’année de Duel au Soleil, mais version Hervé Seitz, Daho, c’était en 1986) j’avais toujours rêvé (mais pas le niveau pour) de partir dans des grands raids extrêmes style GRP, Diagonale des Fous, Raid Cathare, bref tous ces trucs de malades mais en mode rando-active en jouant avec les barrières horaires , juste histoire de passer un jour et une nuit à la belle étoile, en prendre pleins les yeux et accessoirement souffrir un petit peu quand même, bref ça m’avait donné un peu envie de le faire, genre le style : « tiens je ferai bien Millau » ; comme on dit :  « tiens j’irai bien chez le coiffeur », sans grande conviction, car du côté capilicole y’a plus vraiment grand-chose à faire, mais c’est pas là le sujet (et comme disait Desproges : « A force de s’écarter du sujet, on est pas prêt de repeupler la France).

 

De cette aventure j’avais gardé la triste amertume d’avoir loupé quelque chose. trop focalisé à alimenter et à suivre mon Patrick de coureur, je ne m’étais pas senti imprégné de toute cette ferveur que l’on ne peut ressentir que lorsqu’on est plongé dans l’action du moment, sentir l’humidité qui tombe, la clarté qui baisse faisant place à la nuit et à son silence, la farandole des Petzl ces farfadets qui comme des éphémères se consument (la pile en même temps que le coureur) d’avoir vécu trop intensément ce moment … j’aurai aimé prendre plus de photos, aller d’un groupe à un autre jusque tard dans la nuit, surprendre une conversation entre deux amis qui se rappellent leurs souvenirs passés, une femme qui encourage son champion de mari alors que c’est elle qui est en train de réaliser un exploit dont elle ne se serait jamais crue capable, le frou-frou du vent à travers les roues et ce silence qui s’installe et s’intensifie jusqu’à devenir assourdissant au fur et à mesure que s’accroit la douleur….

Je cours depuis l’âge de 12 ans, depuis 1977 l’année de mon passage en 6e où j’ai découvert le cross-country et l’athlé jusqu’en terminale, puis l’armée, le service militaire (1983-1984) ont eu raison de ma passion et fini par me dégouter de la C.A.P, …. De ces années passées, nulles trace, aucun chrono, des années fantômes, des cross invisibles, des 800 m, des 1200 m des 2000 m sans temps de passage, sans chiffre ….. Si j’étais mytho je me demanderais même si tout ça avait existé ailleurs que dans ma tête. Car à l’époque, je courais sans montre et sans amorti (les premières NIKE AIR n’existaient pas encore, on courait en Palladium ou en Noel) je m’en foutais, je ne notais rien (contrairement à aujourd’hui) je me contentais de courir, j’adorais la rigueur de l’entrainement, sur piste, autour des terrains de cross, évaluer la progression en places gagnées (remplacé plus tard par le chrono et les secondes, les minutes gagnées) pour échapper à un ordinaire, très ordinaire, à des week-ends ennuyants et ennuyeux.

Inutile de vous dire qu’à cette époque (1977), Ce siècle n’avait pas 2 ans, Bellocq( bientôt) percerait sous Cottereau qui l’avait déjà gagné 4 fois et Millau avait déjà 5ans et je ne le savais pas …. La course sur route était en pleine fronde avec la FFA et je l’ignorais totalement, la terre tournait sur elle-même autour du soleil, la lune tournait autour de la terre (je crois que c’est cà), moi je tournais autour de la piste sablée avec ma belle paire de pointes Adidas bleues.

Il a fallu attendre 1988 pour que je me remette à la course à pied mais ça c’est une autre histoire.(liens)

 

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En 2014, Je ne connaissais pas encore les récits épiques d’ Hervé Seitz, et si je n’avais pas eu un gout prononcé pour la (bonne) littérature (si, si, j’insiste), jamais je ne serai parvenu au bout de ces petits chef d’œuvre de compte rendu qu’il nous concocte chaque année avec ces liens qui nous expédient dans toutes les directions, dans d’autres pays, dans l’intimité de son entrainement et qui ont fini par me donner l’envie («  l’envie d’avoir envie … ». Comme le disait feu le poète) de participer à cette course mythique, la Mecque du 100km, the place to be ….. N’en rajoutez plus, la soupe est pleine.

Et chaque année, depuis 2014, immanquablement, à l’approche des 100km de Millau, je vais me promener sur le site officiel, je lis les forums, je m’imprègne de votre sueur, de vos doutes, de vos joies, de vos espoirs, je regarde vos séances, je cherche des similitudes, je m’imprime des plans d’entrainement que je ne ferai pas, et le jour J je suis la course en pointillé sur internet et l’épreuve finie, j’attends avec impatience vos C.R, et surtout le (tien) vôtre Mr (Hervé) Seitz et là, à ce moment précis, début octobre, je sais qu’un jour elle sera mienne, je ferai les 100km de Millau, je démystifierai le Mythe, j’affronterais la Légende et à grand coup de Pegasus dans sa p…….. de tronche ….. Saperlipopette, voilà t’y pas que je m’emballe un peu trop. En fait je ferai comme tout le monde : je me chierai dessus (amis de la poésie, âmes et narines sensibles ….. passez votre chemin, Millau ne sent pas que le camphre, il sent aussi le soufre et la souffrance).

Lorsqu’on désire un truc (un objet, ou parfois même sa voisine de palier), la seule solution pour se rendre compte qu’en fait on n’en avait pas tant envie que ça consiste à se l’accaparer, ou plus honnêtement se l’acheter (pour la voisine on dira plutôt se la payer). Et lorsqu’on chope un virus, la seule solution miracle, c’est le vaccin ….. et que met-on dans le vaccin …. Sinon un peu de la maladie, donc pour me guérir de cette obsession de Millau …. J’allais faire Millau ….. au pire j’allais en chier à me dégouter de le refaire, au mieux ça allait (pas trop mal) bien se passer et bon, ça c’était fait, on pourrait passer à autre chose, en attendant l’an prochain ….. de le refaire ….. Puisque forcement l’objectif d’une marque ou d’un record, c’est de l’améliorer. Et puis Millau c’est comme chez les Ch’tis, tu pleures deux fois : la première quand tu le fais et la seconde quand c’est fini, quand le grand vide s’installe après un moment de préparation et de sacrifice aussi intense.

 

 

Mais alors, bon sang de moi-même !!, m’exclamais je : cruel dilemme, Cornélien !! : MILLAU : course bien sûr ou pas course du tout (race of course or not race at all) Comment apprivoiser cette épreuve qui n’est pas une course comme les autres :

Ce n’est pas un marathon, c’est 2 fois et demie le marathon, mais comme ce n’est pas plat, c’est 3 fois le marathon.

C’est un 100km, ce pourrait être plat pour faciliter la tâche du coureur dans la gestion de son allure, tant à l’entrainement (et c’est un vrai casse-tête) que le jour de la course (et c’est un vrai casse-jambes) mais comme c’est Millau il faut que ce soit mieux qu’un 100km, il faut qu’il y ait du dénivelé et pas des moindres 1300m en positif et autant en négatif.

Quand tu vois la côte du Viaduc ou celle de Tiergues tu as l’impression que ça va monter jusqu’au soleil tellement il fait chaud, tellement c’est haut !! Tu te prends pour Icare, et alors prends garde de te laisser aveugler …. ce que tu as monté et bien tu vas le redescendre plus tard, et ce que tu as descendu à l’aller, tu le remonteras au retour, comme ça tout le monde est content, à St Rome, St Georges et St Affrique (pas très catholique cette histoire avec tous ces saints et les 2f à St Affrique, n’est-ce pas Gabriel !! …….. ils te voient passer deux fois (une première fois à peu près présentable et deux ou trois, quatre, cinq heures plus tard, un peu moins présentable (penser à emmener mon slip aussi au pressing …. La palombière.)………….. Et ce p…..de dénivelé qui te suce les forces comme une grosse ….. STOP, c’est trop imagé, on a compris.

Ce pourrait être un trail long, mais c’est sur route donc il y a moins le côté aléatoire et hasardeux du terrain ce qui permet d’estimer une allure et une fourchette raisonnable de vitesse à suivre sans jamais être sûr de la tenir jusqu’au bout, c’est déjà dur sur un Marathon de suivre son rythme, combien ont subi la sanction du sniper embusqué au 30e km ….. Combien se sont déjà consumé à petit feu sur le premier Marathon des 100km de Millau ? le temps volé au début se rend au quintuple à la fin du parcours.

Oh ! Combien de coureurs, sur cette épreuve reine,

Qui sont partis joyeux sur cette course lointaine,

Dans ces côtes abruptes se sont évanouis !

Combien ont abandonné, dure et triste infortune !

Dans une douleur sans nom, par une nuit sans lune,

Sous l'aveugle bitume à jamais enfouis ! (Océano Nox (1840) - Victor Go ! Go ! Ou à peu près)

Comment appréhender cette course de Légende ? Comme je l’ai fait en 2016 lorsque je me suis lancé dans le GR20 en Corse, en rando et en 10 jours avec mon ami Christophe (Avant-Propos.) Avec humilité, sans être sûr d’aller au bout, sachant très bien que tout pouvait s’arrêter à n’importe quel moment : une entorse, le corps qui dit stop, le mental qui voudrait mais les jambes qui refusent, puis le mental qui renonce à son tour …. La peur aussi, car j’ai eu peur par deux fois sur le GR et au départ d’un lendemain qui aurait pu être le dernier, pour l’étape qui remplace celle du cirque de la Solitude, j’ai eu des idées d’abandon …. Heureusement qu’ils ont fermé le cirque de la solitude ……

Millau, comme sur le GR, tout peut se dérégler à n’importe quel moment, quand je lis dans vos C.R, que même les Hervé, les Gabriel, les Jérôme, les Mickael …. Souffrent, marchent, doutent, vomissent …. Comment ne pas douter de soi-même, au palmarès si modeste, à la préparation si fragile ? comment ne pas tomber de son piédestal, non pas pour s’envoler vers la victoire comme le coureur de J.M de Heredia mais pour se vautrer le nez dans la poussière d’avoir voulu gravir une marche trop haute, un Everest de prétention pour un petit coureur présomptueux .Mais quand je lis encore dans vos récits qu’ils finissent toujours (souvent) par être plus forts que leurs doutes et leurs douleurs, (mais combien abandonne aussi et parmi les 20-25%, des Jérôme, des Dominique, des Sophie, …) alors je me dis que l’espoir aussi minime soit-il peut-être permis MAIS qu’il faudra un (E)mental plus fort (que le Roquefort) que celui qui est le mien aujourd’hui. Il faudra se faire une injection de titane pour avoir un mental d’acier.

 

5

 

Et si ce n’était après tout qu’une épreuve comme les autres, juste un peu plus longue, une équation mathématique à résoudre mais avec plein d’inconnues qu’il va falloir déceler, gérer, apprivoiser …. Des douleurs qu’il va falloir canaliser et non pas subir (faire comme Gabriel : si tu as mal aux jambes, détournes la douleur et frappes toi la tête contre un pylône (y en a plein au viaduc)

Un 10km en 40mn = un semi en 1h30 = un Marathon en 3h20 et X3 = MILLAU !!! Ce serait si simple, faire Millau en 10h, 6mn au kilo, super facile ça à gérer, 6mn au kilo !!!!! Je ne sais même- pas courir à 6mn au kilo !!!! Il va falloir que j’apprenne à courir à 10km/h du moins au début, car je sais qu’au fil des kilomètre ma vitesse déclinera au rythme du soleil …. 9km/h dans le faux plat de St Rome, 8km/h dans la côte du Viaduc, 7km/h dans la côte de Tiergues, 6km/h en sortant de St Affrique …. Et là, toute histoire de chrono deviendra anecdotique…… un gars a dit : « courir un km, c’est rien, courir 100km c’est 100 fois rien …. », faut voir ….. Zatopek disait : « si tu veux courir, cours un km, si tu veux changer ta vie, cours un marathon », mais alors si tu cours 100km ? tu changes l’humanité ? tu redeviens en tout cas plus humain, tu te réappropries ton corps à travers les sensations que tu éprouves : douleur, peur, joie, crainte …. Comment te décrire après coup, dans mon compte rendu, une douleur qui est déjà du passé et que l’on ne pourrait retranscrire honnêtement qu’au moment présent et à condition d’arriver à mettre des mots sur des maux.

J’ai souvent entendu des Marathoniens, des coureurs de 100km , des trailers et ultra-trailers, faire le récit de leurs épreuves. (c’est un obstétricien qui raconte et qui fait le parallèle entre une femme qui accouche et un coureur)

Toutes, tous ont plus ou moins souffert. Certains nous font si puissamment revivre « l’horreur » de cet instant, que l’on a l’impression de vivre ce moment avec eux, de ressentir leurs douleurs.

Mais la description qu’ils en font, les images qu’ils emploient, leurs mots même, respirent un je ne sais quoi d’artificiel qui me dérange et dont je me suis toujours démarqué comme si je flairais quelque duperie sur la marchandise, une certaine exagération, une tendance à rendre exceptionnel un évènement tout au plus….. remarquable.

Or il me semble maintenant comprendre, chose ahurissante depuis mon premier marathon « foiré » de 2008, la cause de ce décalage depuis que j’ai établi par le plus grand des hasards le parallélisme entre ma difficulté à décrire ce que j’ai moi-même souffert en courant et ce que tous ces coureurs me racontaient.

Il n’est pas facile de décrire une douleur dans la mesure où celle-ci n’est pas visuelle. La douleur est un concept de l’esprit, on ne peut pas la matérialiser, on ne peut pas la mesurer, on peut l’évaluer peut être sur une échelle de 1 à 10 mais elle sera différente selon les personnes et sa faculté à la supporter. Ce serait un peu comme demander à un aveugle de naissance de vous décrire un arbre vert ….. c’est quoi le vert …. C’est quoi pour lui un tronc …. Ça veut dire quoi horizontal et vertical ?

J’ai compris qu’une douleur se vit sur l’instant et s’oublie aussitôt.

Oh certes point jusqu’à l’amnésie. Elle flottera toujours sous la forme d’une vague trace ancrée au cœur de la mémoire, que l’on grime, que l’on transforme à sa guise et dont l’esprit peut se jouer. Alors on se souvient bien sûr d’avoir souffert, intellectuellement parlant, aussi se met on intarissable à en causer jusqu’à devenir crédible si l’on est bon acteur.

Mais le corps, lui, a oublié le vrai feu des mollets qui brulent, la brutalité du macadam où s’empile des milliers de fois le corps épuisé ….. il ne sait plus dire, il ne se rappelle plus comment c’était, il ne peut plus revivre cela. Les neurones n’ont qu’une mémoire de neurone.

Seul l’esprit racoleur, à la manière d’un journaliste friand de merde, décrit et détaille encore, jusqu’à la nausée ce que le corps à commis la sottise de lui confier en un instant de faiblesse.

La douleur est passée. La réside notre force et nous pousse à recommencer.

Et l’on dit alors que le corps se souvient, ce qui nous permet peut être de nous adapter, de mieux le passer, mieux le supporter la fois suivante, car comme on le dit : tout ce qui ne tue pas rend plus fort.

J’ai appris à me méfier de ces récits d’après course que l’on se raconte à nous et aux autres pour rendre extraordinaire voire épique une épreuve ordinaire passée à souffrir car pas assez bien préparé : qu’y a-t’ il de glorieux dans le fait d’être inconscient ? FINISHER !!!! Je l’ai fait !!!!, oui c’est bien, si tu l’as fait c’est que tu pouvais, parfois on a l’impression dès qu’on sort un tant soit peu de sa zone de confort, qu’on a accompli un EXPLOIT, alors qu’en fait on a juste fait le truc ….. mais si vraiment on s’était donné les moyens de se faire mal à l’entrainement alors que oui peut être on aurait accompli un petit exploit. Des fois dans ces cas là pour me motiver je pense à tous ces handicapés, ces victimes d’accidents ou de maladie que tu croises inconsciemment le long d’une épreuve, comme des fantômes …. Tu marches, tu souffres dans cette côte ….. mais si tu savais combien il aimerait ressentir ne serais ce que le dixième de ce que tu ressens. Combien tout simplement il aimerait être là, avec toi, un dossard sur le torse …..

 

 

 

Alors, peut être que ce dernier samedi de Septembre 2019, je prendrais le départ des 100km déjà un peu trop fatigué de l’avoir parcouru, imaginé, maintes et maintes fois ….. en rêve.

 

 

 

Novembre 2018

GR20 ....... Avec le recul ........ Etape N°1

Une fois le GR20 terminé, plusieurs mois après que reste il comme souvenirs ? En gros je me souviens d’avoir beaucoup marché, d’avoir beaucoup transpiré, d’avoir mangé à ma faim, d’avoir pu boire quand j’avais soif même si parfois l’eau était un peu tiède. D’être agréablement surpris par la présence d’une source sur certaines étapes (avant d’arriver à Onda, avant d’arriver à Matalza). D’avoir fait le plein à des ruisseaux même si c’est pas prudent, mais l’eau fraiche c’est tellement meilleur. D’avoir bu pas mal de Piétra ou de Colomba, d’avoir souffert en permanence de la brûlure des ampoules qui s’étaient salement creusées, le regret de pas avoir traversé de villages, de pas avoir vu des vrais gens, l’impression de n’avoir fait « que passer » même si on a échangé quelques mots sympathiques à chaque refuge : bergeries d’u Vallone où l’omelette était bien bonne, Manganu où le platas de nouilles étaient le bienvenu , Onda (ou la bière abonda)et Jean-Do, (ah sacré Jean-Do et ses lasagnes aux broccu) Prati où la serveuse était sympa, le pichet de vin était bien bon, Matalza où le gardien nous a parlé football et nous a dit tout le bien qu’il pensait de l’âne Pogba et de la manière dont il s’était fait arnaqué en signant son contrat ….

Je me souviens de journées rythmées sur un même tempo, lever à 5 ou 6h selon les étapes, évacuation de mes affaires hors de la tente par-dessus la tête à Kiki pendant qu’il en profitait pour enfin bien dormir pendant 30mn (il parait que je ronfle), petit déjeuner, sac à dos, enfilage douloureux des chaussures (ampoules), pipi, caca (pratiquement tous les jours), remplissage des gourdes, le départ, muscles engourdis, parfois ça grimpe d’entrée, j’ai chaud, je suis trop habillé, une heure après, j’ai bien fait de garder la veste, j’ai frais, je bois régulièrement, après chaque gros obstacle on s’arrête, des groupes se forment et se reforment pour quelques instant, tout le monde trouve dur, impressionnant par endroits, dangereux pour ma part, on mange un bout, on contemple, c’est grandiose, on sait pas qui a fait le tableau mais c’est un chef d’œuvre, les proportions sont énormes, nous tout minuscule au milieu de cette grandeur, il y a de quoi être fier quand on habite là-bas, et puis on repart …..

Les 4 premiers jours, on ne double pas d’étape alors au plus tard à 13h on a terminé, ça laisse le temps de bien récupérer. La première chose, c’est enlever le sac à dos et les chaussures et boire une bonne Pietra de 50cl et celle-là elle a le même gout que lorsque tu as fait des bétonnières toute l’après-midi en plein cagnard. Ensuite c’est payer son emplacement et marquer son territoire (non, on fait pas pipi) avec les affaires, on monte la tente et après on mange un bout quand même. Le reste de l’après-midi c’est lessive et sieste, on connait pas grand monde encore, depuis 4 jours que l’on se suit on commence à voir des têtes connues : Romain, Harry, Chloé, Conan, Mathilde et Antoine, Christian, Antoine et Guillaume ….. d’autres que l’on ne verra plus : l’allemande, le couple de retraités de Grenoble, les 2 jeunes de Lyon ….. Selon le flux la douche c’est quand on peut. 8 fois sur 10, elle sera froide, sans confort, une pointe en guise de porte manteau parfois. Au pire il y en a qu’une, au mieux on en a eu trois. Il faut parfois attendre 1/2h, jamais plus, en 10 jours j’aurai fait l’impasse qu’une fois à Prati, j’étais trop crevé je suis parti me coucher sans me laver, on avait bien mangé et bien bu ce soir-là…. Les toilettes, c’est pas pire que dans Trainspotting, c’est à la turc ou bien toilettes sèches, dans l’ensemble j’ai trouvé propre… Après tu soignes les petits bobos, tu ranges tes affaires, tu prépares pour le lendemain, vers 19h tu remanges et à 21h30 tu es au lit. En fait tu fais rien d’extraordinaire, tu vis au ralenti toute la journée, quand ça monte, quand ça descend, arrivé au refuge, tu as mal aux pieds, aux ampoules, alors tu te traines …. Mais une chose qui te laisse pas indiffèrent c’est le décor grandiose qui t’entoure, t’oppresse même parfois, cette sensation de liberté, d’être loin de tout mais plus proche des gens avec qui tu parles, de n’avoir rien et de ne manquer de rien, de rien faire mais de ne pas t’ennuyer….

 

 

Le premier jour c’était un peu bizarre :

Lundi 1er Aout Calenzana (275m) – Refuge d 'Ortu d'i u Piobbu (1520m) - D+ 1360m – environ 12km7h15 – 13h20 (6h avec les pauses : 4x15mn) – topo guide : 6h30Sac à dos : 16kg + 2 litres d'eau.

On était avec Gilles, Kiki, Hugo (17ans) et Léo (15ans), la journée avait en fait commencé vers 2h du matin où on avait failli mettre le feu au camping à Calvi. En pleine nuit, Brigitte (mon épouse) aperçoit des flammes à travers la toile de tente ….. moment de panique, tout le monde s’affole et sort dehors sauf Kiki qui croyait que c’était l’heure de se lever et qui préparait son sac à dos tranquillement. En fait le vent qui s’était levé dans la nuit, avait fait tombé le rouleau de papier essuie-tout de l’arbre, il avait roulé jusqu’au serpentin anti-moustiques qui finissait de se consumer et avait fini par embraser la bobine, juste sous la table de camping qui commençait à chauffer sérieusement … après avoir rassuré les quelques badauds qui s’était levé pour assister au drame auquel nous avions échappé nous sommes repartis nous coucher …..

Réveil 5h, tout le monde se réveille à son rythme, on déjeune ; Les ados comme d’habitude mangent pratiquement rien, on part juste pour une petite promenade de santé sur le GR20 avec 1300m de dénivelé positif pour la première étape ….. j’ai lu sur des forums que cette étape était une des plus dures, parce qu’elle était quand même assez longue (12km environ), toute en montée, vers la fin on commençait déjà à mettre les mains, à escalader parfois, il y avait cette fameuse tranchée où je les ai vu tous arrivé, un par un, assez éprouvé et Hugo et Léo s’allonger sous un arbre, à l’ombre, après s’être débarrassé de leur sac à dos.

J’ai le souvenir d’un début d’étape chaotique, les filles nous avaient laissé à 7h du matin devant l’église de Calenzanna, on avait fait quelques photos, j’ai mis mes 18kg sur le dos je n’ai pu me résigner à renoncer à certaines affaires, tout me semblait indispensable, on a fait des bisous-bisous, on s’est donné rendez-vous dans dix ans, même lieu, même place ….. non, ça c’est un texte sur lequel je travaille, on était gonflé à bloc et d’entrée : impossible de trouver cette fameuse source au point de départ (Sant Antone,) c’est avec juste une gourde (y avait pas de filles avec nous ?!?!) que j’ai attaqué le GR20 et j’étais pas trop de bonne humeur, à l’idée de mourir de soif dès la première étape….. ¾ d’heure plus tard, il fallait pas le louper le petit filet d’eau qui traversait le chemin, surement la fontaine d’Ortiventi,( si ça s’est une fontaine, je me demande comment sont les sources) on a tous fait le plein, il était à peine 8h environ, il commençait déjà à faire chaud, on a croisé Romain pour la première fois à la source, je m’en souvenait pas, il devait y avoir Harry surement aussi ?

On est monté, monté, au début c’était vert, il y avait des petits sapins, tout le monde était de bonne humeur et joyeux, et puis on a commencé à voir au loin les montagnes, c’est devenu rocailleux, on a atteint Bocca u Saltu à 1250m, on avait pris déjà 1000m de D+ et il y a eu ce premier passage de chaîne, en rappel, un petit passage de rien du tout, à peine 3 mètres, où je me suis vautré comme une m……. les mains glissantes, incapable de me pencher en arrière, je me suis laissé glisser le long de la chaîne en m’éraflant les jambes au passage, on était un petit groupe à cet endroit-là, certains qu’on avait rattrapé et d’autres qui nous avait rattrapé à leur tour et là je me suis dit que ce n’était qu’un début et que j’avais pas fini de me vautrer.

Gilou, souffrait en silence et nous a même fait une petite frayeur, il avait mal aux genoux et avait ressenti comme une décharge électrique, on a eu peur qu’il se soit claqué …. On est arrivé tant bien que mal au col Bocca à U Bazzichellu (1486m), derrière nous on voit encore Calvi, les plages, la mer, les parasols ….. oh oui, oh oui, fouette moi encore maîtresse …… mais Hervé Vilar avait raison Calvi, c’était fini, et comme je disais aux enfants en montrant mon crane : c’est Calvi ici (calvitie) …. On a de l’humour sur le GR …..

Les premières sensations désagréables, signes prémonitoires aux premières ampoules ont fait leur apparition, côté arrière talon gauche. Les Salomon en taille 42 c’était un poil trop grand et le laçage rapide c’est bien, mais c’est lâche (ah le traître !), ça lâche en fait, ça ne tient pas et il faut en permanence se tirer sur la ficelle (hummmmm) pour avoir un bon maintien de la chaussure, mais une fois que le mal est fait, le mâle à mal, j’ai du mal à trouver les mots pour vous décrire mes maux ….. bref on verrait cela plus tard, arrivé au refuge, lequel refuge on apercevait en face de nous, si près et pourtant si loin pour l’avoir lu et relu sur les forums, un immense fossé nous séparait nous deux, moi et ma fatigue, lui et sa quiétude. j’ai pensé un instant qu’on pourrait se la jouer à l’azimut avec Kiki comme autrefois, mais je me suis souvenu ….. le GR, les hélicos, des blessés …..

Vers la fin de l’étape, juste avant le refuge, il a fallu sacrement mettre les mains, juste avant la montée finale dans la tranchée aride, il était 13h20, on avait mis 6 heures en s’arrêtant plusieurs fois, le topo guide annonçait 6h30, pour un bizutage on s’en sortait bien mais on se sentait pas l’âme d’un guerrier Jedi encore pour doubler les étapes, nos forces s’étaient obscurcies et on était plus dans la farce obscure et pour certains c’était bien la guerre des étoiles …… sans aucun respect pour le matériel on s’est débarrassé de nos armures qu’on a jeté à nos pieds vaincus et on est allé quêté le Graal, en l’occurrence une bonne PIETRA de 50cl (les jeunes ont pris du Coca ou du Ice-tea, faut pas déconner avec les mineurs), la première d’une longue série. On est allé payer notre taxe de séjour, j’ai réservé un petit déjeuner pour le lendemain , on s’est fait baiser pour l’emplacement comme des néophytes, on a pris ceux qui nous tombaient sous la main, 200m en contrebas, loin du refuge, de la source et des sanitaires mais face au coucher de soleil, modeste ce soir-là de par la disposition des montagnes. Il faisait trop chaud encore pour planter la tente, on est allé s’allonger à l’ombre sous des arbres, Kiki à sorti le pain de mie, les sardines, le pavé de jambon (bref il a commencé à s’alléger) personne parlait de repartir, ni même de demain, le temps s’était comme arrêté, comme notre horloge mécanique des petits ressorts s’étaient cassés. Tout le monde s’est allongé, tout le monde à dormi, sauf moi, j’ai toujours l’impression que des fourmis me galopent dessus, que des mouches se posent sur moi, je les regarde tous les 4, le repos des guerriers.

Vers 18h on a planté la tente, on a occulté le sujet à savoir ce qui se passerait demain, c’était la première fois que je la sortais de l’emballage, on n’a pas trop galéré avec Gilou. Kiki et les enfants sont un peu plus hauts que nous. On sent la fraicheur qui commence à arriver un peu, je me décide à aller à la douche, ça tombe bien, il y en a qu’une ça m’évite un pluriel, par contre il y a bien des gens qui attendent, 4 personnes devant moi, une petite heure mais ça passe vite, l’eau est froide on ne s’attarde pas, on va à l’essentiel. Derrière moi un groupe parti à 8h ce matin est arrivé vers 16h, visiblement chacun son rythme sur le GR …… étirements tout en parlant, l’ampoule n’est qu’au stade 1,(20watt), il y a encore la peau mais je sais que là j’en ai pour 10 jours, le mal est fait, la bête est en moi. C’est mon tour, la douche est froide mais pas glaciale comme à certains refuges que l’on rencontrera. Mais elle est froide, tu te savonnes vigoureusement, le savon d’Alep ne mousse pas beaucoup, le rinçage n’en sera que plus rapide et je ressors avec la sensation d’être enfin propre et légèrement revigoré, c’est le premier round et je ne suis pas K.O, un peu égratigné aux jambes et une belle ampoule, si je m’incline ce sera aux points, avec les honneurs.

En sortant j’en profite pour faire la lessive de toutes les affaires que j’ai porté aujourd’hui, ça fait quand même un paquet de linge à étendre….. « Ça s’est vrai ça » ….. crie la mère Denis au lavoir d’en face …. Je rejoins les autres, visiblement petite discussion, je crois que Hugo et Léo vont arrêter le GR, demain ils prendront la liaison pour Bonifatu (2h30 de descente) et appelleront les filles pour les récupérer, ce sont des ados mais ils sont débrouillards. L’ambiance est morose, je n’ose pas trop demander à Gilles ce qu’il compte faire, on occulte le sujet. Il en a chié aujourd’hui mais demain sera un autre jour, une nuit de repos il pourra repartir, mais pourra il finir l’étape, car demain le final s’annonce terrible une descente d’une heure dans un pierrier interminable, j’ai peur pour son genou, il en a pris que deux et la promenade du début d’aujourd’hui c’est fini…. Je sors le Ricard de ma poche à miel, (une astuce pêchée sur le net) on se fait un petit apéro dinatoire avec les provisions de Kiki qui du coup vont devenir abondantes, car plutôt que de parier sur l’échec, Kiki avait misé sur la réussite des enfants à accomplir le GR et éviter surtout d’acheter trop de bouffe à des prix prohibitifs….sardines, gros saucissons, gros pavés de jambons de pays, au moins 8kg de bouffe et son sac à dos est moins lourd que le mien, sa tente fait 1 kg et lui ne s’embarrasse pas de superflu, technologie, pharmacie, frontale, tapis de sol ……

La nuit tombe petit à petit sur le refuge d’Ortu di Piobbu, il y a un petit vent et pas d’humidité le linge devrait pouvoir sécher durant la nuit. Derniers rayons de soleil, je ne sais pas trop quoi dire à Gilou et ce n’est que la première fois que je couche avec lui, on dit qu’il ne faut pas coucher dès le premier soir …..Nous pénétrons ….. dans la tente, la Colombus à deux portes, elle est assez spacieuse, mais bon elle fait 3 kg, avec mes 18kg et l’eau par moments c’était à l’arraché que je m’extirpais des cailloux, la tente en position basse quand il faut descendre parfois sur le cul, ça frotte, déjà que le sac à dos est haut par sa forme …. J’ai du mal à dormir, mais j’ai toujours l’impression de mal dormir en camping, toujours la sensation désagréable de bestioles qui me galopent sur le corps, le corps qui me démange …… je vois toutes les heures, à côté de moi, je ne sais pas si Gilou dort, s’il pense à demain, s’il a déjà pris une décision …… 2h du matin, 3h ….. enfin 6h, il faut se lever, c’est comme une délivrance …….

Mon Hymne à la Corse et son GR20 (Spécial dédicace à Kiki et au team Amaury 2k16)

Sur l'air de : "A mon frère revenant d'Italie" interprété par Georges Brassens

 

Alors mon frère, tu te souviens,  

De ce pays dont on revient,

Comme dans un rêve ;

De ce GR, numéro vingt,

Qui coule en nous comme ce vin,

Comme  la sève.

 

Ce fil d’Ariane rocailleux,

Qu’il ne faut pas perdre des yeux,

Parait troublant ;

Rend le périple périlleux,

Si tu t’écartes en ces lieux,

Du rouge et blanc.

 

Te souviens-tu , Calenzanna ,

Ce long chemin qui nous mena,

Tes fils et Gilles ;

Dans la chaleur, vers les hauteurs,

Vers ce refuge salvateur,

Loin de la ville.

 

Mais on ne m’avait pas menti,

De la fontaine d’Ortiventi,

On voit Calvi ;

Et Au col de Bazzichellu,

Tous les récits que j’avais lus,

Hier, prenaient vie.

 

Tu les a vu tous ces refuges,

Nichés au milieu du déluge,

Dans la rocaille,

Il en fallut de la sueur,

Et parfois surmonter sa peur,

Sa foi, sans faille.

 

Te souviens-tu des bergeries,

Où l’on a bu, où l’on a ri,

La bonne bière ;

Et quelques heures auparavant,

Là-haut balayé par le vent,

C’était des pierres.

 

Et ces refuges comme des césures,

Eux qui rythmaient notre aventure,

Comme une prose ;

Comme une cassure en bout de rime,

Lorsque l’étape atteint les cimes,

Comme une pause.

 

Carrozzu, Onda (ou )Manganu,

Comme des mirages bienvenus,

Inaccessibles ;

Comme des petits écrins magiques,

Et Parfois même un peu rustiques,

Ou bien horribles.

 

Tu les a vu ces monts venteux,

Tous ces cirques majestueux,

Aux noms si rudes,

Ces Bocca, ce Monte Cinto,

Qui nous ont  fait monter si haut,

En altitude.

 

Et de ces arbres squelettiques,

Comme des monstres faméliques,

Comme de glace,

Blanchis, desséchés par le temps,

Penchés, déformés par le vent,

Figés sur place.

 

Tu t’es baigné dans le Golu,

Le Viru et Manganellu,

Moi j’ai pas pû ;

La passerelle de Tola,

Et dans le Punta Pinzuta,

Là-bas non plus.

 

Te souviens-tu de ces sourires,

Echangés parfois sans rien dire,

Comme des mercis,

Et de tes rires parfois moqueurs,

Devant mes excès de lenteur,

Mon inertie.

 

Tu l’as vu quoi qu’on en dise,

Cette terreur qui paralyse,

Ma peur du vide,

Tu m’as tenu parfois la main,

Et Tu m’as ouvert le chemin,

T’étais mon guide.

 

Certains matins la peur au ventre,

Je me disais, pourvu qu’on rentre,

Tous sain et sauf,

Si ton étoile ici s’éteint,

Tu peux prier sois en certain,

Ton Saint Christophe.

 

Sur ces passages millimétrés,

Où nul écart n’est toléré,

Parfois tu songes,

Que si la mort pour ton malheur,

Décide que pour toi c’est l’heure,

Alors tu plonges.

 

Ainsi gambadait mes pensées,

Les premiers jours de l’odyssée,

Je m’y revoie ;

Prenant sur moi, dans ces moments,

 Il était là pour  dire comment,

Ouvrait la voie.

 

Tu te souviens de Constantin

De Romain et de Sébastien,

Et d’Aristide,

 Antoine, Aurélien, et Chloé,

Guillaume, Christian, Amaury et,

Aussi Mathilde.

 

On partageait ce GR20,

Avec eux on a bu ce vin,

Qui nous enivre ;

Ils sont chacun comme une feuille,

Comme une page qu’on effeuille,

Dans le grand livre.

 

Tu te souviens de ce cadeau,

Onda,  refuge de Jean-Do,

Cette tablée ;

On était seize, ça fait beaucoup,

Autour des lasagnes au broccui,(brocciou)

Tous rassemblés.

 

Le vin et la bière abonda,

Sûr, au refuge de Onda,

Curieux détail ;

 Toutes parquées, dans un enclos,

Les tentes c’était rigolo,

Comme du bétail.

 

Le cœur gros a Vizzavona,

Un groupe nous abandonna ;

Pour Amaury,

Antoine et Guillaume aussi,

Le chemin s’arrêtait ici,

C’était écrit.

 

Il a fallu nous séparer,

De Constantin et de Chloé,

C’est dur parfois,

Au restaurant près de la gare,

On a fêté tous ces départs,

Comme il se doit.

 

Comment pourrais-je censurer,

 Ces lieux que je ne peux citer,

Faute de temps,

Tous ces instants ressuscités,

Que ma mémoire vient susurrer,

A mes tympans.

 

Alors tant pis pour Carrozzu,

Pour le refuge de Manganu,

Di  Paliri,

Et Les bergeries de Ballone,

Où l’omelette était bien bonne,

Et a Prati.

 

Le GR20,  c’est comme un Graal,

Comme une quête ancestrale,

Tu as ta réponse ;

Il  suffit pas de le rêver,

Peu d’élus sont à l’arrivée,

Beaucoup renonce.

 

Pour tout ça je te dis merci,

A la Corse : arrivederci,

Kiki, mon frère ;

Car c’est vraiment un beau cadeau,

Que tu m’as fait, cette rando,

Et j’en suis fier.

 

« Ami ne t’en vas plus si loin,

D’un peu d’aide, j’ai grand besoin,

Quoi qu’il m’advienne,

Je ne sais où va mon chemin,

Mais je marche mieux quand ma main,

Serre la tienne » (Alfred de Musset)

4eme partie de la Genèse

Epilogue :

Jeudi 28 juillet 2016, j’ai étalé par terre dans la salle à manger tout ce que je compte emmener sur le GR, ce qui me semble indispensable :

  • Le sac à dos(1,3kg), le pack avant (0,215g), le duvet (0,900gr), le tapis de sol (0,400), la tente (3,3kg) total :6,2kg

  • 3 slips (j’ai bien fait il a fallu que j’en prête un à Kiki), 3 paires chaussettes, 1 short léger, 1 pantalon convertible short (jamais servi en pantalon, on a eu du cul, à part un jour gris, que du beau temps), 2 tee-shirt de marche, 1veste imperméable (il la faut car même en été il fait frais et le soir avec la fatigue on est bien dedans), 1 veste légère, 1 cuissard long,1 tee shirt compression (pour faire ressortir mes abdos),1 tee shirt pour le soir manche longue, 1 bonnet, 1 chapeau rando (pour avoir l’air con), 1 maillot de bain (au cas où), chaussures légères, 1 serviette microfibre : le tout : 3kg

  • Appareil photo (plus de 900 photos) + câbles divers, batterie photo, chargeur batterie photo, chargeur externe (540g à lui tout seul), téléphone, frontale, caméra (pas servi et je le regrette, mais trop compliqué déjà de marcher, alors avec la caméra sur la tête, à chercher les boutons, dommage) :1,2kg

  • Barres céréales, gels, lait concentré, fruits secs : 3,3kg

  • Tout le reste : purificateur d’eau(1 tablette), spray anti-moustiques, pansements divers, huile de massage Arnica, 1 tube gel silicium organique, crème pieds, doliprane 1000 et anti inflammatoires, cordelettes 2 x 5ml,10 pinces à linge, gamelle, gobelet, couverts, couteau, PQ (Harry, tu me dois un rouleau), 1 mouchoir tissu, sacs congélations (protection électronique),3 sacs poubelles, colle néoprène, carnet et crayon, lacets de rechange, savon alep, petit dentifrice et mini brosse à dent, carte vitale, carte identité, argent liquide (500 euros pour 12 jours initial)), sifflet, couverture de survie, bâtons de marche (jamais servi, abandonné à Asco, j’y reviendrais plus tard)…..4kg.

  • Je renonce à prendre mon radio réveil, de toutes façons je dors mal en montagne, mon MP3 avec l’intégrale de Clash, j’écouterai le gazouillis des oiseaux et le glou-glou des rivières, ma robe de chambre car les matinées sont fraiches mais celle que j’ai est un peu défraichie.

Je bourre mon sac, merde ça rentre pas, c’est un 50l mais c’est pas de l’eau qui j’y met c’est des kilos ; la tente, plutôt en haut ?, plutôt en bas ? Finalement ce sera en bas car il y a un jeu de lanières pour l’accrocher et je veux garder le haut du sac accessible pour les fringues, le plus lourd au fond du sac ….. Les bâtons, ils rentrent pas, je vide tout, je recommence ….. si tous les jours c’est comme ça je vais pouvoir me lever à 4h tous les matins …… là c’est mieux mais ces p……. de bâtons ils rentrent toujours pas, tant pis je les accrocherai au sac à dos, la poche à eau, je la mets où ? dans le sac elle sera complètement compressée, je bidouille un système pour la suspendre au sac à dos et pouvoir la défaire rapidement pour faire le plein (par contre j’ai pas intérêt d’accrocher des rochers ou des buissons épineux) …. Bon, c’est pas trop mal, le sac à dos à pas mal d’ouvertures, je pourrai attraper les objets sans avoir tout à sortir chaque fois ……. Je monte sur la balance, à vide, juste mes habits : 64kg (ah quand même …. T’as pas un peu grossi toi ?? ….. Euh, moi, non ….. ), Je mets le sac à dos, ouah !!! Ah oui ….. J’accroche le pack-avant et je remonte sur la balance : 81 kgs !!!! je suis pas dans la merde, 17kgs et sans l’eau (2litres + 1 gourde de 1l) …. Pour les randos de prépa on était à 13kg TTC ça allait à peu près pour des sorties de 4h de marche …… je regarde ce que je peux enlever, tout me parait indispensable …. La tente, c’est pour moi et Gilles mais il vaut mieux que je la porte car de son côté il a l’air chargé aussi (son sac, pas lui) et autant économiser ses cervicales si on veut tous arriver au bout. Donc tant pis, je prends tout on verra à Calvi.

Là où je me dis qu’on est pas dans la mouise c’est quand je pense qu’on part à 4, dans une 308, pour camper, qu’il va falloir mettre dans le coffre, mon sac, celui de Gilles, les affaires des filles et un peu de matos de camping genre toile de tente, matelas, tables, et divers ustensiles, que de son côté Kiki ils sont aussi 4 avec la même problématique ….. On a remplis la voiture le jeudi soir, façon Tétris, on a récupéré Céline et Gilles le vendredi matin et on a fini de la bourrer ( la voiture, pas Céline), on en avait partout (des affaires), on savait plus où les foutres, même sous les pieds (pas du foutre, des affaires, mais non, on a pas bourré Céline) ….mais bon, tout est rentré ….. On a pris l’autoroute, on a fait le premier tiers à 100km/h de moyenne et le reste à 80km/h à cause d’un incident technique, une prise d’air, un carter de protection sous moteur qui menaçait de se décrocher et qu’on entendait taper dès qu’on dépassait les 90km/h ….. Le trajet fut long, plus long que prévu.

On est arrivé à Golfe Juan en fin d’après-midi, on est passé chez Norauto qui nous ont gracieusement et dans l’heure rafistolé le carter avec des Rilsans …..(merci à eux !), le samedi matin on a fait un micmac pour faire passer la voiture de kiki avec la nôtre sur le ferries, car Kiki avait l’anniversaire du beauf le samedi soir à Cannes et devait nous rejoindre le dimanche, MAIS, les billets ayant été pris à l’avance (en janvier, pour ceux qui ont suivis depuis le début) sa voiture A SON NOM, devait embarquer impérativement le samedi, mais sans lui à bord, qui plus est les billets sont pris avec le nom et prénoms des passagers, du coup, Gilles passager de 308 se retrouvait conducteur de Kangoo au nom de Kiki …… j’ai cru un instant que la Corse, c’était fini, je crois pas que j’y retournerai un jour …….

Finalement on est arrivé à Calvi dans l’après-midi, quand le bateau s’est approché des côtes, mon regard était déjà vers ces montagnes que je voyais en vrai pour la première fois et mes pensées gambadaient déjà de refuge en refuge, un peu comme les petits lapins dans Blanche Neige ou Bambi ; il me tardait lundi matin pour pouvoir enfin en découdre …..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3eme partie de

Comment je me suis retrouvé à faire le GR20 – (3eme partie)

 

Gilou, il faut vous expliquer un peu… c’est Alan Garner dans « Very Bad Trip », c’est le gars quand il est avec toi, tu sens qu’il va t’arriver un truc pas forcement positif, plutôt négatif …… genre embrouilles, emmerdes, ecchymoses, ennuis plein de truc en e, mais e négatif (électron négatif en fait, même pas neutron ….) alors que Kiki , c’est pareil : tu sens qu’avec lui ça va partir en live aussi à un moment donné, mais tu sais qu’en fin de compte, même trois jours après, ça va bien se terminer ….. Mais bon parfois trois jours c’est long pour un mec comme moi qui aime bien la tranquillité, alors 10 jours et sur le GR20, le plus dur d’Europe, le plus dangereux …… bon ça va, t’exagères pas un peu là …..

Gilou, c’est un gars qui te dit qu’il était super sportif …… il y a 20 ans ou dans une autre vie je ne sais plus. Aujourd’hui il fait du foot,( il supporte l’OM et ça demande beaucoup de courage, de ténacité et plein de qualités humaines qui peuvent servir sur le GR), et il voyage beaucoup, il fait du surf…… sur internet. Une fois par an il fait une compétition genre Color Me Rad, ou Frappadingue …… bref l’homme de la situation pour nous corser le GR20 ….. (T’as vu le jeu de mot ?)

L’an dernier il nous avait suivi 30mn sur une randonnée à Valcebollère avant de nous abandonner pour continuer « à mon rythme » ; désolé Gilou on n’était pas encore chaud …….

Après Kiki il est comme moi, c’est pas comme l’éducation nationale, on n’est pas pour le nivellement par le bas ….. Les profs qui doivent se mettre au niveau des cancres, la société qui doit assister les plus faibles et décourager les autres. A une autre époque, on appelait ça la sélection naturelle, s’adapter ou disparaitre, c’était plus simple.

« L’esprit de gagne, la fameuse “power patate”, est d’ailleurs l’une des bêtes noires de nos élites, qui ont trouvé moyen, pour garder quelques longueurs d’avance afin de perdurer au-delà du monde qu’ils ont définitivement pourri, de niveler les enfants dès leur plus jeune âge. C’est la grande invention de la fin du vingtième, le coup de génie de politiciens démagogues et juste soucieux de la seule préservation de leur espèce décadente toutes familles (politiques) confondues que de tuer dans l'œuf, c’est à dire dès la maternelle, toute velléité d’être meilleur que l’autre en institutionnalisant un système de protection infaillible à l’avantage des plus faibles, sorte de “guerre des étoiles” contre l’intelligence et l’esprit fin, contre le potentiel quel qu’il soit, physique ou intellectuel, et plus généralement contre l’esprit d’en découdre. Egalité des chances donc, à tous les étages.

Nos gosses ont bien retenu l’essentiel : l’équilibre consiste, nouvelles règles du jeu à l’appui, à tout attendre des autres et rien de soi-même. D’où ce mélange de langueurs et de désespérance dans le regard d’enfants qui se sentent floués, trahis, parce que rien ne tombe dans leur main mollement ouverte, ni de l’état providence, ni du monde où ils vivent, ni de leurs parents qu’ils en viennent à trouver indignes. (ed histoire sur courirlemonde.org) »

Bref Gilou, je l’ai briefé, plusieurs mois à l’avance, je lui ai dit : « va sur les forums, sur les sites du GR20, sur youtube (pas youporn) voir des vidéos, imprègnes toi du truc un peu car c’est costaud quand même comme trek ….. il y a beaucoup d’abandons, il y a des chutes mortelles, des abandons physique et psychologiques et puis des abandons à la vie, des morts aussi parfois, c’est pas le truc à prendre à la légère quand même. »

Kiki lui c’est pas la peine de lui dire tout ça car c’est un impulsif, un bourrin de première, quand il a décidé un truc il s’y tient et personne, même sa propre famille ne pourra le raisonner. Il veut pas savoir, il veut découvrir. Il prend pas de téléphone (elles savent où on est, et comment ils faisaient avant ? et puis toi t’as le tien.) Pas d’appareil photo, il dit les photos elles sont là (en montrant sa tête), moi je prépare mon Alzheimer patiemment alors je sauvegarde toutes les données sur disque dur. J’ai des albums photos, des livres photos, je fais des blogs, des pages Facebook. Pour finir il est prêt à aller jusqu’à l’épuisement et s’il souffre il te le dira pas, il se plaindra pas. Il s’insultera de l’intérieur pour continuer à avancer ….. C’est pour ça que j’ai toujours une petite appréhension à partir avec lui ….. On sait comment ça va commencer le petit footing de une heure à 8h du matin mais à midi on est toujours pas rentré…..

Pour la préparation physique Kiki lui il court toute l’année, il fait des trails jusqu’à 25km, le GR20 il a déjà fait le Nord en 2014 (c’est pas pour autant que ça nous aura aidé. On dit : le corps n’oublie pas …. Il a pas du souffrir sur le GR20 ….. mais ça aussi c’est Kiki) :

  • Kiki, c’est comment la fin de l’étape ? ça monte beaucoup encore ? il est loin le refuge ?

  • Non, c’est bon, ça va monter encore un peu (juste 600m de D+ en 1h30)et après on arrive, on traverse une forêt (en fait c’est l’étape d’après), bref 2 heures après, toujours dans la rocaille, on commence à apercevoir le refuge (apercevoir le refuge en Corse ça veut pas dire que tu arrives, ça veut dire que dans une heure en marchant bien tu y seras.)

Pour Gilou c’est pas pareil. Il travaille le matin, il a souvent des semaines courtes, il a pas un boulot physique-physique non plus, bref il a l’aprèm pour lui, il a 7 mois pour le préparer, il peut aller chercher le pain à pied,…… s’il veut, il peut, mais bon je dis ça, je dis rien ……

Sentant le coup de Trafalgar venir, je me dis qu’il faut mobiliser les troupes, Kiki il est à Golfe Juan, il est grand, il se gère tout seul. Mon Gilou il habite à 20 bornes de chez moi alors au mois de Mai on se fait une rando avec sac à dos à 13kg et Salomon de 16km en 3h18 et 650m de D+ (bref de la pignolade en vue de ce qui nous attend) en Juin, toujours à St Antonin, 18km en 4h10 et 500m de D+ , je sens que les côtes c’est dur et on monte maxi (que) pendant 15mn à chaque côte. En plus mon Gilou il a des problèmes de cervicales et d’équilibrage de sac à dos ….. Ça sert à cela les randos de prépa, à peaufiner les réglages. AU mois de juillet, une rando de 23km, 5h14 et 710m de D+, toujours avec le sac à dos et le week-end suivant une ultime rando de 15 km en 3h18 et 360m de D+ …. Et moi qui n’arrêtait pas de marteler à Gilou, dis-toi bien que ce n’est rien à côté de ce qui NOUS attends (car je me mettais aussi dans le lot, j’avais déjà des doutes sur moi, alors Gilou c’était plutôt des craintes).

Là-bas, parfois, dans le NOOOORD on va grimper pendant 3 ou 4h, j’ai pas dit marché Gilou, j’ai dit grimpé, le terrain c’est pas du chemin propre comme à St Antonin, par moment on va escalader, on va mettre les mains qu’ils disent, on va descendre dans des cailloux pendant plus d’une heure …… je me faisais même peur à moi-même quand je disais çà ……

Après vient le moment où tu ne peux plus rien dire car tu deviens lourd, ça devient embarrassant …. Et Gilou s’il a décidé de faire le GR20, il a le droit de faire le GR20. Tu le connais pas assez bien pour le juger, avec de la volonté il se passe parfois des choses bizarre. Tu as des gars qui finissent les étapes H.S et qui repartent le lendemain, pour une de plus, et encore une, et parfois jusqu’au bout …. Alors Gilou, oui il prendra le départ du GR20 avec nous, mais on a que 12 jours et on aimerait bien aller au bout, car je ne suis pas sûr de le refaire un jour.

Moi entre temps j’ai continué la course à pied, je fais surtout des 10km route, pas plus (à cause de ma tendinite). Au mois de juillet, j’ai remplacé la course à pied par des sorties marche rapide de 10km à 6km/h (pour économiser ma tendinite) et du VTT en mode route. En plus j’ai la chance de travailler à 5km de chez moi, alors je vais faire comme Joan Roch le traileur Québecois, je vais y aller en courant….nan, je rigole, je vais continuer à prendre la voiture.

 

Voilà la prépa de Warriors que nous avions en débarquant sur l’ile de beauté ce samedi 31 juillet 2016 pour affronter le GR « le plus dur d’Europe », 180km, 12000m de D+ et autant de D-

Et cerise sur le gâteau, Léo et Hugo montent dans le bateau (c’est normal, ils vont en Corse eux aussi) ……. Ce sont les fils de Kiki (14 et 16ans, 80kg, à eux deux) ils ont décidé de faire le GR20 avec papa (naaaaannnn ???? siiiiiiiiiiii !!!!!!) …. Deux ados classiques, pas des guerriers : un philosophe obscur, futur gourou d’une secte, pas méchante, mais bizarre …..et un gentil garçon, plus branché console vidéo que transpiration….. tout ce qu’on avait besoin pour pas s’ennuyer …. Après la jeunesse, c’est tellement imprévisible….

Les filles : « c’est génial, on va se retrouver entre filles, on va se concocter un petit programme à notre sauce …….

Pour Kiki du coup c’est plus compliqué : 3 bouches à nourrir, une tente 7euros+ 3 personnes à 7euros (28 euros) + 1pietra+2 coca(18euros) 3 vrais repas le soir (54 euros),il faut quand même recharger les batteries sur le GR. Il a prévu du muesli et du jambon, saucisson, pain de mie pour le repas de midi et le petit déjeuner …. Mais bon : Budget journalier : 100 euros par jour minimum ….. mais bon, vous connaissez les enfants, c’est l’optimisme personnifié, ils ont peur de rien, on doublerait, voire triplerait certaines étapes et tu verrais que ton GR de m…… on te le torcherait en 7 jours, on allait pas en faire une montagne, on était pas des taffioles …. Bref, moi je me demandais si j’avais été sur les bon sites, si c’était pas des vidéos et des photos truquées pour faire peur aux touristes, pour pas qu’on vienne les embêter …. Avec Kiki, on se regardait ce soir-là au camping, la veille du départ, on souriait, à les écouter parler, on disait rien, mais on disait rien……

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment je me suis retrouvé à faire le GR20 (chapitre 2)

Comment je me suis retrouvé sur le GR20 (2eme partie)

 

Là où j’ai compris que ce n’était pas des paroles en l’air, c’est en décembre quand Kiki a appelé pour qu’on réserve les billets pour Corsica Ferries ; ça voulait pas forcément dire qu’on allait  faire le GR20, mais une chose était sûre, c’est qu’on allait passer 15 jours en Corse et connaissant Kiki, on allait pas rester 15 jours les pieds en éventails sur la plage à regarder la Méditerranée même s’il parait qu’en Corse c’est pas la même qu’en France.(elle serait plus belle, plus propre, plus chaude …. Dixit le gardien de Manganu))

Pour moi la Corse jusqu’à présent ça se résumé à Astérix et Obélix, les fromages, un peuple fier, des vendettas, des bombes qui pètent, des trucs qui brûlent accidentellement,  faut pas les faire chier …..  Peuple fier, tu regardes ma sœur, tu l’épouses …. Que des clichés quoi. Alors 20 000 randonneurs par an qui défilent devant leur porte ….. j’avais pas envie d’être la goutte d’eau qui fait déborder la vasque ….mais en fait une fois sur place, il y a pas de porte, pas de maison, pas un village,  tu défiles juste devant la nature, tu n’embêtes personne, les gardiens des refuges des fois c’est même pas des Corses, tu fais rentrer un peu d’argent (50 euro par jour presque, parce que j’aime bien la PIETRA), le seul truc qu’on te demande c’est de pas chier n’importe où, il y a des toilettes dans chaque refuge (elles valent ce qu’elles valent mais elles ont le mérite d’exister) et de pas baliser le GR20 de tes détritus et PQ, il est déjà balisé en rouge et blanc et tu peux pas te perdre (où alors arrêtes la randonnée, c’est pas pour toi). Après c’est comme dans la vraie vie, quand tu arrives, tu dis bonjour, tu attends patiemment ton tour, c’est pas une rando organisée, ils sont pas là pour te cirer les pompes, te porter le sac et te monter la tente pendant que tu marches.(ah si, ça s’appelle dormir en refuge et en pension complète, il y a des sites pour ça, c’est 1300 euros par personne, minimum.)

Donc j’ai commencé à potasser le sujet, pendant 7 mois j’ai fait au moins 50 fois le GR20, dans les deux sens, j’ai écumé les forums, j’ai questionné, j’ai pris des notes. Je peux te garantir que le jour J, je connaissais tous les  noms des refuges, les étapes qu’on devait faire, bon après j’ai pas retenu tous les noms des boccas, puntas et Monte, car le corse c’est pas une langue facile (même sous la torture) et que je voulais vexer personne à savoir s’il fallait le prononcer à la Française, ou en corse antique, ou en corse tout court. Bref, quand on sait pas, on se tait, et on admire …. Comme dise les Corses : « arrêtez de dire que c’est beau toutes les 5 minutes …… on le sait.

  Je savais qu’on resterait 15 jours mais qu’on se garderait quelques jours pour rester avec les filles au camping à Calvi, que Kiki n’arriverait en Corse lui que le dimanche, donc on pourrait commencer à marcher que le Lundi 1er Aout et que le vendredi 12 aout au plus tard il fallait qu’on soit arrivé car on reprenait le bateau le lendemain.

Donc 12 jours, 16 étapes il faudrait doubler des étapes …. Marcher 5 à 6 heures on avait déjà fait (mais sans sac à dos et moins costaud) mais marcher 10 à 12h par jour, avec 13 ou 15 kg, en enchainant les journées …… c’était l‘inconnu.

Une chose était sûre c’est que le Nord c’était très dur, très rocailleux, les rapports distance/temps étaient assez impressionnants (8km – 7h) même si les topos guide sont plutôt pour des marcheurs de type ….. marcheur …. Il fallait s’attendre à quelque chose de pas roulant du tout. La partie Sud serait moins rocailleuse, mais les étapes sont plus longues mais ce n’est quand même pas la plaine, il y a encore des passages à 2000m et doubler des étapes déjà longues et bien ça les rends encore plus longues …. Plus la fatigue accumulée, les ampoules, les bobos, les crampes, les diarrhées ……. Et la grosse inconnue (non pas Sandy), la METEO, qui peut t’obliger à décaler une étape, qui rallonge l’étape à cause des cailloux glissants …… il y a eu des drames quand même sur le GR et les forums en témoignent ……

Pour ma part, le grand soulagement au grand dam des puristes, c’était la fermeture du Cirque de la Solitude suite au drame du 10 juin 2015, 6 victimes en catégorie mortelle (ils sont morts) ….. j’aime bien la rando, mais je suis pas du genre téméraire, et tout ce qui touche à l’escalade, à la désescalade, que ce soit avant ou arrière, les accros-branche, les parcs aventures, les manèges à la con dans les fêtes foraines, les ponts de singe, les tyroliennes qu’elles soient simples ou doubles (j’ai fait l’armée, j’ai déjà donné) ….. tous ces trucs qui plus est : sans sécurité, sans mousqueton, sans corde à quoi se raccrocher si ce n’est la chance ou le petit Jésus où là tu espères qu’il existe ….. Non, j’étais pas mécontent qu’il faille le contourner, le grand moment de Solitude, même si l’étape il aurait fallu qu’elle fasse 20km et 2000m de D+, ç’aurait été de toute façon une belle étape.

Bref, me voilà au fil des mois, à faire ma liste de matériel, à faire des modules en 10 jours, 11 jours, 12 jours …… en moins de 10 jours j’y pensais pas, je voulais que ça reste de la rando, surtout qu’on aurait un sac à dos de 20% du poids du corps, soit pour moi maxi 12kg, sans compter l’eau (il allait s’avérer, nous le verrons par la suite, que cela allait être plus compliqué que prévu). Je ne voulais pas rentrer dans le mode rando-trail comme l’an dernier à Valcebollère ou comme la plupart sur le GR20 qui le font entre 3 et 6 jours ….. Chacun son trip.

Non, 12 jours ça me semblait correct, on doublerait que dans le Sud, après Vizavonna, il fallait gérer le petit problème de Asinau, le refuge qui avait « accidentellement » brulé, on pouvait moduler 3 étapes pour en faire deux, bref le GR20 c’est bien pour ça, c’est qu’en jouant avec les refuges et les bergeries en fait tu te l’arranges à ta sauce.

Pour les chaussures, n’en déplaise au vendeur de Décathlon qui m’a pris un peu de haut, du haut de son petit mètre 50, je voulais éviter les grosses chaussures montantes de marche, de plus étant plus coureur que marcheur, je me sentirais plus à l’aise dans des chaussures légères et qui ne compriment pas le pied, je savais pour l’avoir vécu en 2011 dans l’Ariège que la cheville avec ou sans tenue, quand le pied il vrille, la cheville suit …. et les retours positifs sur les forums ont orienté mon choix sur la Salomon XA pro 3D, elle valait dans les 120 euros, en pistant sur le net régulièrement je finirai par la trouver à moitié prix  et qui plus est en GTX (gore tex), rouge : comme ça je pourrais saigner des ampoules sans inquiéter mon entourage.

 Le seul problème, je m’en rendrait compte une fois sur le GR, ce fut la taille : 40 et2/3 c’était trop petit, 41 et 1/3 ils avaient pas, alors j’ai pris 42, je me suis dit avec les chaussettes ça devrait le faire …… on y reviendra plus tard.

J’ai acheté ma tente (une belle erreur là aussi) sur ventre pivées.com, (pourquoi deux tentes ??? ils sont que deux ?? Kiki, il a pas de tente ??? je sais pas, t’as qu’à lire la suite ……..)

Une belle affaire, une Colombus, verte pour se fondre dans le maquis, mais très vite sur le GR (dès la 1ere étape, et même avant en additionnant les poids en faisant le sac) j’ai compris que j’avais fait une connerie : 3kg (25% du poids autorisé)

Un évènement, allait légèrement changer la donne, le désir de Gilles, dit Gilou de participer à l’aventure ….. (ah tu vois, il fallait 2 tentes, ils sont trois maintenant …… chut, tais-toi…. La suite …..)

Comment je me suis retrouvé à faire le GR20

 

 

Comment je me suis retrouvé à faire le GR20 ?

 

 

 

Jeudi 4 Août 2016, 10h du matin, Pointe des éboulis (2650m), je marche dans ces putains de cailloux, je fais un pas en avant et j'ai l'impression de faire trois pas en arrière tant les cailloux roulent sous mes chaussures et je me demande ce que je fais là, alors que la plage n'est pas loin, qu'est ce qui a bien pu se passer pour que je me retrouve là avec mon pote, « mon frère », Kiki, Qu'est ce que j'ai fait de mal ?,,,,,,

 

Petit retour en arrière, Août 2015, Valcebollère, Puigmal d'Err (2910m) :

 

kiki : « l'an prochain, on fait le GR20 en Corse »

moi : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

kiki : j'ai fait la partie Nord l'an dernier avec 2 potes, l'an prochain, on fait le GR20 !!

 

il a balançait çà comme on dirait « je vais chercher le pain » ou comme mon pote Pascal me dit depuis 20 ans, si je gagne au Loto, j'emmène tout le monde faire le Marathon de New-York ,,,, le truc qu'on sait qui arrivera jamais ,,,, et puis moi le GR20, j'en avais entendu parler, la Corse, le cirque de la solitude, des morts, des blessés, mais bon je connaissais pas le dossier encore, alors j'ai fait :

« oui, oui, on verra ,,,, c'est loin encore ,,,,,, » , la Corse, pas le sommet du Puigmal, car on y était déjà ,,,,, avec Kiki, les randos c'était sympa, on suivait pas de chemins, on marchait à l'azimut, alors quand les topos annonçaient 6h, nous en mode trail et ultra-léger on mettait un peu plus de 3h et encore moi avec mon Haglund et ma tendinite d'insertion au talon je faisait gaffe, je marchais bien, je trottinais quand je pouvais et j’appréhendais surtout les descentes ,,,,,,

Mais avec Kiki, rien n'était simple, un petit footing de 1h se transformait vite en sortie de 3h, et une rando papa-maman de 6h était pliée en 3h ,,,,,, mais à quel prix ,,,,,, à l'azimut, du hors piste, des voies sans issues au milieu de nulle part, au milieu des rhododendrons ou face à face avec un ruisseau ,,,,, mais bon, 40 ans de course à pied, ça aide un peu ,,,, à Valcebollère, Marie-Jo et son mari, un couple de randonneur à la retraite nous appelait : « les fous » ,,,,, on savait pas profiter du spectacle ,,,,,,,,,,,,, nannnnn ! Qu'il disait Kiki, à 3 ou 6km/h on voit les mêmes choses,,,,,,

Alors en 15 jours à Valcebollère, on s'est fait 5 randos entre 16 et 27km et 1000m de denivellé, en mode light, sans sac à dos, rien qu'un Camel-back, une poche à eau, quelques compotes et barres énergétiques au cas où il faille sauter un repas et passer la nuit dehors ,,,,,,

voilà pour mon expérience de la randonnée ,,,,,,

 

Ah si j'oubliais, un truc super rassurant, en 2010, mon autre « frère », Laurent qui pour mon anniversaire (encore une idée à la con) m'a invité à l'accompagner à la pêche (je suis pas pêcheur, et je vais pas à l'église non plus), à l'étang d'Arain, dans l'Ariège à 1965m d'altitude, comme l'année de ma naissance c'est pour çà que je m'en rappelle ,,,,,, à part le fait qu'on soit parti (à la pêche) sans les cannes (c'est ballot), on s'en est rendu compte au bout de 30km, demi tour,perte de temps ,,,,, perte de temps à St girons pour imprimer une carte de pêche temporaire ,,,,, bref on arrive au refuge juste pour la tombée de la nuit, refuge blindé de monde, c'est l'heure de manger, on sait pas où faire sécher les affaires ,,,,, bref, un bon souvenir des refuges ,,,,,,,

Finalement, je l'avais accompagné tout simplement car en fait j'adore marcher, pourvu que le paysage soit jolie, pourvu qu'il y ait des montagnes, que ça monte un peu, même s'il faut parfois mettre les mains car c'est quand même la montagne un petit peu ,,,,,

bref une montée en fin d'après midi, dans un petit brouillard, la nuit tombante, 3h de marche, chargé comme des mules car les pêcheurs (surtout les 3 autres spécialistes qui nous accompagnaient) ça emmène beaucoup de matos (faut pas les emmener en Corse ,,,,), moi qui aime bien voyager kit main libre, de temps en temps je me retrouvais à porter les affaires d'une chochotte qui avait eu les bras plus gros que le cerveau et les jambes qui une fois décrochées de leur vélo (c'était un cycliste en première catégorie) devenaient aussi inutiles que les 3 épuisettes qu'il avait prise avec lui.(ils ont presque rien chopé en plus)

Le week-end ce passe, les pêcheurs pêchent, le randonneur ,,,, s'ennuie, alors se promène, fais des photos, surtout que côté météo on a été gâté, du grand soleil ,,,,,,

Le dimanche, au moment de repartir, je me dis que je vais faire en redescendant, les photos que j'ai pas pu faire à l'aller ,,,,,, donc tu marches, tu sors l'appareil, tu t'arrêtes : clic clic, tu ranges l'appareil, les autres devant, ils ont fini de pêcher alors ils pensent qu'à rentrer alors ils attendent pas, toi, clic clic, là c'est beau, là c'est joli, re clic clic et les autres ils cavalent, même le cycliste il préfère les descentes que les montées car il est déjà loin devant ,,,,,

et là, première demie heure de descente, c'est le drame ,,,,,, tu veux rattraper, alors tu trottines, tout en rangeant ton petit appareil (photo), et là tu l'as pas vu le cailloux sournois, la cheville qui part, la décharge électrique que tu ramasses ,,,,, je crie, je m'assoit, les autres n'ont pas le choix que de faire demi tour ,,,,, visiblement plus de peur que de mal, ça tire un peu mais ça devrait aller ,,,,,

 

1er avertissement : en montagne, en rando, tu fais une seule chose à la fois !!!!!

 

L'appareil photo restera dans son étui jusqu'à la fin de la marche ,,,,,,, mais bon, c'était pas ma journée car à une demie heure de la voiture, sur un chemin en apparence sans difficultés, je pose le pied sur un cailloux plat, légèrement instable, et là ,,,,, re 220v, terrassé, par terre, impossible de me relever et de prendre appui ,,,,, on enlève la chaussure (des Décathlons, toutes neuves, montantes, achetées pour l'occasion ,,,,,,), mais bon on a pas emmené de scanner avec nous, et on peut pas faire

de radios non plus (on a fait des choix au départ) ,,,, on attend un peu, je remets les chaussures, on me déleste de mon sac à dos (du coup, le boulet c'est moi), je récupère un bâton pour me soulager et je finirai le retour de cette manière, heureusement qu'on était pas loin de la voiture ,,,,,,

 

Voilà pour mon expérience de la randonnée ,,,,,, ah si j'oubliais à 15 ans j'avais fait une colonie de vacances dans l'Ariège et on avait fait le Crabère (2629m) et le pic de Maubermé (2880m), uniquement les enfants volontaires, et ça m'avait beaucoup plu surtout qu'à l'époque je faisais du cross-country et du demi fond donc j'avais la caisse ,,,,,,

 

Voilà pour mon expérience de la randonnée ,,,,,, ah si , je l'avais oublié celle là, en 2014, tout seul, St Lary – Col de Portet (2215m)– Lac de l'Oule , 29km environ, 5h40 et 1626m de d+ en rando-light ,,,,,,,

Voilà, sinon rien d'extraordinaire, alors quand Kiki à dit, l'an prochain on va en Corse avec les filles et on se fait le GR20, j'ai dit « oui, oui » mais en fait je n'y croyais pas trop.

 

Par contre quand au mois de Janvier il a fallu s'occuper de prendre les billets pour Corsica-Ferries, je me suis dit que là on allait pas y échapper et qu'il fallait que j'étudie un peu le dossier car j'aime pas trop partir à l'aventure, surtout avec Kiki ,,,,

GR20 - Jour11 Etape 16 - Refuge de Paliri (1055m) Conca (252m)

Jeudi 11 Aout 2016 – 11e jour – Etape N°16

Refuge de Paliri (1055m) Conca (252m) – D+ 160m / D- 963m

Durée 5h avec grosse pause baignade d'1h,

 

Lever 6h, le ciel est gris, le ciel est triste de nous voir quitter le GR sans doute.

Le petit déjeuner est prêt dans la cabane attenant au gîte.

 On déjeune en silence car ça roupille à côté. Le café est chaud, dans une espèce de grande bouilloire électrique.

Dernier tour aux toilettes, de ce côté là le GR ne m'aura pas trop perturbé,

Ce matin, on finit tous ensemble : Harry, Romain, Sebastien, Aurélien et quelques nouveaux rencontrés l'avant veille : Théo et Aurélie. Kiki et moi même

 
   


Cette dernière étape c'était une sensation étrange ; on était content d'arriver au bout, sans pépins, mais on savait aussi que c'était la dernière. Il fallait quand même rester vigilant car il y avait pratiquement 1000m de dénivelé négatif. On a enchainé des passages roulants, avec des tronçons plus caillouteux, mais rien de comparable au Nord de la Corse,

On s'est arrêté vers 10h au ruisseau de Punta Pinzuta, on a fait une grosse pause baignade pour les plus courageux, toujours les mêmes.


Pour ma part j'aurai fini le GR20 sans m'être baigné, au grand désespoir de Kiki, pour qui GR20 sans trou d'eau, c 'était pas GR20 ,,,, mais moi, l'eau froide, je peux pas, jusqu'aux cuisses ça va, mais après je peux pas ,,,, alors sauter, sans m'être trempé avant, inconcevable ,,,,,

On est reparti pratiquement une heure après, j'ai discuté trail avec Aurélie, et après une dernière montée nous sommes passés un par un faire la photo à Bocca d'Usciolu (587m), une brèche en forme de V ,,,,, comme Victoire où chacun à choisi une pause,

On est passé devant la fontaine de Radicale, ça sentait la fin quand on a foulé le goudron du dernier kilomètre du GR. On a aperçu au loin Chloé et Conan qui venaient à notre rencontre avec une bouteille de champagne comme promis.

On s'est tous embrassé, ils étaient contents pour nous qu'on soit arrivé au bout.

On a tous fait les photos de rigueur devant la plaque commémorant la fin officielle du GR et on a bu le champagne à tour de rôle ,,,, les touristes autour de nous nous félicitait, pour ceux qui comprenaient ce dont il s'agissait.

On est ensuite partis tous ensemble  vers le restaurant du GR, on a appelé les filles pour donner des nouvelles et convenir d'une heure,

J'ai appelé les amis : Laurent, Patrick, Stéphane ,,,,, j'ai appelé aussi Benoît et ma mère,,,,

On s'est bu une bonne Pietra, ou une Colomba, la dernière du GR, on a repris entrecôte-frites comme a Vizzavona ,,,,

 on a raconté les dernières étapes à Chloé et Conan, on a dit qu'il faudrait se revoir, sur des courses puisque c'était le point commun de la plupart d'entre nous, qu'il fallait faire vivre la page FaceBook au maximum, mettre des photos, des vidéos ,,,,,

on a fait une partie de pétanque, le temps s'est couvert, il a commencé à pleuvoir ,,,,,

un groupe de jeunes est arrivé, plein d'entrain, au fond on les enviait un peu, car eux ils commençaient ,,, ils voulaient partir pour la première étape (5à 6h selon le niveau), il était plus de 15h, la météo était vraiment pas bonne, Kiki à réussi à les dissuader de partir ce soir,,,,  j'ai eu un peu mal pour eux, ça doit être frustrant, dès le jour  d'être obligé de renoncer au départ ,,,,, après sur le GR il y a des règles à connaître : partir tôt, finir tôt, pas jouer avec la météo, pluie = danger ,,,,,

C'est vrai que nous dans l'ensemble, côté météo on a eu beaucoup de chance, un jour de gris, le lendemain de la 4eme étape (la plus compliquée) et après que du soleil,,,,

Céline et Gilles sont arrivés vers 16h, on a ramené Romain à la gare de Corte d'où il a pu prendre son train à 5mn près, après être monté dans celui qui partait à l'opposé ,,,,

sur la route qui nous ramenait au camping je n'ai pas dormi, je regardais à travers la vitre cette Corse que nous n'avons pas pu voir ,,,,, ces petits villages perchés dans les collines, avec des vrais corses, authentiques, cette côte aux petites plages, petites criques ,,,,,, sur la route il y avait pas mal d'embouteillages par endroit.,,,,

On est arrivé au camping vers 19h, on a retrouvé tout le monde, Brigitte a eu du mal au début avec la barbe de presque 15 jours, on a filé à la douche, une vraie douche, avec du carrelage, un porte manteau, une tablette et de l'eau chaude ,,,,,,

voilà c'était la fin du GR ,,, le lendemain matin j'ai été réveillé à 6h par une quinte de toux irritative attrapée en fin de GR ,,,, alors plutôt que réveiller tout le monde, je suis parti marché dans le jour qui allait se lever, vers Calvi, j'ai pris mon appareil photo pour prendre le lever du soleil ,,,,, Brigitte qui s'inquiétait est venue me rejoindre et on a visité Calvi au petit matin, on est monté à la forteresse, on a fait le tour, on s'est pris un petit déjeuner en amoureux sur le port, face à la mer et on est tombé sur ,,,,,,

Guillaume (un des pompiers volontaires) qui faisait son footing ,,,,,,,

On a appris qu'on avait loupé Mathilde et Antoine de presque rien à Conca, ils avaient doublé les deux dernières étapes et sont arrivés vers 17h ,,,,, et plus tard j'apprendrai qu'on les a loupé au camping, ils sont passés le lendemain de notre départ ,,,,, décidément ,,,,,

GR20 - Jour10 Etape 14 et 15 - Refuge de Matalza (1436m) – Refuge Asinau (1530m) – Refuge de Paliri (1055m)

Mercredi 10 Août 2016 – 10e jour – 14e et15e étape

Refuge de Matalza (1436m) – Refuge Asinau (1530m) – Refuge de Paliri (1055m)

D+ 1080m – D- 1450m -  environ 25kmlever à 5h00 -  Départ : 6h00 – 16h (10h avec les pauses ) – topo guide : 11h

 

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 4 litres d'eau

 

Lever à 5h,le petit déjeuner (un peu léger) est pris sous un chapiteau avec des tables et des chaises ce qui facilite la préparation du sac et le rangement des affaires, faire les pansements. La nuit a été encore humide et le linge n'est pas sec, on laisse à sécher les affaires que l'on mettra plus tard quand il commencera à faire chaud.

Départ à 6h, Romain et Harry sont à l'heure, l'étape du jour commence par une piste facile. Petite démonstration de golf de Romain avec ses bâtons de marche sur les pozzines qui s'avère avoir un très joli swing. On arrive à  I Croci, bergeries très jolies où en buvant un café nous apercevons un cochon sauvage, plus haut dans les collines

On repart sur une piste forestière assez roulante que l'on quitte pour un  sentier qui monte doucement vers Bocca di Chiralba (1743m) où nous croisons la route d'un cochon sauvage gris-rose, même pas apeuré, ni étonné de notre présence.

Le sentier continue de monter pendant une heure, on passe à 2025m à Bocca Stazzunara, ce sera notre dernier passage à plus de 2000m.

 

 

 

       
   
 

 


S'ensuit une grosse descente, où en une heure nous allons perdre 500m, la descente est assez raide, nous arrivons  au refuge d'Asinau (1530m), ou plutôt ce qu'il en reste, un peu avant 10h,

On fait la grosse pause comme d’habitude, discussion avec le gardien du refuge qui visiblement à des problèmes de voisinage (son refuge à brûlé mystérieusement cet hiver), il nous fait comprendre aussi qu'il a eu droit à des « vacances forcées » , et comme on comprenait pas trop ce qu'il voulait dire, il nous fait comprendre : derrière des barreaux,,,,, en attendant il accueille les randonneurs mais sans les faire payer, car il ne peut pas leur proposer, la douche ou les repas comme dans un refuge ordinaire, il a juste un chapiteau et sa cabane qui sert d' épicerie .

Nous repartons vers 10h30 vers notre dernier refuge. Pour cette étape nous avons le choix entre : suivre le GR, plus long, mais moins technique, ou bien la variante alpine, qui permet (en principe) de gagner une heure, avec des passages rocheux équipés de chaînes, des dalles équipées également et descente raide dans des éboulis, comme dans le nord en fait,,,,, Seb et Aurélien prendront la variante, Kiki, Harry, Romain et moi nous prendrons le GR, car comme dit Kiki : « on fait le GR20 ou on fait pas le GR20,,,, »

L'étape est assez roulante, on enchaîne forêt de pins, de bouleaux et les passages en fougères, on longe les aiguilles de Bavedda et on redescend jusqu'à 1000m.

La dernière demie heure pour arriver au col Foca di Bavedda (1218m) est assez raide et il faut de nouveau parfois remettre les mains.

Arrivé au col, c'est un peu le choc ; on retrouve les voitures, l'odeur des échappements, les klaxons, la foule des touristes ,,,,, on passe devant Notre Dame des Neiges, la Sainte vierge de la Corse, c'est assez impressionnant de voir toutes ces petites bougies rouges et ces stèles de remerciements ,,,,,,

on a perdu Romain et Harry, on est un peu hagard au milieu de tous ces touristes, il fait chaud, il est 14h, ça fait 3h30 qu'on est reparti d'Asinau, on a un peu faim et surtout une grande soif de quelque chose de frais..... kiki me raconte qu'il y a une femme qui comprend pas pourquoi c'est différent de la carte postale les aiguilles de Bavellas,,,, c'est sûr que de là ou elle est c'est pas le même angle de vue sous lequel on les a vu en arrivant,,,,,, ça se mérite un peu, quand même ,,,,,,  kiki lui dit que les cartes postales, c'est trafiqué, c'est des photos truquées pour les touristes ,,,,,

 

On aperçoit aussi le Punta Tafunata, la montagne percée, appelée  aussi « le trou de la bombe » accessible en escalade avec baudrier  et équipé,

 

 

A force de se chercher on se retrouve plus bas, au hameau de Bavedda, devant la source (fraîche), nous décidons de faire une grosse pause, car nous sommes vraiment en avance sur l'horaire ,,,, on s'installe à la terrasse d 'un café avec Piétra, charcuterie et fromage comme d'habitude ,,,,, l'ambiance est détendue, c'est l'effet bénéfique des pauses, on enlève le sac à dos, on se met pieds nus et de suite on oublie les heures précédentes ,,,,, il nous reste encore environ 1h30 pour arriver au refuge de Paliri,

Nous repartons vers 15h20 (1h30 de pause pratiquement), juste pour laisser la place à Seb et Aurélien qui ont visiblement souffert sur la variante alpine.

Nous repassons devant la source pour compléter les niveaux, et reprenons le sentier à travers une forêt de pins, les touristes se font de plus en plus rares, pour disparaître peu à peu. On va descendre de 200m, Kiki et Harry sont partis dans la descente comme des fous en mode trail , avec le sac à dos en plus, on les entend s'éloigner en poussant des cris qui retentissent dans toute la forêt. Romain et moi, avec 2 piétra de 50cl on préfère jouer la sécurité, on terminera l'étape comme d'habitude en mode rando, à J-1 ce serait stupide,,,,, on double une mamie avec sa fille qui nous raconte qu'elles ont entendus des cris dans la forêt et elles pensaient que quelqu'un c'était blessé ou avait fait une chute, qu'elles avaient été doublées par 2 énergumènes qui descendaient à toute vitesse ,,,,, on les a rassuré en leur expliquant qu'elles avaient croisées la route de Harry et Kiki ,,,,,,  un peu avant d'arriver au refuge, on passe devant la source, on ferait bien le plein car nos gourdes sont déjà un peu tièdes, mais la source ne coule pas (en fait on apprendra au refuge qu'il fallait siphonner le tuyau), on trouve ça un peu limite, surtout que ce sera la seule source d'eau potable du refuge, à 400m au moins des tentes, l'eau du refuge et des sanitaires n'étant pas potables,

Arrivés au refuge (16h40), pas de Kiki, pas de Harry, on les cherche et on finit par les trouver remontant de la douche (200m en contrebas du refuge) ,,,,,, c'est quoi ce refuge de m,,,,,,,, pour le dernier jour, on est vernis, on pense à ceux qui font le GR dans le sens Sud-Nord, ça peut refroidir ,,,,, il vaut mieux tracer et aller direct au hameau de Bavedda.

On descend à notre tour, à LA douche, avec tout notre matos, douche unique, occupé, et une personne devant nous qui attend ,,,,, aucune installation de prévue, obliger de déballer les affaires par terre, j'en profite pour faire le tri et un peu de lessive. Demain c'est le dernier jour, je ne lave que le strict nécessaire et je mets tout le reste dans un sac poubelle, je donne les dernières barres énergétiques qu'il me restait à un randonneur étranger qui me remercie et je file à la douche qui en plus d'être froide évidement, se résume à un filet d'eau comme mon petit doigt ,,,,, je me lave et me rince tant bien que mal et on rejoint les autres sur la terrasse du refuge après avoir installé la tente et étendu les affaires sur les rochers, au soleil.

 

 

 
 

 


Le gardien du refuge est un jeune (pas corse du tout)vraiment cool-cool, musique reggae et pas stressé du tout. Il est pratiquement 18h, certains commencent à se mettre à table à côté de nous, on commande une Piétra, charcuterie corse et fromage, on fait quelques photos de Romain et Harry avec le couteau, le saucisson et le mégot en coin en paysans locaux,

 On commande les petits déjeuners pour le lendemain.

Retour au bivouac, on sait pas trop le temps qu'il fera demain car les nuages  s'entassent dans la cuvette en contrebas ,,,, je complète le repas avec un sachet de paella lyophilisé qu'il me restait, j'essaie d'appeler les filles car demain c'est le dernier jour, ça capte très mal, à force de me déplacer j'arrive à échanger 2 ou 3 SMS en presque une heure,,,,,

La nuit tombe sur le Tafunatu face à nous, demain grasse matinée, le départ est prévu vers 7h donc lever 6h !!!!

 

GR20 - Jour9 - Etape 12 et 13 - Refuge de Prati (1820m) – Refuge d'Usciolu (1727m) – Refuge de Matalza (1436m)

Mardi 9 Août 2016 – 9e jour – 12e et13e étape

Refuge de Prati (1820m) – Refuge d'Usciolu (1727m) – Refuge de Matalza (1436m)

D+ 1100m – D- 1400m -  environ 20km

lever à 5h00 -  Départ : 6h00 – 16h (10h avec les pauses ) – topo guide : 10h30

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 4 litres d'eau

j'ai fait le plein des poches à eau le soir avant de me coucher, c'était à l'opposé du départ.

 
   


On quitte le campement parmi les premiers,  Romain et Harry sont encore à la bourre, et Tic et Tac sont partis un peu avant nous.Il fait encore un peu nuit, le soleil ne va pas tarder à se lever, on y voit à peine mais suffisamment. Le chemin s'élève doucement et c'est à pratiquement 2000m d'altitude que nous assistons au lever du soleil en compagnie de Seb (Tic) et Aurélien (Tac), ou l'inverse ,,,,, jolie vue sur les étangs de Diana et la plaine d'Aléria ,,,, cette étape assez caillouteuse pourrait s'intituler : retour dans le minéral ,,, même si les parties d'escalade du début du GR ont disparu, on met souvent les mains. Il nous faudra 5h pour atteindre  le refuge d'Usciolu, en restant sur une ligne de crête, oscillant entre 1600metres  et 2040m à Punta di a Capella.

Arrêt d'une heure au refuge, où des chevaux nous  refuse l'entrée à l 'épicerie et dont nous parviendrons à nous débarrasser par la ruse . J'ai réorganisé mon matériel, je me suis débarrassé de mon pack-avant Raidlight qui en fait me gênait plus qu'autre chose (au bout de 9 jours quand même),

 

Nous repartons vers midi pour une étape de 4h, avec un gros dénivelé au début, jusqu'à Punta di a Scaddata (1836m) et le passage par la brêche Petra di Leva.

Je décide de partir un peu avant le groupe, car j'ai mes ampoules qui se refroidissent et les départs sont toujours pénibles. Passé le gros dénivelé, la descente est plus boisée, on est retombé à 1300m et le groupe à fini par me rattraper. Il fait chaud, il fait soif, par miracle un panneau en bois annonce une source, un peu en retrait du chemin, celle là, fallait pas la louper. Tout le monde fait le plein, ce qui prend toujours un peu de temps car le débit est plutôt faible (c'est pas de la 4G).

Le petit groupe repars, on longe à présent un petit ruisseau, on passe au milieu des fougères tout près des bergeries de Basseta. Je suis reparti tout seul devant, il fait vraiment très chaud et il me tarde d'arriver, une heure s'est déjà écoulé depuis la dernière source, ma gourde est vide, le camel est tiède, en arrivant sur une route j'aperçois une autre source, je refais le plein de fraîcheur, le refuge ne doit plus être bien loin,,, le chemin se remet à grimper au milieu des hêtres, je perds la trace, je tourne en rond, à force de chercher je finis par trouver, j'arrive enfin sur un plateau avec des voitures et une piste forestière et enfin le refuge de Matalza.

Je décide d'attendre le groupe, 200m avant, à l'ombre sous un arbre, car là pour l'instant je me ferai bien une sieste,,,, 20mn après je vois Kiki arrivant du refuge, qui venait à ma rencontre croyant que je m'étais perdu. En fait, après Basseta, ils ont traversés le ruisseau et sont arrivés par un autre chemin, derrière le refuge.

On s'installe tous en terrasse, un afflux de touristes a dépouillé le gardien du refuge de Pietra, il ne reste dans un premier temps que des heineken 25cl, et pour finir des 12cl ,,,,, l'horreur sur le GR !!!!!

On installe les tentes, les douches sont chaudes et pas trop mal agencées par rapport à tout ce qu'on a vu depuis le début. On en profite pour faire la lessive en retard, ça tombe bien, car j'avais vraiment plus rien de propre. Le refuge de Matalza dispose même d'un grand étendoir et de cintres pour étendre le linge.

Le soir on a mangé tous ensemble avec Harry, Romain, Seb et Aurélien mais j'ai oublié le menu, on a pris un pichet de vin et du pain frais, faute de bières.

On a perdu Mathilde, Antoine et Christian qui en vrai montagnard ont décidé depuis Usciolu de faire les variantes alpines des environs, on ne les reverra plus jusqu'à la fin du GR, on les aurait loupé le dernier jour à Conca, ce jour là on finissait sur une étape, et eux par deux étapes, donc vers 17h,

Demain départ 6h, on double encore deux étapes pour environ 25km.

GR20 - Jour8 Etape 10 et 11 - Vizzavona (920m) – Refuge de Capanelle (1586m) – Refuge de Prati (1820m)

Lundi 8  Août 2016 – 8e jour – 10e et11e étape

 Vizzavona (920m) – Refuge de Capanelle (1586m) – Refuge de Prati (1820m)

D+ 1800m – D- 820m -  environ 30km

lever à 5h00 -  Départ : 6h00 – 17h30 (11h30 avec les pauses ) – topo guide : 11h30

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 4 litres d'eau

 

Départ matinal pour cette étape qui s'annonce longue. Le départ se fait en douceur sur une piste forestière qui monte progressivement en lacets vers Bocca Palmente, on passe en 2h30 de 900m à 1640m soit 300m de dénivelé à l'heure, ce qui est bien car Christian, spécialiste de rando en montagne, nous apprend que le topo sur le GR est donné pour 200m à l'heure, d'où nos avances sur chaque étape.On passe devant plusieurs bergeries qui sont fermés dont celle d'Alzeta, reconnaissable à ses volets rouges, on se disait en rigolant que le parc régional Corse devrait organiser un tour opérator autour de Colonna : ici la bergerie où s'est caché Yvan Colonna, le maquis où il  s'est caché,le ruisseau où il se lavait tous les matins ,,,,,

On arrive péniblement au refuge d'E Capannelle, il fait très chaud, l'eau est tiède, le marquage laisse à désirer, on tourne en rond en plein soleil pendant quelques minutes,j'ai croisé la route qui monte au refuge depuis un moment,  les autres sont un peu derrière, j'ai peur d'avoir loupé le refuge et d'être déjà sur l'étape suivante.

A force de tourner en rond et de revenir en arrière sur la dernière trace visible, je finis par tomber sur Mathilde et Antoine et c'est avec eux que je finirai la semi-étape vers 11h30. On se restaure avec un orangina, je prends un taboulé car j'ai très faim et je complète avec un vrai expresso.

L'étape qui s'annonce est donné pour 6h, il fait très chaud, je n'ai pas trop de souvenirs de cette étape, je me souviens d'une étape roulante, verdoyante et avec beaucoup de chaleur, on espérait arriver à  Bocca di Verde plus tôt que prévu pour boire un coup et couper l'étape. A la passerelle de Marmanu on a vu des jeunes touristes qui se baignaient on s'est dit (surtout moi) ça doit pas être loin, les touristes ça marche pas beaucoup ,,,,, et plus on avançait, je me disais : ils ont pas fait tout ça en marchant, en claquette ,,,,, on a croisé 2 touristes qui partaient dans l'autre sens vers le torrent et la passerelle ,,,, j'ai pensé qu'ils étaient pas encore arrivé ,,,,, je marchais comme un robot sur la piste forestière heureusement à l'ombre,

c'est au bout de 45mn après la passerelle que l'on est arrivé enfin à Bocca di Verde, 3h40 après Capanelle, On s'est arrêté une bonne demie heure, j'ai bu un coca pour me filer la pêche.  On a fait le plein à la source avec de l'eau fraîche, pour finir l'étape ce sera bien.Certains finissent l'étape ici, mais la première étape de demain est longue, alors on décide de parcourir les 1h30 qui nous séparent du refuge de Prati, sachant qu'on va passer de 1280m à 1820m soit 540m de dénivelé en 1h30,

Heureusement la fin de l'étape, bien que difficile, est agréable, on est content de retrouver de la caillasse et un décor de montagnes ; 50mn après on arrive à Bocca d'Oru (1840m) ou nous faisons une séance photos avec deux jeunes randonneuses, dans l'ascension on s'est fait doubler par un couple de jeunes en mode light qui avait fait la montée en 30mn.L'étape se termine sur le plateau où l'on peut apercevoir la mer, la côte orientale, les étangs de Diana, Urbinu et Palu et les îles de l'archipel Toscan (nous dit le guide)

On s'est tous installé ensemble, côte à côte,j'en ai profité pour appeler les filles, en haut d'un rocher avec vue sur la mer et les étangs ça captait bien.

18h30 on nous appelle déjà pour manger, un gros plat de pâtes avec de la viande en sauce, on en reprend deux fois et on garde le reste pour Romain et Harry tellement c'était copieux. On s'est pris en supplément une bouteille de rouge et une assiette de fromage tout en discutant avec nos voisins de table ,,,, à cause de l'heure tardive de notre arrivé Kiki à eu juste le temps de prendre les deux derniers repas.

Par contre ce soir, pour la première fois en 8 jours, je vais faire l'impasse sur la douche, malgré l'état de mes jambes couvertes de poussières séchées, je suis crevé, le doublage d'étape ça reste quand même assez éprouvant.

On se couche en planquant les sacs dans la tête car il paraît qu'il y aurait un renard qui rôde et pour avoir lu des compte-rendu de GR je sais que ce n'est pas une légende urbaine et qu'il a eu des tentes éventrées pour quelques barres chocolatées.

La nuit s'annonce encore fraîche, demain on se lève à 5h, il y a environ 20km etencore deux étapes. J'ai réservé un petit déjeuner.

GR20 - jour7 - Etape 9 - Refuge de Onda (1430m) – Vizzavona (920m)

Dimanche 7 Août 2016 – 7e jour - 9e étape

 Refuge de Onda (1430m) – Vizzavona (920m)

D+ 850m – D- 600m -  environ 10km

lever à 6h00 - 7h10 – 12h45 (5h30 avec les pauses ) – topo guide : 6h00

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 2 litres d'eau

Etape parcourue en groupe : Chloé, Conan, Romain, Harry, Christian, Mathilde, Antoine,et même Guillaume, Antoine et Amaury, Aurélien et Sebastien,

 

La nuit a été fraîche et très ventée, pour preuve les affaires éparpillées au sol que j'avais mises à sécher sur la rambarde de l'enclos (je vous rappelle qu'au refuge de Onda, on est parqué dans un enclos, pour pas qu'on s'évade,,,)

En fait plus on descend vers le sud, plus les nuits sont fraîches et humides.

Je suis donc obligé de remballer mes affaires humides dans le sac, et short, tee-shirt à sécher sur le sac à dos.

Petit déjeuner royal chez Jean-do, qui te sert un vrai café, dans un bol, comme à la maison, pain, beurre et confiture,,,,, merci Jean-do, entre le repas de hier soir et le petit dej' de ce matin ,,,,,

Il fait froid ce matin, j'ai gardé le collant et la veste 3 couches, j'ai eu raison dans un premier temps ;

D'entrée on monte sur la ligne de crête de Punta Muratellu, le vent est alors très violent et nous oblige à beaucoup d'efforts pour garder la trace et l'équilibre ,,,,  Romain en profite pour faire une vidéo, c'est vrai que sur les photos on s'en rend pas bien compte.

On monte en file indienne, devant nous Antoine, Mathilde et Christian, derrière nous le reste de la troupe,,,,,

on atteint Punta Muratellu (2020m)  vers 9h, en changeant de versant on est à l'abri du vent et il commence même à faire chaud,

Descente sur de grosses dalles rocheuses, que je passe sans problème, sur la pointe des pieds,  maintenant que j'ai pris confiance,

Nous sommes dans la haute vallée de l'Agnone et atteignons la passerelle de Turtettu vers 11h.

On longe à présent le ruisseau où se succèdent cascades et trous d'eau, pour arriver à la fameuse cascade des Anglais. On sent que le coin est touristique, on croise des gens bien habillés, plus propres que nous, en sandales et qui sentent bon le déodorant : c'est signe qu'on est presque arrivé ,,,, on traîne un peu, il y en a que ça démange de piquer une tête dans l'eau ,,,,,,

 

12h40, on s'arrête à un petit snack, il manque Chloé et Conan  qui progressent lentement à cause du genou, et ceux qui se sont arrêtés profiter des trous d'eau, On se boit en attendant une Pietra avec Mathilde, Antoine, Harry, Romain et Kiki ,,,,, j'en profite pour appeler les filles et donner des nouvelles ,,,,, pendant ce temps le reste du groupe arrive et se restaure à son tour,,,,

on repart une heure après en direction de la gare de Vizzavona située à une petite heure de marche, à travers bois par une piste forestière, l'ambiance est très détendue car aujourd'hui, petite journée, on ne double pas et c'est restaurant !!!!!! entrecôte et frites, depuis le temps qu'on en parle ,,,,,

On laisse nos sacs au refuge, après avoir payé le loyer, je trouve enfin de l'alcool à 90° pour mes ampoules et ma plaie du 2e jour et on file au resto,

en face de la gare, il est quand même pratiquement  15h, on a faim, on a soif et le patron nous conseille de prendre une girafe de 3l car on est 10 (Mathilde et Antoine sont restés au refuge, tout comme Tic et Tac), pour nous faire patienter, en attendant la fameuse entrecôte-frites que nous savourerons à l'aide d'une deuxième girafe ,,,,,,

C'est un mélange de joie et de tristesse qui règne car on sait qu'on va se séparer de la moitié du groupe sur cette étape : Guillaume et Antoine les deux pompiers volontaires de Versailles, leur pote Amaury qui n'avaient prévu de faire que le Nord pour des questions de délai et qui attendait leur train vers 16h30 (juste en face du resto). C'est au cours de ce repas  qu'est créé la page Facebook  Amaury GR20 2k16. On se séparait aussi le lendemain matin de Chloé et Conan, pour les mêmes raisons. D'un côté, avec son genou, elle n'aurait pas pu continuer ,,,,, on a  réussi à convaincre Romain de finir le GR avec nous, le Jeudi 11 à midi, prendre son train à Corte pour Ajaccio, le même jour à 17h30, pour prendre l'avion le lendemain matin vers 10h ,,,,,, grâce aux doublages que nous avons fait dans le nord qui n'étaient pas prévu au départ, et les doublages que nous prévoyons de faire dans le sud.

Le train parti, retour au refuge, installation de la tente, lessive et douche.

Repas léger, plat lyophilisé en compagnie de Mathilde, Antoine et Christian, puis invitation café avec Romain et Harry par Chloé et Conan qui promettent de nous accueillir avec le champagne à Conca si nous arrivons au bout de l'aventure.

Demain, grosse journée, environ 30km encore, on double deux étapes ; je profite de la soirée pour désinfecter mes 2 ampoules qui se sont bien creusées au fil des jours, ainsi que mon tibia, qui à l'air propre, pas d'infection en vue. Je renforce la protection côté pansements car chaque départ d'étape est assez douloureux à cause des ampoules. Demain matin pas de petit déjeuner, il faudra faire avec les réserves de Kiki.

GR20 - Jour6 Etape 7 et 8 - Refuge de Manganu (1601m) – Refuge de Pietra Piana (1842m) - Refuge de Onda (1430m)

Samedi 6 Aout 2016 –6e jour - 7e et 8e étape

 Refuge de Manganu (1601m) – Refuge de Pietra Piana (1842m) 6h10 - 11h10

Refuge de Pietra Piana (1842m) – Refuge de Onda (1430m) – 12h20 - 16h00

D+ 1700m – D- 1200m -  environ 18km

lever à 4h45 - 6h10 – 16h00 (10h avec les pauses ) – topo guide : 11h30

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 4 litres d'eau,

Etape parcourue en groupe : Chloé, Conan, Romain, Harry, Christian, Mathilde, Antoine,et même Guillaume, Antoine et Amaury, Aurélien et Sebastien,

 

 

Non, le GR Nord, n'est pas encore fini ,,,,

petite montée tranquille, avant d'attaquer une grosse montée de 2h, avec descente en désescalade avec chaînes, passages sous rocher avec sac à dos (qu'on pouvait éviter mais c'est plus rigolo pour la photo),,, petit passage de nouveau à 2225m à Bocca a e Porte, mieux connu sous le nom de Brêche de Capitellu avec vue sur les petits lacs de Melu et Capitellu,

 

le reste de l'étape sera rocheuse et escarpé, plusieurs passages à 2000m, on reste sur la ligne de crête : Bocca Soglia (2052m), Bocca Rinosa (2150m), Bocca Muzzella(2206m) avant de redescendre sur le refuge de Pietra Piana (1842m)

Il est 11h passé, 5h au lieu de 6h30 du topo guide, le groupe est au complet, on boit une bière et on se ravitaille pendant une bonne heure.

Cette après midi, l'étape propose le GR20 classique, ou la variante Alpine qui est censé être plus courte, donc plus rapide ,,,,, mais alpine ,,,,, c'est l'option choisie par Mathilde, Antoine, Christian, Sébastien et Aurélien,

 

12h20, on repart, un peu grisé par la bière qui n'a pas fini son effet, 1h30 de descente, avec prudence, ou pendant 30mn, je me concentre sur les cailloux. Je suis parti seul devant, c'est une descente qui me convient, par moment il faut mettre les mains, mais c'est pas technique comme les premiers jours.

Je sais que sur cette étape,il y a plusieurs endroits propices à la baignade et le groupe a projeté de faire une ou deux pauses baignades, et Kiki s'est mis en tête de me faire plonger avant la fin du GR, et ce par tous les moyens (je pressens).

Une fois, la descente terminé, c'est enfin du billard, une grosse ballade dans une forêt de pins, je dois faire du 6km/h au moins, on croise quelques touristes, il doit y avoir une route pas loin,

Il fait très chaud, heureusement je trouve une source qui me permettra de finir la dernière montée, une demie heure, interminable,  à l'ombre des hêtres, avec de l'eau fraîche. J'arrive seul au refuge de l'Onda (l'enclos à touristes), il est 16h,

Je prends le temps de payer l'emplacement pour nous deux et réserver le  petit déjeuner pour le lendemain. Je décide d'attendre les autres avant de boire ma bière et j'en profite pour faire ma lessive et prendre ma douche ,,,,,

pendant ce temps, les autres sont arrivés les uns après les autres ; ceux de la crête et de la variante :  Mathilde, Antoine, Christian, Sébastien et Aurélien, et les autres du GR.

Visiblement Chloé à souffert au niveau des genoux et les autres se sont répartis sa charge et ont porté son sac à dos à tour de rôle ,,,, ils se sont quand même pris le temps de se baigner et de sauter du haut des passerelles.

Moi, je me suis fait chambrer, quand ils sont arrivés, ils m'ont vu parqué dans l'enclos et se sont tous mis à bêler : géééééééérrrrraaaaaaaard !!!!!!

 

Le soir, au refuge de Jean – Do, on a tous mangé ensemble, on était 16 à table, c'était génial.

Au menu on a eu soupe de légumes, bien consistante, les fameuses lasagnes aux Broccu de Onda, fromage corse et dégustation de liqueur de myrte ,,,,, ce soir là, je sais pas si c'est l'alternance de boire chaud, boire froid, barres énergétiques ; j'avais l'estomac en vrac, je suis parti au lit à 21h30.

Kiki à fini la soirée dans un état d'ébriété plutôt avancé, il a du s’enquiller au moins 4 bières (50cl) en arrivant, plus le vin à table et la liqueur ,,,,, il faisait que rigoler.

Quand je suis parti me coucher, y a un gars qu'est venu leur raconter des anecdotes corses et visiblement  ils ont bien rigolé.

Quand il est arrivé à la tente il arrêtait pas de se marrer ,,,,,

sinon, on a bien dormi et y a eu encore pas mal de vent.

GR20 - Jour 5 - Etape 5 et 6 - bergeries de d'u Vallone (1440m) – Refuge de Ciottulu di i Mori (1991m)

Vendredi 5 Aout 2016 – 5e et 6e étape

 bergeries de  d'u Vallone (1440m) – Refuge de Ciottulu di i Mori (1991m)

Refuge de Ciottulu di i Mori (1991m) – Refuge de Manganu (1601m)

D+ 1270m – D- 1150m -  environ 30km

lever à 4h45 - 6h00 – 17h50 (12h avec les grosses pauses ) – topo guide : 12h

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 4 litres d'eau,

Etape parcourue en groupe : Chloé, Conan, Romain, Harry, Christian

 

Arrivés au 1er refuge de Ciottulu à 8h30 soit 2h30 au lieu des 3h30 annoncée par une grosse montée  à travers des barres rocheuses et avoir franchi Bocca di Fuciale (1996m), il fait pas chaud ce matin, il y a du vent, le ciel est gris,un peu menaçant, on aura même un peu de pluie par moments.

Le refuge de Ciottulu est tenu par deux barbouzes corses, en treillis, pas très accueillant pour 2 sous et qui t'invite à enlever tes chaussures pour rentrer dans leur refuge. On discute pas, il fait trop froid dehors ,,,,l'endroit bien que pas sympathique (je me vois pas trop faire une fin d'étape içi) offre la particularité de servir un vrai café et nous en profitons pour faire enfin un vrai petit déjeuner, avec grand café, charcuterie Corse car le petit déjeuner de 5h était plutôt léger, tout comme le repas de la veille (omelette+gâteau),

Après une bonne pause de 30mn nous repartons et longeons le Golu par un ancien sentier de transhumance, un vrai sentier de randonnée ,,,,, profitant d'une belle éclaircie le groupe en profite pour une séance plongeons dans les trous d'eau et séance photo de culs-nus, moi perso, j'ai du mal, entre l'eau froide et sauter dans l'inconnu ,,,,,, repartir à moitié sec, c'est repartir à moitié mouillé,les ampoules et tout ,,,,, non, j'immortalise le moment, bref je me sacrifie.

Bref, 30mn de pause encore plus tard, on repart vers les bergeries de  Radule, il est 11h20, l'endroit est très accueillant, il y a des chèvres en liberté, la gardienne est souriante, on en profite pour boire un café,,,,

Le temps s'est dégagé,à présent il fait beau ; le peu de pluie que nous avons eu nous a quand même prouvé que le GR c'est plus compliqué par temps de pluie, les cailloux deviennent vite glissants et nous n'étions pas dans des parties techniques comme la veille.

Une heure après, premier retour à la civilisation depuis le début du GR, une route goudronnée, nous sommes à Castel de Vergio (1404m), on s'arrête longuement dans un resto pour boire une bière,il y a même une épicerie où l'on achète du vrai pain frais, on s'est arrêté pratiquement une heure, on a toujours pas mangé, on trouvera l'endroit idéal 20mn plus tard, il est presque 14 h, on s'arrête enfin pour manger : pain frais, sardines, jambon et saucisson, et encore une pause de 30mn mais la journée n'est pas encore finie ,,,,,,

Nous repartons , les batteries rechargés à fond, la jauge dans le vert ,,,, on monte progressivement,

on aperçoit ces arbres étranges, déformés par le vent qui souffle à Bocca San Petru,(1452m) par contre il fait chaud, on a pas trouvé d'eau fraîche depuis le resto et je bois beaucoup, d'eau tiède...

On arrive enfin au lac de Ninu (1760m) par un petit sentier très agréable, on passe même à 1883m à  Bocca a Reta, on est revenu dans du cailloux et 15 mn plus tard on sera dans cet écrin de verdure qu'est le lac de Ninu, avec ces chevaux sauvages, ces pozzines aussi moelleuses que de la moquette.

Ça tranche vraiment avec tout le reste du GR, on en profite pour refaire le plein enfin à la fontaine di U Lavu di Ninu,il est 15h30, on marche paisiblement, petit à petit on quitte les grands espaces verts pour traverser une forêt de vieux hêtres, parfois on dirait des squelettes préhistoriques, abandonnés là depuis des millénaires, l'étape ici est assez roulante, on commence tous à en avoir un peu plein les pattes depuis 6h du matin.Passage aux bergeries de Vaccaghja il est 16h40, on croise des mules qui vont ravitailler le refuge, on arrive enfin au refuge de Manganu (1601m), il est 17h50, il fait un ciel bleu magnifique, cela fait 12h que l'on est parti pratiquement, environ 3h de pauses et 9h de marche ,,,, petit photo de groupe sur la passerelle, au pied du refuge ,,,, tout le monde est là, même Amaury, Antoine et Guillaume (les pompiers de Versailles), Mathilde,Antoine et Christian,

Tic et Tac (Seb et Aurélien),,,,,,

On se boit enfin notre PIETRA, on se réserve un bon plat de nouilles à deux pour le soir, un bon petit déjeuner pour le lendemain ,,,, le gardien est amical, comme dans la plupart des refuges où nous sommes arrêtés,.

On installe la tente, douche froide comme d'habitude, lessive, à sécher sur le gros cailloux près de la tente, pansements et café chez Romain et Harry,,,,

La source,coule comme mon petit doigt, il faudra être patient pour faire le plein des 2 poches à eau pour le lendemain, c'est toujours ça de gagner sur le timing matinal,

Dans la nuit, le vent s'est levé, soufflant assez fort. La porte de la tente avait justement choisi ce soir là pour se coincer, il a fallu que kiki dorme la main dehors, en tenant la tente fermée car le vent menaçait de s'engouffrer,

GR20 - Jour4 - Etape 4 - Refuge d'Asco Stagnu (1422m) – Refuge de Tighjettu (1683) -bergeries de d'u Vallone (1440m)

Jeudi 4 Aout 2016 – 4e étape

 Refuge d'Asco Stagnu (1422m) – Refuge de Tighjettu (1683) -bergeries de  d'u Vallone (1440m)

variante du cirque de la solitude, fermée définitivement depuis le drame de 2015,

D+ 1200m – D- 1000m -  environ 10km

lever à 4h45 - 6h00 – 13h30 (7h avec les pauses ) – topo guide : 10h

Sac à dos : 13kg (la tente en moins) + 2 litres d'eau,

 

Réveil matinal à 4h45, comme tous les matins je commence par ranger les affaires et préparer le sac à dos. Je me fais engueuler par la tente voisine à cause de ma frontale (« tu vas l'éteindre ta p,,,,, de lampe »). Ce matin, pas de petit déjeuner au refuge, il va falloir faire avec les provisions de Kiki.(Muesli,pain de mie, barre énergétique chocolatée)

C'est pas pareil qu'un vrai petit déjeuner, j'ai l'impression de partir le ventre vide et ça me met bougon de bon matin.

Enfiler les chaussures de rando  le matin, et les premiers pas avec, sont toujours une vraie souffrance à cause des ampoules à chaque talon qui se creusent un peu plus chaque jour. Une fois parti, ça va mieux mais chaque départ après chaque arrêt, c'est un vrai supplice.

Nous retrouvons Harry et Romain à la fontaine, tout le monde fait le plein, mais nous sommes les premiers à repartir, il est 6h pétante, le soleil n'est pas encore levé, on y voit suffisamment car la première demie heure, on longe un ruisseau, c'est propre et roulant,

la pancarte du départ affiche 8/10h – itinéraire technique, ça annonce la couleur,,,, c'est sur cette demie heure que j'ai eu les pensées négatives d'abandonner sur le GR car je m'attendais à des parties   d'escalades plus compliquées que sur l'étape 2 et 3,

Petit à petit le chemin s'élève, on passe une passerelle en bois, et on commence l'escalade, avec parfois des chaînes, mais sans grosse difficulté, je suis même souriant et détendu sur la photo.

Au bout de 2h30 d'escalade rocheuse, on attaque  la phase pénible, la montée dans un pierrier de petits cailloux, instables ,,,,,,, On aperçoit encore Calvi, il est 10h30, c'est le 4e jour !!!

Déjà 4h30 qu'on monte, on est en haut de la pointe des éboulis à 2650m. On ne fera pas la montée du Cinto (2706m), j'ai pour ma part laissé pas mal de forces dans la bataille, dans la montée finale, dans ces éboulis où l'on avait parfois l'impression de reculer.

J'ai souffert, j'ai poussé des râles de souffrance pour continuer à avancer, j'ai fait des dizaines de petites pauses tant les cuisses me brûlaient. J'ai pris des gels, je me suis même demandait ce que je foutais là,  pourquoi Kiki avait eu cette idée à la con ,,,, et 30mn après j'avais oublié tout çà, on était à plus de 2600m en train de se payer une

 bonne tranche ,,,,,, de saucisson au pain de mie, tout mou.

Pendant 30mn on allait oublier le sac à dos, les éboulis, la brûlure des cuisses,,,

En haut du sommet on a retrouvé Chloé, Conan, Harry et Romain, on a fait des shakes, on s'est félicité et chacun est reparti à son rythme.

Tout en bas on aperçoit la station d'Asco d'où nous sommes partis ce matin à 6h, il y a peine 5h,,,,

En redescendant on a croisé le petit lac de Cinto.

 

La descente est moins pénible que celle d'hier, c'est parfois plus roulant, comme dans une vraie randonnée, où alors ce sont des petits cailloux qui dérapent sous la chaussure, on descend en lacet et en travers un peu comme des skieurs.

En redescendant Kiki à trouvé une source, il en a profité pour refaire le plein, ça tombait bien car depuis quelques temps on buvait de l'eau tiède et de l'eau fraîche vers midi ça nous a fait du bien,

On a sauté le refuge de Tighjettu (1683m) qui n'avait rien d'accueillant, ni d'extraordinaire. On a marché 30mn de plus, c'était à peu près plat, jusqu'aux bergeries de Vallone (1440m).

C'était la première fois qu'on faisait autant, 7h20 avec les pauses, on s'est débarrassé de nos sacs, des chaussures et on s'est mis à la terrasse pour profiter de notre PIETRA.

Chloé, Conan, Harry et Romain sont arrivés peu après, chacun à réserver son emplacement et s'est installé. Demain, pas de petit déjeuner encore, le refuge ouvre à 7h et nous serons partis.

Nous sommes allés nous reposer au bord  du Viru où il y avait des trous d'eau, moi j'ai trempé les pieds jusqu'aux cuisses, après, je peux pas, c'est trop froid ,,,, Kiki s'est baigné et après il a fait sa petite sieste. J'en ai profité pour faire ma lessive plus bas, avec mon savon (écologique), j'ai tout laissé à sécher sur les cailloux pendant une heure, au soleil.

Retour au bivouac, la fraîcheur commence à tomber, on monte la tente et on a  droit à nos premières douches chaudes et juste 2 personnes devant nous. Seul inconvénient de l'endroit, l'eau qui s'écoule du tuyau de la source est encore chaude, il faudra attendre la soirée pour avoir de l'eau fraîche.

Ça tombe bien Mathilde et Antoine  nous on invité à boire une bière pour nous remercier pour le tube de Néoprène, on fait un peu plus connaissance, ils sont des Vosges (74) de Samoens.

On mange tous ensemble, on doit être une petite dizaine avec Christian le Toulousain, pour nous ce sera omelette au fromage corse et gâteau aux châtaignes ,,,,, un peu léger pour l'étape qu'on vient de faire et ce qui nous attend demain : notre premier doublage dans le nord, ce qui n'était pas prévu initialement pour le faire en 12 jours ,,,,, demain, c'est environ 30km qui nous attendent ,,,,,

Retour au bivouac pour soigner les ampoules avant de se coucher ,,,,, l'ambiance qui règne témoigne d'une impression qu'une partie du GR Nord s'achève, et qu'aujourd'hui un gros morceau est passé,,,,,

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